03 mars 2007
Retour à Tashkent (7 janvier 2007)
C'est le grand jour : celui du départ ! C'est pourquoi le réveil est matinal... Toilette du matin, pliage en règle des sacs où, surprise : tout rentre sans encombre ! Ca c'est du voyage léger ! Nous n'avions vraiment emporté que le strict minimum... D'ailleurs la sensation collante de nos vêtement qui sentent l'Inde des villes (ce qui n'est pas flatteur !...) nous prouve que nous n'avions pas fait d'excès dans ce domaine... Mais pour l'heure peu importe, nous sommes en Inde et passons donc innaperçus ! Je file commander les petit déj' et en profite pour demander où nous trouverons les auto-rikshaws les plus proches et je remonte la chambre suivi de près par les toasts aux légumes-poivrons-tomates-mozzarrella qui se révèlent absolument exquis.
Nous descendons alors dans le hall. Comme j'avais réglé la veille nous ne devons rien, pourtant le type me demande 200 roupies pour le rikshaw... Un coup d'oeil et nous voyons q'il y en a un qui attend dehors. JE ne réfléchis pas et paye le réceptionniste tandis que Marion est déjà en bas en train de charger les sacs. Lorsque je la rejoints elle m'annonce que le vieillard qui conduit vient de lui dire que c'était 150 roupies ! Ce n'est pas pour la somme mais pour le principe : ces salopards de l'hôtel nous grugent de 50 roupies ! Bref, me voilà, encouragé par Marion à le faire, à retourner voir le récetionniste pour lui dire que c'est 150 et non 200... Il me lance un regard de dédain et exige sur un ton sec qu'on appelle le pilote. Le pauvre vieillard qui marche avec une canne a toutes les peines du monde à monter les marches et quand il arrive c'est poyr se faire engueuler ! Comment vous dire comme je me sens mal de faire engueuler ce pauvre vieux pour 50 roupies ? J'ai vraiment honte !... Et pour couronner le tout le réceptioniste oblige ce pauvre vieux miséreux à mentir en le forçant à m'annoncer les yeux pointés vers ses chaussures (en avait-il ?) que finalement c'est 200 roupies... Je n'insiste évidemment pas.....
Et c'est furibard après cet enfoiré de réceptionniste que nous démarrons. Qui sait combien il lui donnera effectivement ? Nous sommes révoltés ! Et malheuruesement n'avons plus de roupies à lui donner en plus puisque nous avons tout changé la veille... Il fait un peu froid au petit matin sur la route mais celà ne nous empêche pas d'enregistrer en silence les dernières images d'Inde, les même qui nous avaient accueilli le matin de notre arrivée.
Nous voici devant l'aérogare, nous remercions le plus chaleureusement possible notre chaufeur que nous avons fait engueulé en espérant qu'il n'aura pas d'ennuis à son retour à l'hôtel.
L'enregistrement de nos bagages se fait sas encombre malgré les deux bombonnes de gaz (à moitié vides) pour le réchaud que nous y avons dissimulé puisqu'il est impossible d'en trouver à Tashkent. Je fais un peu flipper Marion en lui disant que ça va pèter en vol, j'ai souvent des jeux idiots...En revanche le passage à la douane indienne est totalement invraisemblable ! Car la fouille des bagages à main relève de la paranoïa complète... Il faut dire qu'Amritsar est à quelques kilomètres de la frontière pakistanaise, que les relations entre les deux pays est pour le moins tendue (guerre larvée a Cachamire), mais quand même !!! J'ai acheté à Rishikesh un bâton en bambou qui lorsqu'on l'agite fait de la musique : je suis obligé de le déballer puis d'en jouer pour les rassurer ! Et encore il faudra que je joue plusieurs fois pour adoucir le regard soupçonneux du douanier... Il ne veut pas un concert non plus ?!!! - Pendant ce temps là, Marion qui est au portique voisin se voit suspecter d'être une dangereuse terroriste puisqu'elle a une gourde ! Elle est obligée de boire quelques gorgées d'eau pour échapper à,la pendaison ! - Moi, on me demande de vider mes poches. Par malheur il a une boule de papier que j'avais mise là faute de trouver une poubelle. Sursaut d'effroi du douanier !!! Ilme demande s'il peut regarder. Bien sûr, il a peur de quoi ? Et le voilà qui défait la boulette de papier du bout des doigts, à bout de bras avec des gestes d'une lenteur incroyable, précautioneux comme c'est pas permis, comme si ça allait lui pèter à la tronche. Je sens même un vrai soulagement lorsqu'il constate que c'est juste une boule de papier... - Mais c'est pas fini ! Voilà qu'ils découvrent un jeu de piles de rechange pour l'appareil photo numérique ! Nouvelle alerte générale ! Et interdiction d'emporter les piles à bord donc confiscation de ces hautement dangereux explosifs... Curieusement les piles qui son dans l'appareil ne les effraient pas. Va comprendre. Je proteste, explique que c'est des piles spéciales qui valent une fortune (j'exagère un peu le prix d'ailleurs). Lassés ils nous disent qu'ils vont essayer de les donner à une hôtesse pour qu'elle nous les rende à Tashkent.... Qulle bande de malades !
Et puis finalement au bout d'1/4 d'heure on me rappelle, visiblement c'est un chef et il mereparle des piles Il veut que je lui montre celles de l'appareil photo ce que je fais. Alors il les compare méticuleusement avec les piles confisquées puis enfin convaincu me rend tout en me demandant de cacher les piles de rechange au fond de mon bagage à main, de ne les sortir sous aucn prétexte et me fait signer un sorte de décharge.... C'est hallucinant ! Et si j'avais eu des bâtons de dynamite, ilm'aurait fait signer une décharge ? C'est débile.... M'enfin bon, j'ai mes piles et c'est tout ce qui m'importe.
Le vol est magnifique car tout est dégagé et nous pouvons à loisir contempler les paysages montagneux du Pakistan et du Tadjikistan. Malheureusement pas de très hauts sommets en vue. Tant pis.
En descendant sur Tashkent c'est une demi-surprise de constater que tou est blanc ! Le froid n'a pas fait de trève en notre absence et la neige est retombée ! Et effectivement ça pèle ! Sortis du grouillement indiens il est très particulier de retrouver l'inactivité habituelle de Tashkent. Il n'y a pas un rat (en plus c'est dimanche) et nous traversons la ville par ses immenses et vastes avenues toute soviétiques, toutes désertes. Quel contraste avec L'Inde et Amritsar !!!! Enfin nous arrivons à l'appart, je n'ai plus qu'à attraper les clés et.................... et elle n'y sont pas !!! Merde ! J'ai paumé les clés.... C'est l'abattement ! Nous r^vions de nous jeter sous la douche et de nous délasser et il va falloir courir après un serrurier un dimanche et en russe ! Horreur... Par acquis de conscience je décide néanmoins de défaire tout mon sac sur le pallier. Et miracle : les clés sont là, en plein milieu d'une poche de souvenirs... Qu'est-ce qu'elles font là ? Mystère ! Mais l'essentiel c'est que'elle soient là. Nous entrons.... Le voyage en Inde est terminé.
Dernier jour à Amrtisar (6 janvier 2007)
On s'imagine mal combien nous avons pu apprécier cette longue nuit réparatrice après l'effroyable journée de la veille et cet interminable voyage en bus ! Nous nous sommes offert un joli tour de cadran plus que réparateur et pouvons retrouver notre plus beau sourire pour aborder cette dernière journée indienne. Toute bonne journée digne de ce nom commence évidemment par un bon petit déj' que nous demandons en chambre avec comme plan secret d'aller déguster le tout sur le toit de l'hôtel avec vu sur le Golden Temple. Malheureusement nous devons battre en retraite car Marion arrivant sur le toit tombe sur le personnel de l'hôtel en caleçon et en train de faire sa toilette matinale sur le-dit toit... Bon, tant pis, nous retournons dans la chambre ce qui n'enlève rien à la saveur exquise des toasts. Ainsi rassasiés nous pouvons partir l'estomac rassuré à la découverte de ce que nous ne connaissons pas d'Amritsar.
Notre première destination est un temple... Ben oui, en Inde c'est plein de temples, c'est comme ça... Bref, nous jetons notre dévolu sr le dénommé Mata Temple et pour ce faire grimpons dans le premier Rikshaw qui passe puis se faufile en se rayant un chemn dans les ruelles étroites et encombrées, grouillant de monde et d'activité. Il finit néanmoins par s'arrêter et nous voici face au Mata Temple. Il est tout simplement inséré dans un pâté de maison et nous devons nous déchausser et confier nos godasses à la consigne avant de traverser la rue pieds nus. Comme toujours pour accéder au temple il nous faut traverser un pédiluve plus ou moins propre... Celui-ci est carrément un bouillon de culture mais on ne peut y couper et puis c'est ça l'aventure !!!
A chaque fois que nous découvrons un nouveau temple nous croyons avoir atteint les limites ultimes du kitch. Et pourtant à chaque fois nous en découvrons un autre qui les repousse encore plus loin lesdites limites !... Mais alors là, cette fois-ci croyez nous : le Mata Temple cdécroche sans contestation possible le pompon !
Nous entrons donc. Le Mata Temple est un temple troglodythique.... C'est à dire qu'il n'est pas troglodythe du tout (rappelons qu'il fait partie d'un pâté de maisons) mais qu'il a été bâti dans un style voulant faire penser à un truc troglodythe. Pour le coup ce n'est pas une grande réussite... Rien à voir avec la reconstitution de la grotte de Lascaux si vous voyez ce que je veux dire. Les murs en plâtres veulent imiter les parois d'une caverne mais l'artiste avait dû être recalé aux Beaux-Arts... La réalisation est peu convaincante et la peinture l'est encore moins... En gros c'est à peu près aussi réaliste que les décors d'un train fantôme à la foire du trône ! On a déguisé des couloirs en sortes de boyaux tantôt en montant, tantôt en descendant et certains même passant en extérieur au dessus de la rue.... Oui, vraiment, exactement comme les trains fantômes !!! Et la comparaison ne s'arrête pas là : en effet les boyaux et salles sont agrémentés de niches dans lesquelles trônent les statues les plus hideuses du monde ! Ils sont tous là : le dieu de la laideur, celui du bariolage et celui du grotesque côtoient la déesse du kitsh et celle du mauvais goût !!! Certaines salles sont entièrement mosaïquées de morceaux de miroirs poussant le kitshissime au delà de toute limiteavec des autels au milieu portant quelques autres statues bien peu crédibles et qui rempoirtent pourtant un succès certain si l'on en juge par les nombreux billets qui lui ont été offerts en offrande... Comme si les dieux allaient faire leur comissions au bazar du coin ! J'y vois de la manipulation de masse intéressées et de la crédulité, mais bon, je ne détiens pas non plus la vérité universelle... - un peu plus loin encore nous devons ramper dans un boyaux étroits puis patauger dans un autre avec de l'eau jusqu'au dessus des chevilles, une eau que l'on peut qualifier de saumâtre idéale pour pieds en manque de champignons... Y ramper est paraît il miraculeux puisque cela rend fertile la plus stérile des femmes... Si elle y survit en tout cas !!! - Enfin à la fin du parcour nous atterrissons dans un grand hall entouré d'autels divers et variés toujours dans les même tons et cernant un autel central dans lequel est disposé un grand cadre arborant la photo d'une sorte de bonne soeur à grosses lunettes. Ce n'est pas mère Thérésa mais probablement sa soeur jumelle répondant au doux nom de Lal Devi, c'est une sainte de l'hindouisme du Xxème siècle et ce temple lui est dédié... - En conclusion le Mata Devi c'est... improbable.
