Lorsque nous quittons Guku, Gulnara et kochkor, sur un dernier et débectant coup de Grézia, c'est avec la promesse dans le coeur de revenir et ce dès l'été suivant ! Quelle joie cela sera de les revoir ! Mais les vacances tirent à leur fin, et après tous ces efforts à travers les montagnes kirghizes enchanteresses nous n'aurons pas volé le repos que Yssik_Kul__7_nous nous programmons. En effet nous filons sur le lac Yssik Kul pour nous poser paisiblement sur ses immenses bords, sur une plage déserte.  - De Kochkor c'est un taxi complètement barjot  qui roule comme un tabanar avec des pneus sous gonflés qui manquent de nous envoyer dans le décor à chaque virage ! A 140 il coupe ses virages à la corde, double sans visibilité... Bref, nous ne sommes pas malheureux de descendre de son cercueil à Balikchi, extrêmité ouest du gigantesque lac.
            Balikchi est réellement un bled épouvantable. Moche à souhait on y vend de grandes quantités de poissons séchés qui sont de manière amusante suspendus aux arbres en guise d'étalage : l'arbre à poissons !... Mais c'est avant tout une ville au taux d'alcoolémie monstrueux ! 2 hommes sur 3 déambule en zigzagant, l'haleine chargée de vodka, une vraie visions d'apocalypse... Nous y sommes très mal à l'aise etYssik_Kul ne sommes pas malheureux, après bien des péripéties, de monter dans un minibus qui nous emmène loin de ce bled infâme.
            1h00 plus tard nous descendons au bord de la route au milieu de quelques maisons perdues au milieu de nulle part, près d'une roulote qui fait office de relais routier ! L'endroit a néanmoins un nom : Chor Boulak. Première chose nous nous restaurons   d'oeufs au plat, la seule chose dont la femme dispose avant de couper à travers la pampa pour rejoindre les rives du lac à 30 minutes de marche de la route. Yssik Kul est toujours auss beau avec sa couleur bleu profond et son diadème de sommets enneigées qui le cernent ! Il est toujours aussi immense aussi !Avec ses 180km de long et 70 de larges il est le second plus grand lac alpin du monde après le Titicaca et l'on pourrait y ranger la Corse...
           Yssik_Kul__6_ Derrière nous une frange plate de quelques kilomètres coupée par endroit par des petites sierras nous sépare d’une nouvelle haute barrière de sommets élancés et barrés de magnifiques glaciers. En un mot le cadre est sublime. Mais les montagnes sont rapidement conquises par des orages d’un rare noirceur que nous entendons gronder furieusement alors que nous nous dorons au soleil ! Et il est assez extraordinaire de contempler ces déluges et leurs colonnes noires qui tombent du ciel zébrées d’éclairs sur les montagnes des deux rives ou même sur le lac lui-même tandis que nous sommes en plein soleil et en pleine bronzette ! Puis les orages se retirent laissant place à la lumière rasante d’un soleil de fin de journée, une lumière fantastique qui nous offre des photographies magnifiques !
            Nous plantons notre tente dans ce cadre enchanteur. Le soir venu des pêcheurs arrivent, démêlent leurs filets, montent sur leur barque et la mette à l’eau tandis que nous regagnons notre tente pour la nuit sous laquelle Marion se livre à un véritable génocide sur la population de moustiques qui s’y était traîtreusement réfugiée !
            Nous passons une nuit  magnifiquement douce et bonne, c’est tout juste si nous n’aurions pas pu nous contenter de notre seul drap de soie pour avoir assez chaud. Ce matin là nous traînons au lit jusqu’à ce que les rayons du soleilYssik_Kul__1_ atteignent la toile de notre abris en le transformant en fournaise, nous nous levons sur un temps magnifique et un paysage toujours aussi spectaculaire où que nous tournions les yeux. Pas de bain ce matin encore car l’eau me semble trop froide, un prétexte à mon manque d’envie qui n’empêche pas ma belle de s’y glisser, elle. La matinée tire à sa fin lorsque nous nous mettons en route pour le village dans l’espoir d’y trouver une épicerie ouvert mais c’est peine perdue. C’est donc dans notre restau roulotte que notre sympathique femme nous sert… des œufs au plat mais cette fois ci avec une saucisse, on s’embourgeoise !…
            Lorsque nous regagnons notre plage nous y trouvons un troupeau de vaches occupées à faire trempette dans les eaux du lac tandis que leurs gardiens, deux jeunes garçons de 15 ou 16 ans débarquent en pleine séance de tartinage de crème solaire. Ils nous posent quelques questions, s’intéressent à nos bâtons de marche Yssik_Kul__11_puis se retirent de quelques mètres pour squatter comme 2 cons qui ne savent pas quoi faire de leurs 10 doigts. Ils sont pénibles ! Ils ne peuvent pas aller un peu plus loin et nous laisser peinards ? Finalement ils s’en vont mais c’est pour mieux revenir avec des chevaux entravant le désir de bain de la Sirène : ils veulent des photos ! Puis sans autre forme de procès vont se jeter à l’eau. Quand ils se cassent enfin il se met à pleuvoir et nous n’avons plus qu’à nous réfugier sous la tente en attendant que ça se passe. Ca ne les arrête pas, le revoilà qui se pointent et tapent à la toile : cette fois-ci ils veulent l’heure… Tout semblent indiquer que ces deux là sont les fils à casse-couilles ! Ils sont pires que la gale !
