Bazar_de_Parkent___le_retour__13_                   Samedi soir ça sonne en ricanant à notre porte : Nakissa et Marc flanqués d’Aurélie et Raphaël sont à notre porte : « bon alors, pour demain on fait comment ? ». Qui c'est ? Et bien ce sont les 4 nouveaux profs de l'école et aussi  nos 4 nouveaux amis arrivés en Asie centrale il y a 3 semaines seulement ! - Et en effet nous avions parlé de les sortir pour la première cfois de Tashkent et de nous rendre en montagne dans les Tien Shan tout proche.

Aussi nous retrouvons nous tous sur le parking d'où e Maxim Gorki partent les minibus en direction des montagnes les plus proches de la capitale ouzbèque. Vu notre nombre nous avons évidemment tôt fait de remplir à nous seul ou presque le minibus qui nous extirpe de Tashkent. La ville n'en finit jamaisA_Soukok__1_ de finir et nous longeons des barres d’immeubles très soviétiques aux fresques un peu désuettes dont l’une ne sert que d’encadrement à un gros symbole de faucille et de marteau dont il faut se délecter tant les traces de l’ex-URSS ont été effacées au plus vite dans cette ancienne république soviétique qui a si spécialement souffert du joug rouge ! - Dépassant bientôt le plan d'eau qui au sud de la ville sert de base nautique et de plage à Tashkent (mais qui en cette fin de saison n'est plus qu'un marigot aux 3/4 asséché où les parasols en dur on un quelque chose de délicieusement décalé. Puis c'est le golf club de Tashkent où j’attends encore d’apercevoir notre Bazar_de_Parkent__9_premier golfeur. Enfin voici les champs où s’activent déjà des équipes de récolteurs qui, pour l’occasion, s’abritent du soleil sous de vagues tentes de plastique. Plus loin les premiers champs de coton arborent une teinte blanche dominante annonciatrice de la très proche récolte si elle n’est pas déjà commencée.

Le barrage de police passé sans encombre (en emmerde rarement les minibus) nous nous dirigeons donc vers notre première étape à travers des villages poussiéreux bordés de canalisations de gaz à l’air libre qui forment des régulièrement des porches pour enjamber les routes adjacentes et ainsi permettre le passage des camions. C'est ainsi que nous atteignons Yanguibazar où nous devons changer de minibus queBazar_de_Parkent__14_ là encore nous remplissons quasiment à nous seul ! Et c'est reparti pour Parkent, petite ville sans réel charme mais qui pourtant nous a toujours plu , peut-être parce située aux pieds des montagnes ? Il se dégage je ne sais quoi de sympathique de cette ville en outre pourvue d’un bazar réellement pittoresque ! On l’atteint par le haut et l’on y pénètre comme dans une fosse ce qui nous permet de jouir en premier d’une vue d’ensemble et colorée. Ici nous ne sommes déjà plus à Tashkent et l’on plongedans un autre Ouzbékistan où les femmes portent le foulard et les jeunes filles certainement pas la mini jupe ! Tout est odeur : celle des chachliks (brochettes) qui fument sur leurs braseros surélevés et allongés, celle des samsas (beignets fourrés à la viande, aux oignons, à la pomme de terre voire au potiron, c’est au choix !), celle encore des mille et un Bazar_de_Parkent__13_produits proposés la vente ! - Un vieil homme a étalé des kilos de pomme de terre sur une couverture, un marchand propose d’immonde couvertures kitch à mort, d’autres émergent péniblement d’une montagne de cacahuètes, il y a aussi ces hommes qui vendent leurs petits balais et tirent dessus à en projeter le client par-dessus l’étalage pour en prouver la robustesse, plus loin sous des tentures blanches protégeant du soleil c’est le rayon cucurbitacées où dorment d’énormes pastèques juteuses et melons odorants comme on n’en trouve nulle part ailleurs qu’en Ouzbékistan ! Ou presque… parmi elles (les cucurbitacées) des lits croulants sont posés là et accueillent paresseusement la sieste de quelques hommes que le client réveillera bien s’il veut une pastèque. Les gens y sont adorables, souriants et curieux. Ils nous saluent avec entrain Bazar_de_Parkent___le_retour__14_est sont heureux de venir faire un brin de causette pour savoir d’où on vient et où on va. Notre nationalité de français nous vaut à tout coup un joli succès ! Je ne sais pas pourquoi mais nous avons la cote ! Et bientôt nous sommes (avec Raphaël) sollicités par la moitié des chalands pour leur tirer le portrait ! Ce n’est en aucun cas pour nous demander de l’argent, pas même de leur faire parvenir la photo, c’est juste pour le bonheur simple de se voir sur l’écran et de savoir que nos les emportons en souvenir.

Des flics ne manquent pas de me repérer et paf ! J’ai droit à un contrôle… J' ai vraiment une sale gueule à leurs yeux, c'est désormais indiscutable ! Heureusement je vois à leur sourire que c’est sans mauvaise intention cette et que leur soucis principal est de satisfaire leur curiosité sur ma provenance. Je Bazar_de_Parkent___le_retourcrois d’ailleurs deviner qu’il y a eu un petit pari sur notre provenance ! Mais au cas où je décide tout de même de ne pas comprendre un mot de russe histoire que le contrôle ne s’éternise pas et qu’ils ne se mettent pas à chercher la petite bête. Finalement on me libère tranquillement en me disant sans conviction qu’il ne faut pas prendre de photos ici, un prétexte à 2 balles pour justifier le contrôle qui m’a été infligé.