Et si un jour vous venez vous aussi sur Amritsar, bien sûr vous irez flâner au bord du grand bassin du Golden Temple et vous immerger dans l'atmosphère extraordinaire de ce haut lieu sikh... Pourtant il serait bien dommage de partir de la ville sans avoir vu le Mata Temple qui est probablement son antithèse... C'est un autre genre mais vraiment, ça vaut le coup d'être vu !
Pas de quoi y passer la journée cependant, aussi nous quittons les lieux et traversons à pied toute la gare qui jouit à ce moment là d'une lumière absolument magnifiquequi incite Marion à faire entrer l'argentique en surchauffe ! Les photos promettent de valoir le détour mais il vous faudra attendre le développement papier ! - Puis nous filons par une petite ruelle tranquille qui passe près d'un endroit des indiens sont en pleine partie de volley... Une scène inatendue, ainsi donc les indiens aussi ont des loisirs ?!!!... L'un d'eux nous invite d'ailleurs à venir jouer avc eux mais nous déclinons l'offre et nous éloignons en souriant pour déboucher cette fois sur une grande esplanade (ou terrain vague, c'est selon) où des enfants miséreux jouent au cricket, 2 ou 3 d'entre eux interrompant leur jeu pour tenter mollement et sans conviction de mendier quelques roupies avant de retourner à leur partie. Enfin nous rrivons là où nous voulions arriver : le Sri Durgiana Temple censé être la version hindoue du Golden Temple.
Ouais... De très loin alors. Certes il y a un très grand bassin au milieu duquel est planté un temple vaguement doré auquel on accède par un pont. La ressemblance s'arrête là. Pour le reste c'est sale, c'est moche, c'est mort... Et c'est même pas rigolo !!!!! ...... Circulez y'a rien à voir ! Et nous circulons en filant en direction du Golden Temple par les ruelles de la vieille ville qui offre toujours le spectacle habituel des villes indiennes entre grouillement humain, misère, saleté, bruit et dépaysement total. N'empêceh que c'est au milieu de tout cela que nous dégôtons un gâteau absolument irrésistible aux noisettes, noix et je ne sais quoi. Marion lui aurait volontiers réglé son compte sur le champs mais je préfère pour ma part qu'on se trouve un petit coin peinard pour en prfiter pleinement. Mon extrême sagesse l'emporte mais de justesse je crois... Nous élisons le Jallianwala Bagh pour laissr parler nos papilles.
Le Jallianwala Bagh est un parc calme et agréable inséré entre les murs de la ville auquel on accède par une minuscule porte. Le parc en lui même n'aurait vraiment rien de particulier si une grande pancarte ne détaillait pas les évènements dramatiques qui s'y sont déroulé. Cet endroit est un lieu chargé d'histoire devanu le symbile de l'oppression et de la barbarie britanique puisque c'est précisément ici que les troupes anglaises massacrèrent pas moins de 2000 indiens qui manifestaient pacifiquement selon les préceptes du mahatma Gandhi. Ceux qui ont vu le film « Gandhi » se rappelleront surement cette scène de fusillade... Et bien c'était là ! Certains murs sont donc précieusement conservés, l'impact des balles britaniques qu'ils arborent témoignant du « martyr » des victimes... - En outre le parc est doté d'agréables pelouses qui réhaussent le goût du gâteau ! Un absolu régal !...
Nous voici prêts à affronter la fin de cette journée qui nous emmène dans les ruelles commerçantes dédiées aux tissus Marion ayant en tête de trouver denouveaux morceaux de tissus ou sarees. Malheureusement ce n'est pas la joie en ce sens que la rue ne propose pas, loin s'en faut les plus belles étoffes que nous ayons vu depuis le début de notre voyage. Nous finissons néanmoins dans une boutique dont le tenancier se met immédiatement en 4, perpétuelleme,nt en mouvement nous avons tôt fait de lui avoir fait déballer les ¾ de son stock ce qui n'est pas peu dire ! C'est seulement une fois qu'il a eu fini de mettre son magasin sans dessus-dessous que Marion décide que rien ne lui plait et nous partons... Nous pourions nous ettendre à ce que le vendeur soit un peu amère, mais non, il nous couve de sourires. Pas rancuniers le type !!!
Marion n'a pas encore entièrement franchi le seuil qu'elle a un sursaut doublé d'un mouvement de recul ! J'en comprend vite la cause car dans cette ruelle étroite nous nous retrouvons nez à trompe avec un énorme éléphant tout peinturluré de bleu et équipé de cloches comme les vaches de nos alpages, il est en outre cornaqué par deux types...Le rue ne leur va pas comme un gant, ils y sont un peu à l'étroit, le débonnaire pachyderme s'accrochant aux étals des échoppes tandis que les deux cornacs se débatttent pour leur part avec les guirlandes de papier brillant tendues au dessus de la rue à l'occasion de la grande fête d'Amritsar... Vision fugace qui dispariat aussi vite qu'elle est apparu et nous laisse pantois sur le trottoir !!!
Et pour terminer la journée on ne change pas la recette sauf que c'est la dernière fois : direction le Golden Temple ! Désormais fidèles du site nous en connaissons les entrées dérobées et choisissons d'entrer par un petit parc qui y est accolé pour la simple raison que nous n'aimons pas laisser nos chaussures à la consigne. Nous nous déchaussons certes, mais mettons nos pompes dans le sac à dos. Et nous revoilà à déambuler autours de l'extraordinaire bassin sur lequel semble flotter cet incroyable temple d'or, le tout cerné d'une enceinte blanche immaculé. Et toujours cette même atmosphère : les chants diffusés par les hauts parleurs, les sikhs qui font leurs ablutions, les autres qui tournent autours du bassin. Toujours des figures tout droit sorties d'un livre d'images, ces indiens en saree et turban, poignard à la ceinture qui se prosternent en entrant dans l'enceinte, ces « prêtres » enfermés dans leurs alvéoles, comme des poissons dans un bocal, qui récient sans fin d'énormes bouquins... J'en repère un qui de toute évidence fait semblant tant ses mouvement de tête de droite à gauche semblent exagérés et peu naturels ! Pour sa part Marion fait toujous sensation avec ses cheveux blonds qui dépassent de son foulard (il faut aussi avoir la tête couverte). Des gamins la regardent en rigolant, d'autres appellent leur mère, et d'une manière générale elle est sans cesse dévisagée mais pas d'une manière dérangeante je pense. C'est de la curiosité, de l'étonnement et finalement une moisson de sourires sympathiques... Je repère néanmoins un fidèle installé en tailleur au bord du bassin face au Golden Temple qui n'a de cesse de l'épier du coin de l'oeil. Curieusement je constate qu'à chaque fois que je tourne mon regard sur lui cela a le puissant effet de leplonger dans une méditation d'une profondeur extrême ! Je ne soupçonnais que se dégageait de moi une telle puissance spirituelle !!! J'avoue que je m'amuse de son cirque pendant un petit moment en lui lançant régulièrement de subits et réprobateurs regards surprise pour me délecter de la fulgurance avec laquelle il entre en transe ! Quel comédiens !!!
Pendant ce temps là, Marion qui s'est elle assise au bord du bassin s'est mise à se dandinner d'avant en arrière, comme une vraie ? Serait-il possible qu'elle aussi ait succombé à la haute spiritualité du lieu ? Il n'en est rien, c'est juste qu'elle se caille !!! Nous reprenons donc notre tour de bassin jusqu'à ce que nous arrivions en face du ponton qui mène au Temple d'Or, surprise : la queue est devenue presque innexistante ! C'est une aubaine saisir et nous allons enfin voir à quoi ressemble l'intérieur de ce lieu hautement sacré... Nous ne sommes pas déçus par l'ambiance surréaliste qui règne à l'intérieur ! L'intérieur et magnifiquement et richement sculpté et décoré même si on a avec bon goût installé des fils électriques apparant et qui pendouillent ainsi que d'affreuses horloges Conforama qui jurent un peu...
Le centre du Temple offre un spectacle incroyable ! Entouré de petites barrières dont les fidèles font le tour trône un chef Guru ! C'est lui qui chante ce qui est retransmis à l'extérieur par les haut-parleurs. De temps en temps il attrape une sorte d'énorme plumeau en immenses plumes blanches qu'il agite avec légèreté, comme pour chasser les mouches !... Sauf que je ne crois pas que ce soit le but réel de la manoeuvre...A sa droite il y a une clique sacrée qui joue sur des instruments sacrésaussi je le suppose pour l'accompagner tandis qu'à sa gauche deux autres gurus (ou Guru-assistants) sont occupés l'un à distribuer des morceaux d'étoffe bénis (contre espèces sonnantes et trébuchantes), l'autre à ratisser pour en faire des tas les montagnes de billets que la foule leur jette ! Il utilise pour cela une sorte de ratelier semblables à ceux utilisés dans les Casinos... De l'argent qui sera utilisé pour l'entretien du Temple mais aussi pour dispenser des milliers de repas gratuits chaque jours à l'attention des miséreux et des pélerins...
A l'étage un autre prêtre est agenouillé devant un énorme bouquin, gageons qu'il s'agit du fameux livre sacré pour la conversation duquel te temple est fait. Après avoir fait le tour des étages et contemplé un bon moment la perpétuelle cérémonie quis e déroule au sein du temple nous sortons et quittons définitivement le sanctuaire. De nouveau nous nous laissons aller à un repas pantagruellique à la même adresse que la veille, et de nouveau nous ne parvenons pas à finir nos assiettes : c'est donc cela avoir les yeux plus gros que le ventre ?