            Enfin l’orage étant passé et le soleil revenu Marion peut enfin prendre le bain dont elle rêve depuis ce matin ! Mais pour tout dire nous ne sommes plus au Kirghizstan mais maintenant complètement en France. Nous sommesYssik_Kul__19_ certes sur les bords du merveilleux lac Yssik Kol, nous nous dorons certes au soleil tandis qu’elle se baigne dans les eaux transparentes du lac mais en réalité nous ne faisons plus qu’attendre que le temps se passe pour sauter dans l’avion. Nous sommes trop impatients maintenant pour pouvoir pleinement profiter de l’instant présent. Nous discutons de ce retour en France et de la surprise de notre arrivée prématurée que nous préparons à maman pour son anniversaire, et aussi nous parlons et programmons nos prochaines vacances… De vrais enfants gâtés ! La dessus les orages repointent leur nez et nous contraignent à une nouvelle retraite sous la tente qui semble durer bien longtemps. Mais la récompense est fantastique puisque lorsque nous ressortons nous bénéficions d’une lumière divine et mitraillons à tout va avec l’appareil photo.
            Nous avons alors juste le temps de puiser l’eau du lac pour préparer la soupe, de manger et de faire la vaisselle avant que la pluie ne reprenne et que nous ne nous réfugions de nouveau et définitivement pour aujourd’hui sous la tente et dans les duvets.
            La nuit a été un peu plus fraîche et cette fois-ci le duvet n’a pas été superflu. J’émerge vers 6h00 et passe de longs moments à contempler non sans une certaine jouissance sadique des dizaines de moustiques prisonniers entre la moustiquaire et la toile, m’amusant en outre à les exploser les uns après les autres avec de petites chiquenaudes. Boudha ne serait pas très fier de moi et je crains fort qu’il décide de me réincarner en moustique pour m’apprendre ! Puis je sors me balader dans les environs laissant dormir Marion jusqu’à 10h00. C’est cette fois l’heure de plier la tente et nos affaires avant de rejoindre notre roulotte pour de nouveaux œufs au plat, puis de sauter dans le premier minibus qui passe à destination de Bishkek.
            Un trajet qui semble interminable, sans doute parce que nous sommes désormais pressés de prendre l’avion,Yssik_Kul__13_ nous n’avons plus que la France et nos retrouvailles avec nos familles et nos amis. Rien de spécial sur ce trajet durant lequel nous somnolons à moitié de toute façon. – Une fois à Bishkek nous regagnons notre habituelle guest-house décrépite mais peu onéreuse et y récupérons les effets que nous y avions laissé en pension, nous y passons aussi la nuit.
            Le dernier jour au Kirghizstan est une journée de remise en condition des hommes et du matériel : longue douche, lessive, confection des sacs pour l’avion de Tashkent et finalement shopping ! D’abord des cochonneries à avaler (viennoiseries notamment), puis des magasins de montagne où Marion me gatte, enfin les magasins de souvenirs ou d’artisanat local. Un dernier repas au restaurant et nous rentrons à la guest-house pour notre dernière nuit ou demi-nuit puisque nous devrons nous lever à 3h00 pour filer à l’aéroport (le patron de notre pension nous a affrété une voiture et son Yssik_Kul__17_chauffeur !). C’est ce soir là que nous apprenons l’épilogue de l’histoire du chat volant.
            Vous vous souvenez sans doute comment j’avais balancé par-dessus bord le chat voleur de victuailles qui venait nous dépouiller en pleine nuit avant notre départ pour la vallée d’Ala Archa. Nous apprenons que le chat en question est une chatte et qu’elle a refusé de s’alimenter pendant plusieurs jours avant d’accoucher prématurément de 4 chatons… Comment ne pas y voir un rapport de cause effet ! Je suis du coup tout honteux de cette expulsion un peu virile que je lui avais impulsivement infligé ! Heureusement que tout se finit bien puisque les chatons vont bien, que la mère s’en occupe et qu’elle se réalimente…
            La nuit est forcément bien courte lorsque nous devons nous lever et sortir avec nos lourds sacs. Nous sommes néanmoins contraints de réveiller la fille du proprio car nous ne parvenons pas à ouvrir le portail, en fait il y a unYssik_Kul__2_ système où il faut pousser ou tirer sur la poignée pour pouvoir la tourner… Bref, j’ai pas tout compris. Dans la rue notre Mercedes nous attend et nous conduit à l’aéroport dans Bishkek endormie. Les formalités kirghizes n’ont rien de comparable avec le parcours du combattant ouzbek, notre avion décolle et nous quittons le Kirghizstan au terme d’un voyage d’une richesse et d’une beauté inouïe, convaincus que nous y retournerons encore une fois et ce dès l’été prochain accompagnés nous l’espérons de tous ceux qui voudront nous suivre ! Car le Kirghizstan c’est sans doute comme le Népal, quand on y va une fois, on est obligé d’y revenir !