Finalement il est l’heure de quitter Parkent pour rejoindre Soukok, un village (de 12.000 habitants tout de même !) de montagne situé à l’entrée d’une vallée à 1200m d’altitude. L’endroit est charmant avec son petit cirque montagneux culminant vers 2700 ! En cette saison  de pré-automne c’est tout jaune et pelé, un contraste saisissant avec le blanc de l’hiver ou le vert vif et fleuri du printemps. Nous décidons de passer chez Umid, le bChez_Umid__1_ibliothéquaire de l’école française qui habite ici. Le premier type à qui nos demandons sa maison est le bon : il le connaît bien et nous indique la ruelle à prendre. Là, dans ce petit défilé de pisé nous tombons sur Youlnous, sa jeune sœur qui nous accueille d’un joyeux « bonjour » et nous conduit derrière le mur d’enceinte qui dissimule la maison comme dans toute maison ouzbèque traditionnelle. Umid est très heureux de notre visite surprise et arbore son plus beau sourire en nous assénant d’incessant « soyez les bienvenus, c’est une excellente surprise ». Nous y découvrons Annette qui a été invitée pour le week-end et qui était en plein cour de russe ! Quand à nous nous sommes accueillis comme toujours avec la plus grande A_Soukok__3_gentillesse de la maman au père en passant par les frères (francophones) et même la jeune femme d’Umid qui accouchera dans un mois et demi.

Toute la demeure est articulée autour d’un mur d’enceinte et d’une cour avec d’un côté la partie chambre et en face et sur le côté la partie cuisine. La cour est surmonté d’une interminable pergola sur laquelle pousse des vignes dont les ceps atteignent des tailles invraisemblables ! Chez Umid on produit du raisin (succulent et sucré) que l’on vend à destination de  la Russie. La vente vient d'ailleurs juste d’avoir lieu et la récolte a été bonne, j’espère que les affaires aussi ! - Immédiatement aussi nous sommes installés A_Soukok__13_sur la table sous ladite pergola et l’on nous y apporte une salade et du thé et il nous faut batailler ferme pour qu’on ne nous prépare pas le plov (nous avons acheté 3 tonnes de provisions pour le pique-nique dans la montagne à Parkent !), en pure perte ! Tout juste parvenons nous à négocier de pouvoir aller faire un tour avant et de revenir pour le manger dans 1h30. Puis il nous faut encore engager une longue lutte pour leur faire accepter nos provisions, exploit auquel nous parvenons en les convainquant que ce soir tout serait perdu…

Alors nous pouvons déambuler dans les ruelles de Soukok et faire découvrir à nos nouveaux A_Soukok__5_amis l’Ouzbékistan profond, l’Ouzbékistan rural, celui des maisons en pisé et des sourires qui égrennent les pas.  En prime nous sommes escortés des 2 jeunes frères d’Umid toujours très prévenants et gentils et heureux de pouvoir pratiquer la langue de Molière avec nous en nous demandant quelques précisions grammaticales ou quelques mots de vocabulaire supplémentaires. Les ruelles de poussière traversent des maisons de poussière où nous croisons des habitants eux aussi poussiéreux et pourtant colorés ! Les femmes portent le linge sur leur tête, elles reviennent de le faire à la rivière ; les enfants s’amusent et nous proposent des bouses en nous demandant si on veut goûter au chocolat ; les hommes eux bricolent ou accompagnent quelques vaches ou chèvres brouter quelques herbes desséchées par l’été. Et moi ? Ben je me casse la gueule dans la poussière, pourquoi ?

De retour chez Umid nous avons droit à un succulent plov avant de nous éclipser sous les sourires de Bazar_de_Parkent___le_retour__10_toute la maisonnée et sous nos remerciements appuyés pour cet accueil incomparable ! Ce n’est pas la première fois que nous passons chez lui (ou y sommes invités), et pourtant à chaque fois nous sommes ébahis par la gentillesse déployée par toute la famille pour nous recevoir avec chaleur. - Une fois au bord de la route nous attendons le taxi qui se présente sous la forme d’un minibus chinois (ce qui dans la bouche d’un ouzbek signifie que c’est de la merde !). Nous redescendons de la montagne dans un immense et splendide paysage vallonné parsemé de troupeaux dont l’un est surveillé par un cavalier. Le chauffeur s’arrête pour que nous prenions des photos tandis qu’un camion antédiluvien est garé au milieu de la chaussée, engloutissant 2 types pour qu’ils solutionnent ce qui cloche dans le moteur. Ca marche puisqu’il Route_du_retour___Parkent__3_repart bientôt.

                   A Parkent nous reprenons le minibus pour Yanguiabad. Monter dans celui qui va nous ramener à Maxim Gorki à Tashkent c’est une autre paire de manche. Ils sont peu nombreux et pris d’assaut par des troupes d’ouzbeks avant même que les passagers arrivant en soient descendus ! Nous n’avons aucune chance face à la détermination de ces hordes de mamies enragées qui me labourent les côtes à grands coups de coudes pour me griller la politesse… Heureusement une commerçante tadjike veille et vole à notre secours et nous indiquent à l’avance un bus qui partira à vers notre destination. D’un sprint rageur nousBazar_de_Parkent__12_ prenons une longueur d'avance et devançons ld'une semelle le peloton ouzbek, nous sommes sauvés et reverrons Tashkent ce soir !

             Une journée de week-end d'évasion à deux pas de Tashkent. De superbes paysages de montagne, des villages de terre fascinants, des gens délicieux et prévenants. Une journée magnifique et mémorable en somme… Quel pays attachant que l’Ouzbékistan ! J’espère et suis sûr que nos 4 compères en auront pris plein les sens. Je sais qu’ils vont adorer leur expérience ouzbèque comme nous nous délectons de la notre pour une ultime année.