Enfin nous réalisons qu'il nous faut absolument changer nos roupies en dollars car demain nous prenons l'avion et que ce sera dimanche ! Les banques seront fermées !... Branle-bas-de-combat : ça urge, d'autant qu'il est déjà tard ! Nous voilà donc à embarquer sur un cyclo-pousse à destination d'un endroit où l'on pourra réaliser le change. Rapidement nous avons mauvaise conscience car le type qui pédale, la cinquantaine, est tout gringalet et en chie des ronds de chapeau pour nous tracter à travers le trafic humain et de véhicules de la ville. Quels pachas nous faisons !!! Mais quand on arrive à une côte pour enjamber la voie ferrée ça e est trop, il cale et nous sautons du cyclo-pousse pour pousser malgré les protestations de notre pilote ! - Nos faisons le change sans problème et notre Poulidor remonte en selle pour nous ramener ! Cette foi-ci nous n'attendons pas qu'il soit cuît pour sauter et à la moindre difficulté nous mettons pied-à-terre pour l'aider à pousser malgré toujours ses protestations. Enfin une fois arrivés à destination nous le payons pas loin du double du tarif innitialement demandé ce qui reste une somme dérisoire ! Il l'a amplement mérité et nous remercie chaleureusement de son plus beau sourire partiellement édenté.
C'est la dernière nui en Inde. Demain matin nous partirons pour l'aéoport et rentrer à Tashkent. Nous nous endormons comme des bienheureux.
25 février 2007
L'abominable trajet en bus ! D'Almora à Amritsar via Delhi... (4 et 5 janvier 2007)
On peut lire dans le Lonely Planet : "Lion Tours affrète chaque jour un bus de nuit de luxe à destination de Delhi"....
Si je tenais le lascar qui a rédigé le Lonely Planet sur l'Inde du Nord, j'aurais décidément bien des choses à lui dire !!!
En effet, considérant que nous avons plus de 20 heures de bus à nous farcir pour regagner Amritsar, nous nous sommes dit qu'en faire la moitié dans un bus de luxe de nuit ne serait pas un mal car un peu de confort nous ferait économiser de la fatigue et qu'en voyageant de nuit, le sommeil nous ferait oublier une partie non-négligeable du voyage ! Va donc pour Lion Tours !!!
Un bus de luxe !..... Tu parles d'un bus de luxe !!! Ah non mais je les retiens au Lonely Planet !...
Nous attendons depuis 1/2 heure lorsque se pointe le supposé bus de luxe. A la vérité et vu de l'extérieur, nous voyons mal ce qui le différencie des bus ordinaires... Mais bon, c'est la beauté intérieure qui compte parait-il !!! Mais avant de pouvoir la contempler le chauffeur qui a une tête antipathique nous invite à mettre nos sacs à dos en soute et une fois la chose faite nous taxe de 20 roupies qui filent illico dans la poche de son pantalon ! L'enfoiré ! Ca commence fort mal, on a même pas démarré que nous nous faisons déjà pigeonner.. C'est un poil énervant quand même non ? - Ensuite nous montons à bord : c'est bien ce que je craignais... C'est tout pourri ! Les rideaux sont cradissimes, le sol je n'en parle même pas et les fauteuil c'est pas mieux... Les accoudoirs sont à peu près tous à moitié arrachés et le système d'inclinaison des sièges est mort depuis au moins 120 ans sur 90% du cheptel !!!... Nous démarrons la mort dans l'âme : adieu voyage confortable ! Bonjour trajet interminable dans un bus pourrave...
Heureusement notre "bus de luxe" se distinguera des ordinaires par le fait qu'il ne s'arrêtera pas tous les 100 mètres pour faire monter descendre tout ce qui se présente. Encore raté ! On n'est pas encore sorti d'Almora qu'il s'est déjà arrêté 5 ou 6 fois ! Et bien entendu nous sommes installés juste à côté de la porte, aux premières loges pour se prendre les bouffées d'air froid à chaque ouverture... ce qui ne change d'ailleurs pas grand chose vu que quand elles sont fermées il y a des jours de 3 centimètres ! Il y manquait encore le plus important : un gamin de 10 ou 12 ans enfermé dans le compartiment de pilotage (ils sont 4 ou 5, peut-être est-ce le fils du chauffeur ?) en sort toutes les 5 minutes pour venir nous fumer son effroyable clope (une gitane maïs c'est de la rigolade à côté) en plein dans les narines !!! Bref, ce voyage s'annonce pour être un véritable enfer !!!
A tel point qu'au bout de quelques heures à me geler je décide de quitter ma place pour migrer au fond du bus pour fuir les courants d'air et m'allonger sur plusieurs fauteuils (le bus est aux 3/4 vide). Peine perdue ! Des abrutis qui claquent des dents n'en ouvrent pas moins en grand quelques fenêtres
histoire que les courants d'air soient inévitables. Et bien sûr j'ai un autre casse-peid qui vient lui aussi toutes les 5 minutes griller sa clope à la fenêtre juste devant moi... Quel enfer ce voyage ! Et dire qu'il ne commence qu'à peine !!! Néanmoins, estimant qu'on est légèrement moins mal à l'arrière je vais chercher Marion qui peut aussi s'allonger sur une double banquette. Bien entendu, impossible de fermer l'oeil de la nuit entre le froid, l'inconfort et les mecs qui montent et descendent toute la nuit... Mais quand dorment-ils ces apôtres ? Même à 3 heures du mat' au milieu de la pampa il y a des types qui attendent le bus !
C'est vers 5 heures du matin que notre bus fait une halte prolongée dans un patelin, intrigué et de toute façon incapable de dormir, je regarde par la fenêtre. Une bande de pouilleux est en train de charger des paniers en osier recouverts de toile de jutte et qui bougent... Les gloussements, les caquettements m'apprennent que nous sommes en train de charger poules, dindes et canards sur le toit ! La gueule du bus de luxe !!! Non mais ils ne doutent de rien le Lonely Planet.
Ca fait un boucan de tous les diables, j'entends qu'on charge quelques bagages dans la soute, qu'on courre sur le toit, c'est dingue... Finalement tout le monde monte à bord et comme le bus s'est peu à peu rempli il devient presque plein. L'effroyable bande de pouilleux vient donc s'installer sur la banquette du fond, juste derrière nous, et Marion a tout juste le temps de s'en échapper pour ne pas passer le reste du voyage en sandwich entre deux de ces grands crados, et trouve refuge sur la seule double banquette encore disponible, juste devant moi. Mais une famille surgit... C'est ainsi que je me retrouve affublé d'un gamin de 7 ou 8 ans tandis que Marion se retrouve à côté d'un type corpulant et barbu qui lui bouffe toute la place. Je demande alors au gamin, par l'intermédiaire de sa mère, d'échanger sa place avec Marion mais ce petit morveux refuse avec dédain ! Non mais je rêve !... Y'a des claques qui se perdent dans ce bus...
Bref, c'est ainsi que nous teminerons notre voyage jusqu'à Delhi, Marion a côté de son imposant voisin, et moi à côté de ce sale gamin qui en outre bouge et parle sans arrêt...Il m'éneeeeerve !!! Je ne vous dirais pas comment mais j'espère bien lui avoir discrètement fait payé à ce petit démon !
Juste devant nous un type passe son temps à roter et cracher dans l'allée centrale (quand nous descendrons il nous faudra enjamber la marre ainsi réée...), et derrière nous la bande de manouche a jugé bon de se déchausser !!! Non de Dieu !!! Je ne savais pas qu'il était humainement posible de fouetter à ce point ! Ils ont la gangrène, c'est pas possible !!! Bref, ce voyage jusqu'à Delhi est pire que l'enfer d'autant qu'il fait toujours aussi froid !
Enfin nous arrivons à Delhi dans un endroit absolument sordide ! Nous descendons du bus et je vais à l'arrière où une mêlée s'est formé pour récupérer les affaires en soute. Peu désireux de me jeter dedans j'attends que ça se tasse pour récupérer nos sacs qui de toute façon doivent être tout au fond. Quand j'arrive à la soute je reste coît et immobile... - "Ben alors ? Qu'est-ce que t'attends ?" me dis Marion qui m'attend un peu en retrait... -"Y'a des lapins partout !" me vois-je lui répondre. En effet cette bande de rongeurs à bouffé la toile de leur panier et se sont évadés ! Et maintenant ils galopent partout à travers les bagages ! Non mais quel cirque... Je sors néanmoins nos bagages en essayant de ne pas écraser une de ces pauvres bêtes et ce sont deux serpillères qui auraient servi à torcher un éléphant que je ressors... Ah ça ! Je m'en rappellerai du bus de luxe entre Almora et Delhi.
Et maintenant direction la gare routière pour trouver le bus d'Amritsar... A la base nous avions pensé rester une journée à Delhi pour couper le voyage en deux et visiter un peu mais nous sommes dans un quartier sordide qui nous coupe toute envie de visiter et de toute façon après une telle nuit, comment pourrait-on apprécier quoique ce soit. Nous décidons donc d'enchaîner au plus vite pour en être débarrassés.
Mais trouver l'entrée de la gare routière est infernal. Nous faisons tout le tour d'un quartier en vain. Dire que nous en avons ras-la-casquette revient à pousser l'euphémisme à son paroxisme ! Et pourtant c'est encore loin d'être fini ! Je ne sais plus trop comment nous aterrissons dans une station de métro où un flic sikh nous prend en pitié et fini par nous indiquer comment rejoindre la gare routière qui est immense... et archi-dégueulasse ! Nous cherchons notre bus et les chauffeurs essaient de nous faire monter dans des bus qui nécessiteraient une correspondance. Heureusement que nous savons qu'l y en a un direct sinon ces sournois nous auraient encore rallongé le calvaire. Nous finissons par apprendre à quel quai attendre, prenons nos billets ainsi que notre mal en patience en attendant le car.
Nous pouvons donc à loisir observer l'agitation de la gare routière où des bandes de chiens errants défendent des morceaux de hall comme des territoires qu'ils se sont approprié, où des vaches déambulent, et où toute la misère du monde survit dont cette bonne-femme qui rampe par terre pour se déplacer ou ce pauvre gosse dépourvu de bras... Quelle horreur !
Enfin le bus arrive et nous montons non sans avoir ingurgité un petit encas. Et nous partons !
Malheureusemnt nous avons la stupidité de nous installer encore juste devnat la porte afin d'avoir la place d'étendre les jambes pour ces 10 heures encore de route ! Et c'est un très mauvais choix ! J'aurais dû penser que le bus allait encore s'arrêter toutes les 5 minutes pour faire monter et descendre du monde, à fortiori en plein jour ! Pendant 10 heures la porte va s'ouvrir et se fermer et pendant dix heures je vais subir les inévitables bousculades des gens qui montent et descendent... Pire ! La porte ne fermant plus ils ont installé un espèce de loquet mais comme le chauffeur s'en fout complètement je vais devoir me lever sans fin pour fermer moi-même cette porte par lequel l'air froid nous frappe de plein fouet.... J'en regretterais presque le bus précédent !
Pour couronner le tout le bus tombe en panne à Panipat et nous glandouillons plus d'une heure tandis qu'ils essaient de réparer je ne sais quoi, puis qu'ils chengent la roue, le tout pour finalement nous faire changer de bus... Il y a longtemps que je n'en peux plus et que j'ai envie d'exterminer la moitié de l'Inde ! Ma patience a dépassé ses limites comme jamais et pendant encore des heures il va me falloir endurer les bousculades dans le couloir central, Marion étant heureusement pour elle un poil plus préservée du côté fenêtre, mais bon, à ce niveau là d'insuportabilité je ne sais pas si cette petite différence change grand chose...C'est peu de dire que le retour est interminable. 24 heures de bus dans ces conditions, je ne le souhaite pas même à mon pire ennemi ! Pas même à Paul-André Acquaviva, c'est dire !!!
Marion a noté sur notre petit carnet de route :"retour super long sur Amritsar. Je crois que chaque ville est la bonne... Stéphane se décompose à mesure et il faut absolument qu'on arrive ! Je me dis que si 3 pauvres mendiants nous attaquent à la descente du bus il va leur casser la gueule !"... Par chance nous n'aurons pas le loisir de le vérifier mais effectivement, dans l'état de fatigue, de ras-le-bol et d'irritation extrême dans lequel je me trouve, je crois que ça aurait pu arriver... Et pourtant je suis bonne-patte et pacifique, mais alors là, franchement, je n'en peux plus... Par moment j'en aurais presque pleuré de rage !!!
Mais non, heureusement à la descente du bus un sympa petit vieux nous propose de nous emmener dans son vélo-pousse et nous dépose non loin du Golden Temple. Curieusement les rues nous semblent moins sales et moins bruyantes qu'à l'arrivée ! Sans doute nous sommes nous un peu habitué ? De plus Amritsar est en fête et il y a des papiers brillants tendus partout au dessus des rues ainsi que des guirlandes d'ampoules sur le Golden Temple. Mais à vrai dire à ce moment là je m'en fous complètement et nous filons direct à un chouette hôtel repéré à l'aller. C'est un peu cher mais nous avons besoin d'un minimum de confort pour récupérer de 24 heures apocalyptiques ! Le tôlier nous entraine sur le toit qui offre une très jolie vue sur l'intérieur du Golden Temple qui est tout illuminé, c'est splendide ! Il nous apprend que nous avons la chance de tomber sur LE grand jour de fête puisque c'est l'anniversaire du guru fondateur du sikhisme ! Malgré notre grosse fatigue nous décidons d'en profiter !
Nous commençons par aller nous enfiler un repas pantagruélique au point que nous parvenons pas à finir nos assiettes, loin s'en faut... Un peu de calme, un bon repas... Ca va déjà mieux et nous filons au temple pour nous immerger de nouveau dans l'ambiance apaisante que nous avions tant apprécié les premiers jours, vu la journée passée, nous en avons grand besoin ! Nous y retrouvons tout ce que nous avions tant aimé les premiers jours mais en encore plus intense car la foule est plus nombreuse et les guirlandes de lumières réhaussent encore si c'était possible la majesté du site. Et en plus nous avons droit à un feu d'artifice touchant d'amateurisme, chaque artificier faisant un peu n'importe quoi dans son coin, sans la moindre coordination... C'est donc très mauvais mais c'est justement ça qui le rend unique !
Nénmoins nous ne nous attardons pas trop car la fatigue et l'usure nerveuse de la journée appellent au sommeil.
Nous regagnons donc l'hôtel pour y prendre une bonne douche... Mais Marion manque d'inspiration en jugeant drôle de m'asperger d'eau froide.... N'importe où et n'importe quand d'autre ça l'aurait d'ailleurs été. Mais là non ! C'est trop ! Après un voyage aussi épouvantable c'est la goute d'eau qui fait déborder le vase et bon... Bref... J'explose, gueule, râle et pars faire du boudin.... Un vrai gosse !
Mais aussi ils ont rien fait tous que m'énerver depuis hier soir !!!!!
Le bon côté des choses c'est que demain ne pourra être qu'un autre jour ! Et un bien meilleur ! En tout cas y'a intérêt parce que sinon c'est sûr je deviens serial killer !
Dernier jour à Almora (4 janvier 2007)
Réveil maussade ce matin à Almora... La fin des vacances, la perspective de retrouver la grisaille et le froid de Tashkent (quels enfants gâtés !!!) après 15 jours de soleil, de chaleur et de couleurs... Pffffffff..... C'est le petit coup de blues des fins de vacances !!! Mais bon, essayons de profiter encore un peu du temps qu'il nous reste à passer en Inde !
Et pour commencer nous reprenons le même petit déjeuner à la même place que la veille : on ne change pas une équipe qui gagne. L'omelette et les toast sont aussi excellents que la veille et les petits vieux qui tiennent l'hôtel toujours aussi agréables ! Ce soir nous prenons le bus pour Delhi (11 heures de route) puis Amritsar (10 heures de plus). Il n'est donc pas question de faire le moindre kilomètre aujourd'hui ! Nous resterons sur Almora à nous reposer et à traîner en ville. Aussi nous nous traîsons sur la terrasse lorsque nos délicieux petits vieux viennent nous demander si on reste ce soir, l'air un peu gêné. Comme ils savent parfaitement que nous prenons le bus de nuit nous comprenons qu'ils ont besoin de la chambre que nous nous empresons de vider tandis qu'ils nous expliquent qu'ils garderont nos sacs pour qu'on soit tranquille dans la journée. Ils sont vraiment super ces petits papis !
Marion a lu ou vu sur Internet que le Lala Bazar d'Almora est un chouette endroit, nous considérons donc que c'est sans doute ce qu'il nous reste de mieux à faire pour aujourd'hui ! Et le Lala Bazar est une grosse surprise car Almora étant une ville résolument moche et sans charme, comment aurions nous pu imaginer qu'elle abritait en son sein le plus sympathique bazar (à défaut d'être le plus authentique) que nous ayons vu au cours de tout le séjour. Ce sont des ruelles ensoleillées et d'une propreté étonnante ! Qui plus est il n'y a pas le moindre véhicule, pas le moindre vélo, pas la moindre moto ! Vous n'imaginez pas comme c'est agréable de ne pas avoir à craindre de se faire écraser à chaque seconde, comme il est reposant d'enfin pouvoir circuler dans une ruelle sans jamais s'inquiéter de ce qui arrive devant ou derrière, de ne pas avoir à supporter d'agressifs et perpétuels coups de klaxon à bout portant dans les tympans... Un vrai havre de paix, pile-poil ce qu'il nous fallait pour cette journée de détente ! De plus les ruelles en question sont ravissantes et arborent des façades en bois sculpté et peint qui dégagent une ambiance, une atmosphère pleine de charme. Des motifs mystérieux accompagnent des dieux naïfs et des signes à la signification inconnue, l'une est peinte en rouge, l'autre en bleu ciel, l'autre encore en marron ou en jaune... Vraiment, l'endroit est réellement délicieux et l'état de non-entretien rajoute encore une pointe nostalgique au tableau. Sur l'une de ces façades les sculptures nous interpellent car le hasard du symbolisme hindou a voulu que l'on trouve côte à côte une succession d'étoiles de David et de croix gammées comme autant de pieds-de-nez aux pans les moins glorieux de l'histoire européenne...
Nous prenons beaucoup de plaisir à faire et refaire les petites artères du bazar dont les échoppes proprettes invitent à s'y attarder. Nous y achetons d'ailleurs quelques souvenirs mais aussi des graines d'anis, séduits que nous sommes par cette idée d'en croquer à la fin des repas pour se raffraîchir l'haleine ! Mais bientôt nous nous voyons proposer une solution alternative : circonspects que nous sommes par un type qui dans son échoppe dispose d'un pot rempli d'une mixture sur laquelle flotte des feuilles, celui-ci nous offre royalement une dégustation gratuite ! Il ramasse donc une feuille qu'il tartine d'une mixture rouge puis d'une autre blanche, puis il la roule et nous la tend ! Comme les fameux doubitchous de Sofia, il y a comme une deuxième couche à l'intérieur, et à l'instar du cloug aux marrons il y a des petits trucs durs comme des cailloux ! Ce truc est une sorte de dentifrice qui dégage une fraîcheur insoupçonnée, quasiment aussi forte que nos bonbons à la menthe fraîche de la Pie-qui-Chante! C'est assez surprenant, et si une fois mâché ce n'est pas très agréable d'avoir ça en bouche entre deux crachats pour évacuer les caillasses, l'effet fraîcheur dure longtemps.
La lumière dans les rues du bazar est superbe et Marion prend des photos en rafale (avec l'argentique ! N'y revenons pas.... C'est d'ailleurs pourquoi il n'y a plus de photos publiées sur l'Inde à compter d'aujourd'hui), poursuivant un vieillard pour pouvoir le prendre sous le meilleur angle, disparaissant dans tel ou tel recoin pour y prendre je ne sais quel scène ou détail... Quand à moi, je repère bientôt une femme de dos avec son bébé dans les bras et dont le pied minuscule dépasse des mains de sa mère, le jeu de lumière est en outre magnifique et je détiens à coup sur la photo qui lancera ma carrière et fera ma gloire à travers les siècles... Je règle le machin, et tout et tout et fait signe à Marion qui approche de ne pas faire de bruit ce qui produit immédiatement l'effet inverse puisque c'est d'une voix tonitruante qu'elle me demande ce qu'il y a... La femme, bouge, se retourne, relève son bébé... Bref... Adieu ma brillante carrière ! - Il ne nous reste donc plus qu'à nous délecter de l'endroit plein de charme avec ce petit temple à l'écart donnant sur une très jolie vallée verdoyante tandis que la femme nous observe avec curiosité et que deux amins sont occupés à se massacrer l'un l'autre avec leurs pistolets-lasers-interstellaires !
Tout au bout du bazar nous arrivons bientôt au très sympathique Nanda Devi Temple, ensemble de 3 très jolis temples aux sculptures intéressantes où se succèdent éléphants, lions chassant gazelles, poissons, et Le Petit Kamasutra illustré !!!! Et ben !.... C'est des chauds nos amis indiens ! Mais finalement n'existe-t-il pas chez nous aussi sur les façades de quelques petites églises reculées de nos campagnes des sculptures à caractère érotique ? - Par malheur les hindous actuels ont décidé de "kitchiser" l'intérieur à grand renfort de statuettes hideuse et de guirlandes de Noël clignotantes... Sur le parvis du temple une mamie fait sa toilette tandis que deux sadhus se tapent un petit roupillon réparateur... Enfin un groupe d'enfants joue au badmington en envoyant régulièrement le volant sur le toit du temple ce qui leur permet de s'essayer à quelques accrobaties pour aller le récupérer... Le tout est rythmé par les passage de quelques fidèles qui font sonner une cloche avant de se prosterner devant la statuette moche... L'endroit est paisible et plaisant, aussi nous y restons un long moment pour nous abreuver de ces morceaux de vie indienne qui se déroulent en toute quiétude sous nos yeux tandis que nous faisons la pause casse-croûte de midi.
Nous descendons alors sur la rue principale et nous laissons fléchir pour nous rendre en jeep au Kasher Devi Temple. Nous avions résolu de ne pas faire de route de la jourée mais ce n'est qu'à 5 kilomètres... Aussi montons nous dans ladite jeep dans laquelle s'engouffre aussitôt la moitié de la ville !!! Nous sommes serrés comme c'est pas permis, et je sens des coudes, des genoux et d'autres coudes qui me rentrent partout dans les côtes ! Mais je sens surtout et avant-tout l'immonde porc, le putois, le sous-produit de bouc qui se néglige qui est collé sur moi ! C'est insoutenable ! Mais il faut croire que le chauffeur a encore espoir de faire entrer du monde puisqu'il ne démarre pas ! Par bonheur on décide d'arimer un énorme chargement sur le toit et tout le monde descend pour donner un coup de main. Nous ne demandons pas notre reste en en profitant pour descendre et prendre la poudre d'escampette ! Le Kashar Devi Temple pourra bien se passer de notre auguste visite !
Nous reprenons la direction de notre hôtel en passant devant la statue du Mahatma Gandhi et des arbres aux énormes troncs peints aux couleurs de l'Inde. C'est sur la terrasse de l'hôtel que nous attendons l'heure d'aller prendre notre bus en menant une très chouette discussion. Nos petits vieux sont toujours délicieux et acceptent de nous concocter un petit repas encore une fois très bon à 18 heure, puis nous récupérons nos sacs en partons attendre le bus...
23 février 2007
Excursion à Jageshwar Temple (3 janvier 2007)
Décidément très agréable ce petit hôtel d'Almora ! Nous y avons passé une excellente nuit et il fait même bon au petit matin ! Et en
plus l'eau est chaude, coule du pommeau de douche (et non du lave-cul) et est en quantité suffisante ! Que demande le peuple ?!!! Je descend à l'accueil pour demander un petit déj' que les petits vieux me proposent de nous monter sur la terrasse. Nous voilà donc à prendre un succulent petit déj' (une omelette d'enfer ! Des toasts à manger sur le tête d'un pouilleux !...) sur la terrasse éminemment agréable au son du clairon qui sonne plutôt faux dans la caserne de cadets voisine...
Aujourd'hui nous partons aux temples de Jageshwar, l'un des rares sites (sinon le seul !) que nous avions prévu d'aller voir avant de partir de Tashkent... Mais il nous faut déjà penser au retour que nous attaquerons demain soir par un bus de nuit pour Delhi et pour lequel nous allons réserver les billets à une agence de voyage dont le type est très peu accueillant. Il nous vend bien les places mais visiblement ça l'a fatigué pour la journée...
Allez hop ! En route donc pour Jageshwar ! Et nous grimpons dans le bus qui s'y rend... Il s'y rend mais il n'est pas pressé au point que je me demande presque s'il n'avance pas en marche arrière ! Plus d'une heure pour faire à peine 20 bornes, un joli exploit... Et le pire c'est qu'il ne nous a même pas laissé au bon endroit ! Car renseignement pris il aurait fallu poursuivre 4 kilomètres plus loin, quel abruti ce chauffeur ! Qu'importe, nous avons le temps et nous partons donc à pied supputant que nous trouverons bien un petit chemin pour éviter la
route. Nous en trouvons d'ailleurs un que nous attaquons mais en demandant notre chemin à un type souriant celui-ci nous informe qu'il n'y a que la route... Pffff... 4 kilomètres de route, c'est nul ! Nous tendons donc le pouce et rapidement un camion s'arrête ! C'est un camion hors d'âge rempli à ras-bord de poulets dont le vent arrache les plumes en en formant un nuage ! Dans la cabine deux types hilares et super gentils nous invitent à monter. Nous nous entassons donc dans cette cabine dans une épouvantable odeur de volaille tandis que le copilote joue aux équilibristes avec une cargaison d'oeufs sur les genoux... Le trajet est évidemment court et c'est presque dommage tant il est cocasse. Nos chauffeurs nous laissent cette fois au bon endroit et repartent en nous saluant du bras, au risque de voir le cargaison d'oeufs se répendre à leurs pieds.
Du hameau la vue est assez jolie donnant sur une vallée verdoyante et striée de terrasses de rizières, j'opte donc pour une cession
photo qui est couronnée de succès bien que l'appareil photo donne des signes de faiblesse, se refermant tout seul et émettant des bruits de moteur qui force inquiétants. Nous prenons ensuite la petite route goudronnée qui part vers Jageshwar Temple, elle descend dans un agréable talweg dans lequel courre un petit ruisseau et où des femmes marchent à la queue-leu-leu avec leur désormais habituel chargement sur la tête. Comme toujours, notre vue provoque sourires, rires, voir hilarité... Shiva sait pourquoi !... Puis un camion-benne rempli ras-la-gueule d'une innextricable grappe humaine veut nous embarquer mais nous préférons marcher, il poursuit donc sa route tandis que les passagers qui n'ont pas besoin de leurs mains pour s'agripper au camion les utilisent pour nous saluer bruyamment !
Bientôt nous pénétrons dans une superbe forêt de pins. Mais y pénétrer, c'est comme entrer en slip dans un congélateur ! D'un seul coup ça caille grave ! Nous cheminons en silence sur la route glaciale tandis que je m'échine sur l'appareil photo qui refuse désormais catégoriquement de fonctionner, me laissant gagner par une mauvaise humeur
tenace. C'est le moment que choisit une moto pour s'arrêter à notre niveau et permettre à son pilote de nous vanter les mérites de sa guest-house située face aux temples... Je m'en moque totalement car de toute façon nous dormons à Jageshwar et que de plus je n'ai la tête qu'à cette saleté de numérique qui veut me lâcher... Mais le type, lui, ne nous lache pas. En d'autres circonstances il m'aurait peut-être amusé mais là, il ne fait qu'agraver mon irritabilité. Lorsqu'il s'en va vraiment contre promesse de passer voir sa guest-house je me suis transformé en vieil ours ronchon à la limite de la transformation en Ulk, et si Marion marche seule quelques mètres en avant je me doute que celà doit être dû à ma bien peu agréable compagnie... Je suis d'ailleurs parfaitement conscient que je dois être imbuvable mais c'est plus fort que moi : cet appareil photo m'énerve au delà de toute limite !
C'est ainsi que nous arrivons à un premier groupe de temples perdus dans la forêt et - miracle ! - au soleil donc au chaud !... Ce sont des temples superbes qui n'ont rien à voir avec les temples vus jusqu'à présent. Ils sont indubitablement vieux (VIIème siècle d'après le guide mais méfiance : c'est le Lonely tout pouri...) et de ce fait échappent totalement au kitsh habituel des temples hindous. Ces bâtiments étroits en pierre brute joliment sculptée sont superbes, et plantés comme ils le sont dans cette splendide forêt ils offent un tableau particulièrement beau... Et comme en plus pour une raison inexpliqué l'appareil photo accepte de remarcher nous pouvons apprécier et photographier l'endroit dans une humeur retrouvée (je parle de la mienne...). Après un bon moment à détailler les divers temples et templions qui composent l'endroit nous repartons alors en direction du site principal en nous replongeant dans la forêt glacée et l'appareil photo reprend son caprice en jouant imprudemment avec mes nerfs... Cette
fois-ci c'est trop, et je commence à bouillir intérieurement... Nous arrivons ainsi à un petit village très mignon dont en plus les fenêtres et portes sont en bois scuplté et peint, c'est ravissant. L'endroit serait d'ailleurs très bucolique s'il n'était situé dans une cuvette qui jamais ne voit le soleil et est donc frigorifique ! D'ailleurs cette fois-ci les bas-côtés sont blancs de gel et à une fontaine nous voyons une épaisseur de glace significative ! C'est ici qu'est implanté le site principal des temples de Jageshwar ! Sur un espace somme toute assez restreint, des dizaines et des dizaines de temples (124 parait-il) de toutes tailles sont plantés là, serrés les uns près des autres. Le temple principal doit faire dans les 20 mètres de haut tandis que les plus petits ont la taille d'un homme. Certains sont très joliment sculptés et d'autres plus bruts de décoffrage. L'un d'entre eux néanmoins comporte des éléments kitsh apportés par l'hindouisme moderne avec serpent et
statues hideuses à l'entrée et guirlande lumineuse clignotante d'arbre de Noël à l'intérieur... L'appareil photo se décide à bien vouloir fonctionner un peu mais le zoom se bloque et la mise au point devient douteuse : je suis furieux ! Puis il rend définitivement l'âme et ce n'est qu'à grand-peine que je parviens à ne pas le projeter violemment contre un temple histoire de lui apprendre à vivre.... Je ne tiendrais pas un peu de mon père moi d'entrer dans une rage intérieure aussi dévorante pour un truc aussi idiot ?!!!! lol.....
Nous finisson par pénétrer, après nous être déchaussés, dans le temple prinicipal où deux types assis en tailleur doivent se les geler sévèrement ! Le plus jeune décide de nous faire un joli point rouge au milieu du front avant de nous chanter une chanson probablement hautement sacrée... On le voit venir de loin celui-là et ça ne rate pas : nous sommes invités à laisser une offrande (un billet quoi...). Je m'éxécute à contre-coeur car je ne crois évidemment nullement ni à Krishna, ni à Vishnu, ni à Shiva, ni à Ganesh et à aucun de leurs distingués collègues d'ailleurs.... Et ma position sur les religions qui ne sont à mes yeux, toutes autant qu'elles sont, que des sectes qui ont réussi, me rendent
l'offrande amère. Je me réconcilie avec ma conscience en décidant de considérer que c'est là ma contribution à l'entretien et à la préservation de ce superbe endroit...
Nous finissons de déambuler entre tous ces temples et templions un peu irréels dans l'ambiance glacée qui y règne et nous faisons de nouveau raccoler par deux types qui de toute évidence en veulent encore à nos roupies pour la grande satisfaction de Shiva ! Nous nous en sortons en décidant que nous ne comprenions rien et quittons le site. - Un court tour dans le village pour en admirer les boiseries scupltées et c'est le chemin du retour où, avec le soir qui tombe, le froid est de plus en plus intense. Pour ma part je décide de ne plus calculer le numérique ce qui a pour effet de voir peu à peu s'adoucir ma mauvaise humeur... Après avoir infligé mon infréquentabilité du jour à Marion je reviens donc à un peu plus de raison et de compagnie supportable lorsque nous nous engageons sur un petit sentier qui nous mène bien vite à des maisons sur le perron desquelles nous devons passer. A l'une d'elle nous proposons de prendre
une photo (à l'argentique... Je ne tolèrerais aucun commentaire sur ce sujet !!!) ce qui ravit un jeune garçon mais pas sa mère toute ébourifée à la fenêtre qui le refroidit aussi sec en refusant catégoriquement le cliché compromettant... Tant pis !
Un peu plus loin nous passons devant une autre maison où un petit vieux habillé comme Gandhi habite, sa probable petite fille étant en visite. Cette dernière parle anglais et se plait donc à nous questionner sous le regard enchanté du petit papi. Lorsque nous lui disons que je suis français elle refuse de le croire et tient absolument à ce que je sois... indien ! Nous lui assurons pourtant que non avant de poursuivre notre route mais je crois que nous ne l'aurons qu'à moitié convaincue sur ce point... - Encore quelques centaines de mètres et nous passons devant une scierie d'un autre âge ! Encore un peu et nous pourrions voir surgir Charles Ingalls d'un recoin ! Mais si l'on tourne la tête de l'autre côté nous tombons sur un hangard moderne qui est une fabrique.... de jouets électroniques ! C'est hallucinant !!! Que fait une telle fabrique dans un endroit aussi paumé ? C'est tout simplement incompréhensible.
L'Inde recelle décidémment des secrets impénétrables !
Enfin nous arrivons au hameau où nous avaient déposé nos convoyeurs de poulets. A peine avons nous commencé à lever le pousse qu'un vieux se charge d'arrêter presque d'autorité une voiture pour quelle nous prenne à son bord. C'est une voiture neuve occupée par trois jeunes qui ne prononceront pas plus de 10 mots jusqu'à Almora... L'autoradio, lui, crache une très mauvaise musique moderne indienne. Bref, le tout sent le jeune trou-du-cul à plein nez.
Et ça ne rate pas ! Le pilote se prend pour Sebastien Loeb et Marion se décompose à vu d'oeil au gré des virages serrés et des croisements et dépassements plus qu'audacieux ! Je ne m'explique pas comment elle n'aura pas vomi dans l'habitacle... Peut-être d'ailleurs aurait-elle dû le faire, sans doute que ça aurait calmé les ardeurs du pilote... Nous ne sommes donc pas fâchés d'arriver enfin à Almora (surtout Marion !!!) où son tortionaire en profite pour nous alléger de 100 roupie ! Quel chacal !... Nous devons alors remonter dans la haute ville par une ruelle tellement étroite qu'en certains endroits on ne passe que de profil ! Et pourtant certains y tiennent néanmoins commerce... N'est-ce pas invraisemblable ? - Une fois arrivé sur la rue touristique principale nous nous rendons dans une boutique de tissu où nous faisons quelques emplettes avant de rentrer à l'hôtel.
Les petits vieux sont décidément très accueillants et sympathiques. Du coup nous décidons d'y prendre notre repas sur la terrasse et encore une fois ils nous régalent d'un très copieux et peu onnéreux plateau ! Il ne nous reste plus qu'à regagner notre chambre et nos duvets, non sans avoir maté un peu la télé indienne... Cette fois-ci nous avons droit à des clips hautement vulgaires notamment un où une femme dansant dans un en saree moulant finit évidemment trempée par la lance incendie que tient le chanteur entre ses jambes... Le must du bon goût vous dis-je !... Décidément que ce soit pour leurs clips, leurs films, ou la déco de leurs temples, le goût indien c'est quand même à part...
Nous nous endormons enfin, avec le goût amer d'un voyage qui se termine. Demain soir nous monterons dans un bus pour entamer notre retour sur Amritsar via Delhi pour y prendre l'avion de Tashkent....
De Kausani à Almora : glandouille ! (2 janvier 2007)
Nous nous réveillons bien au chaud dans notre chambre, quel bonheur ! Depuis notre arrivée dans les montagnes himalayennes nous avions pris l'habitude de nous geler au petit matin... Marion décide néanmoins d'approfondir par la pratique sa connaissance des moeurs de la marmote en janvier tandis que pour ma part je me jette sur l'appareil
photo et courre sur le toit panoramique de l'hôtel ! Ben oui ! Vous ne croyez quand même pas que j'allais laisser passer le lever de soleil sur un tel paysage !!! Je n'ai pas de quoi le regretter, c'est tout simplement fabuleux ! La lumière des premiers rayons est irréelle et le temps d'une telle clarté que les sommets les plus lointains - que ce soit vers le Tibet à l'Est ou vers Gangotri à l'Ouest - apparaissent avec une incroyable netteté... C'est peu de dire que je mitraille tout en me délectant du spectacle de la lumière qui ronge chaque seconde un peu plus des morceaux de ces fantastiques et colossales montagnes.
Lorsque je regagne la chambre, Marion est toujours solidement amarée au matelas ! Elle s'en extirpe néanmoins tant bien que mal et après une petite toilette du matin nous bouclons nos sacs et filons avec pour
objectif de prendre le bus pour Almora. Mais avant tout : c'est l'heure du petit déjeuner que nous allons prendre à la terrasse panoramique de notre petit resto voisin, face aux sommets glacés ! Le tôlier est extrêmement sympathique, et tout en engloutissant un succulent petit déj' nous discutons longuement avec lui de l'Inde, de lui et de la France. Il est ici depuis 25 ans et sa famille vit sur Delhi mais il avant tout très curieux sur notre itinéraire puis sur le coût de la vie en France (combien coûte ceci, combien coûte celà ?). Les prix que nous lui annonçons lui semblent démentiels ! Ca doit relativiser un peu notre status de milliardaires !!! Il nous donne également des tuyaux pour la suite de notre voyage sur Almora et Delhi.
Tandis qu'il est reparti servir des clients nous regardons des enfants de 3 ou 4 ans qui jouent juste en dessous de nous dans la cour d'une maison bordée de cultures en terrasse. Ce sont déjà de vieilles connaissances puisque nous avions déjà pu nous régaler de leur manège hier après-midi sur l'une des terrasses sur laquelle déambulait une bande de macaques. Nos trois héros en
herbe s'étaient alors lancé dans une implacable chasse au singe en leur gueulant après et en leur jetant des bouts de bois et des pierres mais en se tenant à une distance tellement prudente que la plus menaçante a du leur tmber à 50 mètres !!! Les singes ne leur prêtaient d'ailleurs aucune attention... Mais lorsque le papa avait débarqué et s'était engagé en direction des primates nos intrépides chasseurs de singe y avait trouvé un surcroît de courage et lui avait emboîté le pas avec témérité ! Ils nous avaient bien amusé... Où que l'on aille, les enfants sont toujours les même !!!
Notre restaurateur revenu nous reprenons nos discussion tandis qu'il nous fait goûter une boisson au rhododendron excellente et très sucrée. Sur sa terrasse trône un télescope (le soir il propose des séances d'observation du ciel pour la modique somme de 10 roupie...) et
nous ne résistons pas à l'envie de lui demander si nous pouvons nous en servir, et bien entendu nous pouvons ! Je la braque donc sur le Trishul, sur le Nanda Devi (le vrai cette fois !) et plus globalement sur toute la haute chaîne qui nous fait face ! Vu comme ça, tout change encore car tout ce qui était trop petit pour être visible devient flagrant ! Ce sont des glaciers terribles qui dégoulinent des sommets, les crevasses sont des gouffres, c'est magnifique d'austérité. Les séracs sont d'une taille invraisemblable et je peux même voir des ice-flutes, ces formations de glaces, sortes de tubes blancs immaculés qui descendent harmonieusement des crêtes des plus hauts sommets himalayens et andins... L'une des paroi sur la première crête et à l'aplomb du Nanda Devi est particulièrement impressionnante de verticalité et de glaciers effrayants ! Quelles merveilles ! Je suis au paradis !
Mais l'heure du bus approche et nous devons quitter notre nouvel ami indien qui nous offre quelques délicieuses friandises au caramel et nous donne sa carte pour que nous puissions le contacter par mail à notre retour. Nous rejoignons la place principale par une ruelle étroite en escalier (là encore genre ruelle de Venaco en Corse pour ceux qui avaient eu le loisir de m'y rendre visite...) également fréquenté par un énième macaque flegmatique. - Une fois en bas nous retrouvons un vieux casse-pied qui nous avait harcelé la veille pour nous proposer ses services de guide en montagne, nous nous en étions débarrassé par un "demain"... Et demain c'est aujourd'hui donc il
revient à la charge, sauf que cette fois-ci nous quittons Kausani. Comprenant que nous ne lui rapporterions pas une seule roupie il nous quitte rapidement... Le bus, lui, prend tout son temps pour ariver ! Nous nous vengeons de ce contre-temps en achetant des cochonnerie en chocolat que nous faisons disparaître séance tenante ! - Les bus se succèdent mais ce n'est jamais le bon, un type nous promet de nous prévenir lorsque le bon serait là et nous n'avons plus qu'à attendre assis au soleil sur le trotoir. - Puis c'est une jeep qui nous propose de nous emmener pour 50 roupies mais je refuse parce que ça me parait cher mais aussi et surtout parce que le casse-pied est revenu à la charge pour nous presser d'accepter la jeep ! Refuser de monter est presque une sanction contre ce type pénible. La jeep repart sans nous bientôt suivie du bus qui nous coûte 47 roupies ! Tu parles d'une économie !!!....
La route parait bien longue mais en compensation nous bénéficions sans doute du plus beau tronçon de route de tout notre périple ! Tout le long du parcours ce n'est qu'une succession de vallées relativement étroites, boisées ou couvertes de terrasses aux couleurs vives et tendres à la fois, des femmes très colorées (bleu, vert, rouge, jaune, toues les couleurs y passent !) travaillant dans les rizières, des villages magnifiques et paisibles accrochés partout sur les flancs des reliefs. Des petites gorges enchanteresses, et les sommets enneigés qui surgissent parfois au détours d'un virage et parraissent chaque fois un peu plus hauts encore. Je me souviens également
d'un merveilleux petit fond de vallée formant une grande cuvette entièrement couverte de terrasses et de villages : comme il aurit été magique de s'arrêter ici un jour ou deux ! - J'ai également l'image d'un homme traversant la rivière avec ses vaches, de l'eau jusqu'aux cuisses... Et un peu plus loin sur cette même rivière une sorte de passage piéton aménagé pour traverser à pieds secs : de larges et plates pierres ont été disposées aussi régulièrement que les bandes banches de nos passages piétons d'un bord à l'autre de la rivière.
Et puis nous arrivons à Almora qui nous surprend par son extension ! C'est beaucoup plus grand que nous ne l'imaginions et l'agglomération couvre tout un flanc de montagne assez abrupt. Une fois dans les rues de la ville nous sommes particulièrement déçus car avant de partir nous avions vu un site Internet sur la zone, un site enchanteur qui nous avait à lui seul décidé à venir ici. Or les rues sont complètement défoncées et ne sont que d'effroyables tas de boue, la misère et la crasse refont leur apparition, c'est tout simplement hideux. Mais en atteignant le haut de la ville ça s'améliore nettement, c'est la partie touristique de la ville où le bus, d'ailleurs, nous dépose dans une rue laide à souhait bordée d'échoppes en tous genres.
Toujours pas vaccinés du Lonely Planet nous entrons au Shikkar Hotel, le hall d'entrée est prometteur mais le reste est déprimant. C'est un gros bâtiment de béton, la chambre que l'on nous montre fait face à un affreux talus encaissé et les chambres sont sinistres... Nous repartons sans demander notre reste et filons sur une deuxième option du Lonely : le Kailas Hotel "la plus sympathique guest-house d'Uttaranchal"...Tu parles... C'est vieillot et archi-crade ! Là encore nous battons en retraite et décidons de marcher jusqu'à une magnifique Guest-house en pierre devant laquelle nous sommes passés en bus. Nous sommes pris en stop par un jeune qui nous y
emmène gentillement Une fois arrivé il nous confirme que c'est la meilleure table d'Almora sauf que là, c'est fermé !!! Heureusement il connait un super hotel : le Savoy Hotel, fait demi-tour et nous y emmène... Nous y sommes accueillis par deux très sympathiqes petits vieux (avec lesquels je le soupçonne fortement d'être apparenté ! lol) dont l'un est pourvu d'une dentition absolument épouvantable ! L'hôtel un peu en retrait est calme, les chambres un peu défraîchies sont néanmoins spacieuses et propres et la terrasse très agréable. Nous nous installons très volontiers, voisins d'un couple de jeunes norvégiens ou suèdois eux aussi armés de sacs à dos...
Nous prenons le temps de contempler un nouveau super navet à la télé ! Les films indiens sont pathétiques de mièvrerie et le jeu des acteurs qui surjouent jusqu'au ridicule est déplorable... Bollywood, ça doit être quelque chose ! Ils ne sont pas prêt de décrocher une palme d'or je le crains... Le film ne justifiant pas 5 minutes d'attention supplémentaire nous partons à une super librairie très attrayante et bien achalandée dans laquelle nous achetons des guides du Zanskar pour un prochain voyage. Puis nous allons manger dans un petit resto pour retourner nous coucher.
Au programme demain : les temples de Jageshwar !
20 février 2007
De Gwaldam à Kausani, c'est toujours aussi beau ! (1er janvier 2007)
C'est le premier jour de l'année et si nous la commençons comme nous avons terminé la précédente, il nous tarde de voir ça ! La nuit a cependant été difficile pour moi car j'ai eu une attaque d'aigreurs et que je me sens l'estomac patraque... Je soupçonne le coupable : notre indien d'hier soir, l'homme aux photos d'oiseaux ! Car j'ai oublié de vous préciser qu'il m'avait presque obligé à boire un verre avec lui et que j'avais eu droit à un breuvage composé d'eau non bouillie... D'où sortait-elle ??? En tout cas je la soupçonne fortement d'être responsable de cette sensation désagréable dans le ventre... Serait-ce l'annonce de la tant espérée turista ? A suivre....
Désireux de prendre le bus, nous sommes assez pressés de quitter la chambre. Ca tombe mal, il n'y a personne à la réception... Nous attendons un long moment en vain avant que nous n'interceptions le seul employé qui part aussitôt en quête du patron. Nous séparons donc les troupes : J'attends le patron pour le payer tandis que Marion file bloquer le bus ! J'attends donc sous l'oeil curieux d'un chien à l'air peu commode et qui regarde fixement mes mollets avec gourmandise ! Je ramasse une grosse caillasse pour avoir au moins la consolation de pouvoir lui chatouiller la cafetière si pas malheur il se décidait à m'arracher un bout de steack... Mais soudain il fait demi-tour et disparait la queue entre les jambes ! J'ai vite mon explication, un groupe de 3 singes passe derrière moi sans me calculer. Je crois comprendre que dans les relations singes-chiens ces derniers se la jouent profil bas et je devine que mon clébard a dû se prendre quelques peignées par le passé et que maintenant il passe à l'ombre ! Les singes se ballades, cueillent deux ou trois trucs, escalades un balcon et gambadent sur le toit. Je les regarde un bon moment, ils sont
marrants.
Enfin le patron, en provenance de Delhi si j'en juge par le temps qu'il lui a fallu, pointe ses gueilles, tout ça pour s'apercevoir qu'il n'a pas la monnaie ! Le voilà donc reparti en chercher Dieu sait où ? Mais non, il réapparait cette fois assez rapidement et je peux partir rejoindre mon gendarme que j'imagine couchée sous les roues du bus pour l'empêcher de démarrer. Heureusement il n'en est rien tout simplement parce que de bus il n'y a point. Nous avons donc le temps de filer prendre notre petit déjeuner à l'abris d'un mignon petit temple jaune vif qui trône au milieu du village. On nous avais annoncé le bus pour 8hOO mais à 8h30 on nous déclare finalement que c'est le 1er janvier et qu'il n'y aura donc probablement pas de bus... Nous voilà obligés de nous rabattre sur une jeep, nous chargeons nos sacs sur le toit et nous asseyons, prêts à partir. Nous avons donc l'air de deux imbéciles car le chauffeur, lui, s'en va... Et bien oui, bien sûr ! Il ne partira qu'une fois la jeep pleine. Nous descendons pour attendre. J'en profite pour regarder le manège des singes qui déambulent à travers le village, escaladent les toits, gambadent sur les balcons, traversent la route, frôlent quelques cochons punks... Ils n'ont vraiment pas peur de l'homme ! L'un d'entre eux est dans un arbre, secouant les branches en sautant de l'une à l'autre en gueulant... Il m'amuse un bon moment avant d'effectuer un saut extraordinaire pour se réceptionner brutamment sur un toit en tôle et de détaler comme un lapin !
30 minutes que nous poireautons et pas un seul gus de plus dans la jeep. Désireux de ne pas y passer la journée nous proposons au chaufeur de lui payer toutes les places pour partir tout de suite et parvenons à négocier la chose pour 250 roupies (5 euros) et nous démarrons.
Voyager à deux dans une jeep, voilà un luxe dont nous nous délectons ! Quel confort ! Nous sommes très bien pour profiter pleinement des paysages et qui sont une fois encore superbes. Tout
d'abord nous descendons de très jolies pentes couvertes d'une superbe forêt de pins de l'Himalaya (je sais les identifier car il y en avait un en bas de chez ma soeur ) avec un jeu d'ombres et de lumières magnifique. Un peu partout partent des sentiers vers de probables villages perdus dans la montagne et que nous ne voyons pas. Je suis particulièrement surpris de voir courir partout à travers cette forêt tout un réseau de canaux d'irrigation parfaitement entretenus avec parfois des réservoirs d'alimentation ; il n'y a pas la moindre terrasse à l'horizon ! Où transportent-ils leur eau ? Et quel boulot, quelle organisation pour avoir conçu et pour entretenir tous ces mini-aqueducs... Nous finissons par quitter la forêt pour traverser des villages absolument merveilleux, pleins de vie et d'enfants en uniformes qui vont à l'école, avec toujours ces rizières rayonantes et face aux hauts sommets himalayens ! Quelle carte postale ! Pourtant, impossible de prendre une photo correcte... Tant pis. - Et toujours le long des routes des femmes chargées comme des mules pour transporter du bois mort ou des ramages de feuilles, je ne me souviens pas si c'est ce jour là que j'en vois une pieds nus qui marche à vive allure avec un énorme ballot en équilibre sur la tête tout en tricotant !!! Tu parles d'un numéro de cirque !
Enfin nous atteignons le fond d'une très large vallée (ce qui rompt avec l'habitude des vallées encaissées) et traversons Baijnath qui n'a aucun attrait excepté son vieux et superbe temple devant lequel nous passons sans
nous arrêter. Nous prenons une correspondance dans un patelin et nous élevons alors pour remonter un col. Cette fois la vue est réellement saisissante car contrairement à Gwaldam nous voyons le fond de vallée : du coup les hauts sommets prennent toute leur ampleur car ce sont désormais plus de 6000 mètres de dénivellé qui séparent le haut du bas ! C'est fantastique.
C'est plongé dans la contemplation de ces vues enchanteresses que nous arrivons à Kausani, une station climatique appréciée et ça se voit... Ca a un certain côté touristique et donc forcément moins authentique. Mais par contre quel point de vue. Comme Gwaldam, Kausani est perché sur un col mais la vue y est encore plus étendue et impressionnante, on touche au sublime ! - Nous visitons un premier hôtel à 4OO roupies mais il ne nous plait pas et nous filons à un autre, tout en haut du village à 800 roupies... "Au diable les varices" et va pour 16 euros !!! La chambre est
chouette et offre une vue imprenable pile face au Nanda Devi ! Et la terrasse de l'hôtel située sur le toit offre une vue panoramique de tous les côtés : hauts sommets au nord, vallée verdoyante et couverte de terrasses au sud. Nous déballons nos affaires et Marion se jette alors dans une sieste titanesque au soleil mais moi, je suis trop mal foutu, toujours l'estomac en vrac, j'entreprends donc d'étendre nos affaires un peu partout transformant la terrasse en véritable camps de manouches ! Puis je me jette sur l'apareil photo pour mitrailler le paysage et mon Nanda Devi à
moi ! Dans le village que nous dominons je vois des enfants qui jouent au criquet sur une minuscule terrasse et forcément ils n'ont de cesse d'envoyer leur balle par dessus bord, emmerdant donc sans cesse une bande d'ouvriers qui travaillent en dessous pour qu'ils la leur renvoient.
Je me sens de plus en plus patraque mais au réveil de Marion nous décidons de faire une petite rando (grosse ballade serait un terme plus juste) vers une plantation de thé. Avant de partir nous allons manger sur la terrasse d'une petit gargote offrant un panorama extraordinaire pour y déguster une côtelette de légumes (fallait l'inventer...) avec des frites !!! Mon estomac récalcitre un peu mais les frites c'est sacré et il faut qu'il se mette bien dans les boyaux que le boss c'est moi !!!
Ainsi lestés nous pouvons partir. La ballade commence sur une piste plutôt moche mais agréable car fréquentée par les singes et face à ce panorama dont on ne peut se lasser. Puis nous basculons et descendons le long d'une petite croupe pleine de charme parsemée de terrasses, fermettes et maisonnettes de pierre vraiment craquantes avec des volets bleus où des gens vivent tranquilous dans un cadre vraiment paradisiaque. A l'une d'entre elle, toute une troupe de chevreaux curieux
comme c'est pas permis courent à notre rencontre, ils sont adorables et jouent aux équilibristes sur des rochers avant de venir se faire gratouiller la crâne. Plus loin ce sont deux jeunes filles aux sarees éclatants de couleur et qui portent des paniers sur la tête qui répondent à nos "Namasté" avant de se retourner en rigolant franchement en nous regardant nous éloigner... Je crois que c'est toujours l'effet cheveux blonds de Marion !!!
Nous arrivons aux plantations de thé et je suis pour ma part surpris. Je ne sais pas du tout pourquoi mais je m'imaginais des arbres de la taille d'un prunier et ce ne sont que des arbustres, des petits arbustres bas et odorants avec des fleurs blanches, étagés sur tout un réseau de terrasses à la couleur vert sombre. Nous nous promenons à travers les plantations et en profitons pour prélever quelques graines, ainsi nous
pourrons nous même faire notre plantation au retour ! Vu le jardinier je crois que notre budget thé n'est pas encore prêt à diminuer... lol... Un peu plus loin une femme en saree bleu-vert est accroupie et travaille avec assiduité sur les arbustres, c'est d'ailleurs la seule employée que nous voyons à l'ouvrage. Marion, curieuse comme un pou, décide de s'approcher d'elle pour voir ce qu'elle fait exactement. L'empoyée ne l'a sans doute ni vu, ni entendu venir car elle a un mouvement de surprise... Et pour cause ! Au lieu de travailler corps et âme pour son vénéré patron, la petite grugeuse est occupée à tricoter !!! Accroupie derrière les arbustres, elle donne évidemment l'impression au patron d'être à l'ouvrage sauf qu'elle tricote ! Bien joué ! Mais heureusement pour elle que c'est Marion qui a surgi et non le contremaître.... Nous suppososns qu'elle doit avaoir un salaire de misère et qu'elle tricote pour arrondir ses fins de mois ? En tout cas Marion revient très amusée, forcément.
Nous rejoignons la route mais l'usine de thé étant actuellement en période d'inactivité il n'y a pas grand chose à voir et nous
traversons la route pour rejoindre un stand de dégustation. Et c'est le, choc !!! Face à nous trône toujours cet extraordinaire panorama sur les hauts sommets et mon Nanda Devi tandis que dans la buvette est affiché un chouette poster panoramique énumérant les noms de tous les pics... Et ben mon Nanda Devi, c'est pas le Nanda Devi !!! 2 jours que je vous bassine avec lui, que je le mitraille de photos, tout ça pour découvrir que mon Nanda Devi est le Trishul et que s'il pointe sa gaine
à la très respectable altitude de 7100 mètres il lui en manque tout de même plus de 700 ! Et le Nanda Devi lui est situé plus à l'Est et derrière cette gigantesque premère ligne de crête qui nous le dissimule ! Il sera néanmoins visible une fois remonté à Kausani ! J'ai l'air fin moi...
Il est temps pour nous de faire demi-tour et à remonter sur Kausani plus ou moins par le même itinéraire. Pour moi c'est un chemin de croix, je suis plus mal foutu que je l'aurais pensé et avec l'estomac détraqué je me traîne en ayant l'impression de ne pas pouvoir mettre un pied devant l'autre. Mais après tout nous ne sommes pas pressés ! Je ne suis donc pas mécontent d'arriver à l'hôtel et de me jeter sous la douche... Mauvaise surprise, l'eau-chaude ne parvient pas au pommeau de douche mais seulement au lave-cul ! Mieux encore : quand on tire la chasse la flotte s'échappe sous le chiotte et se répend sur le carrelage !!! Pour une fois qu'on se prend une chambre chère dans un hôtel réputé clinquant, on n'est pas déçus du voyage ! (décidément, je déconseille vivement le Lonely Planet de l'Inde du Nord, pas une seule info fiable !!!).
J'allume distraitement la télé indienne et nous tombons sur un super navet, une version de King-Kong des années 70 particulièrement mauvais ! C'est tellement ridicule que nous restons un bon 1/4 d'heure à le regarder !!! Faut vraiment être idiot quand même... Mais finalement une coupure de courant providentielle nus en arrache même si j'ose espérer que nous ne serions pas restés scotchés à ce nanard ! (les indiens sont très friands de nanards)... A la place nous grimpons sur la terrasse de l'hôtel, sur le toit, pour contempler le coucher de soleil sur les hauts sommets himalayens, dont le Nanda Devi, le vrai, qui pointe juste son nez au dessus de la
première crête... Puis nous rejoignons le centre de Kausani et partons à la recherche de sarees. La première boutique est tenue par une femme qui ne nous calcule pas le moins du monde tandis qu'un gamin de 6 ou 7 ans est occupé à y faire ses devoirs... Nous filons alors à une seconde boutique tenue par un jeune très sympa ! Mais le jour est tombé et le courant n'est toujours pas revenu. Qu'importe ! Il nous accueille chaleureusement et Marion lui fait déballer les 3/4 de son stock que nous ne voyons qu'à peine dans la pénombre à la lumière d'une bougie... Nous lui disons que nous verrons mieux demain mais le gars, loin de s'en offusquer et plus sympa que jamais nous offre le thé ! Et il nous propose même de nous garder nos sacs si nous voulons aller nous ballader demain. Coup de pot, au moment où nous allons le quitter le jus revient et nous lui achetons un bout de tissu de je ne sais plus quoi avant de filer manger.
Il fait un froid de canard (nous sommes à 2000 mètres) et nous grelotons pour rejoindre un restau dont le Lonely Planet dit le plus grand bien, ce qui devrait désormais nous inquiéter... C'est le restau d'un hôtel qui a l'air plutôt chicos mais nous y sommes étrangement accueillis. Une sorte de maître-d'hôtel ne sait pas si on peut manger, part s'informer et revient : c'est ok. Il nous emmène alors dans une salle de restaurant déserte, nous sommes les seuls clients, et nous devons passer commande debouts devant la caisse après quoi on nous installe à une table dont la nappe est dégueulasse !!! Je suis complètement congelé, je suppose que mal foutu comme je suis ça n'arrange rien, et c'est enveloppé dans un grand châle que je vais dîner en grelotant. En ce qui concerne le repas, la soupe n'est vraiment pas terrible, heureusement la suite est nettement mieux, de même que l'addition d'ailleurs !...
Le retour à l'hôtel très court est pourtant interminable tant j'ai froid ! On dirait le Nem au Cabaliros en janvier dernier !!!... L'intéressé comprendra !... Je me jette illico sous l'eau chaude du lave-cul et y reste le plus longtemps possible ! Quel bonheur cette chaleur !... Quand le cumulus est vide je me résouds à me sécher pour me précipiter dans mon duvet où Marion est installée pour me le chauffer ! Quand je dis qu'elle est..........................
Nous nous endormons comme des souches.
17 février 2007
Immersion dans les montagnes de Gwaldam (31 décembre 2006)
Après une journée comme celle de la veille (cf. randonnée à Ghat), nous sommes gonflés à bloc pour affronter une nouvelle journée
himalayenne. La nuit a forcément été excellente et nous n'avons eu nulle peine à trouver des rêves pour la nuit, il nous a suffit de repenser aux images de la journée. Nous nous réveillons dans notre chambre glacée, bien au chaud dans nos duvets ! S'en extirper est une épreuve mais nous finissons par y parvenir pour nous précipiter sous la douche ! Puis nous confectionnons nos sacs dont le contenu est évidemment éparpilléà travers toute la chambre... C'est toujours incroyable de constater que tout tient dans de si "petits" sacs (45 litres chacun...) ! Et nous revoilà partis, nous regagnons la triste rue de Nandprayag et comme la veille achetons des bananes en guise de petit déj' avant de redescendre à pieds jusqu'au pont où nous devons prendre le bus pour Gwaldam pour y chercher un taxi qui nous mènera au village de Mundoli que nous avons élu plus ou moins au pif pour accueillir notre randonnée du lendemain avec l'espoir d'y admirer enfin les hauts sommets indiens... Ils ne sont pourtant tout proches mais il y a toujours une crête élevée pour nous les cacher ! - Comme d'habitude la réalité nous fera changer nos vagues plans, comme toujours nous n'aurons pas à nous en plaindre.
Nous n'attendons pas longtemps le bus et arrivons rapidement à Karnapayag où l'on nous largue en nous expliquant qu'il faut changer de bus... Croyez vous qu'on nous aurait laissé à proximité de notre correspondance ? Pas du tout ! Démerdez vous ! Nous finissons tout de même par trouver quelqu'un pour nous renseigner et devons traverser un pont non loin duquel deux rivières de couleurs différentes se rejoignent sans mêler tout de suite leurs eaux, la nouvelle rivière s'en trouve cocasse puisque séparée en deux en son milieu avec d'un côté une eau christalline et de l'autre une eau trouble... Amusant ! Puis nous devons nous prendre une première suée pour monter dans la haute ville par un petit chemin sous le regard d'un macaque. Voici le bus.... Malheureusement il nous faudra attendre longtemps avant qu'il ne parte contrariant déjà nos plans du jour... Nous trouvons un réconfort moral inestimable dans de succulents chapati (j'en bave encore rien que d'y penser !), sorte de galettes souples dans laquelle on roule de trucs bons et parfois épicés. D'ailleurs ils auront un goût de reviens-y !
Et c'est reparti pour un interminable trajet en bus sur les routes de montagnes ! Interminable parce que le bus se traîne et s'arrête tout les kilomètres, parce qu'à chaque instant nous sommes secoués comme des pruniers, parce que se succèdent des dépassements périlleux (mais on s'en fout, c'est pas nous qui sommes côté ravin !!! lol), parce que nous sommes très fatigués aussi. Dommage car les paysages sont encore une fois merveilleux et que nous ne pouvons les apprécier à leur juste valeur... Toujours ces vallées encaissées, ces villages
sortis d'une autre époque, ces cultures en terrasse magnifiques, ces femmes qui marchent au bord de la route avec les charges les plus colossales possibles, les singes sur les bas côtés (dont une nouvelle espèce non identifiée)... Et puis soudain une image me sort de ma torpeur : au détour d'un virage, au dessus d'une crête pourtant haute j'aperçois une dent très blanche ! Le bus a alors la bonne idée de progresser sur le versant opposé et de s'élever, ce qui permet au pic en question de se dévoiler chaque instant un peu plus... Inutile de préciser que je n'en perds pas une miette. C'est magnifique et pourtant... Pourtant il y a une pointe de déception car s'ils sont imposants je m'attendais à plus impressionant ! Les pics sont superbes, très hauts mais finalement ne sont - vu d'ici - pas beaucoup plus majestueux que ceux du massif du Mont-Blanc ou des Ecrins...
Le bus continue à s'élever tandis que j'allume l'altimètre pour essayer de me repérer. Je les estimerais à 4500mètres... Je ne me trompe finalement que de 2500 !!!!!! Enfin nous arrivons à un col sur lequel est posé un village sans charme particulier, nous sommes à Gwaldam et nous descendons... Je suis décontenancé car nous pensions Gwaldam en fond de vallée et pour aller à Mundoli il nous faudarit redescendre tout le col que nous venons de monter pour remonter la même chose sur l'autre versant. Tandis que nous prenons un thé à la terrasse panoramique d'un bar, un essai de confrontation entre la carte peu précise dont je dispose et le paysage qui s'offre à nous me fait conclure que Mundoli n'est peut-être pas la panacée pour jouir de la vue des hauts sommets (le relief qui l'entoure pourrait bien nous les masquer encore !), nous serons finalement pas si mal ici. C'est décidé nous resterons ici. Nous
demandons au patron s'il peut nous garder nos sacs pour la journée ce qu'il accepte bien volontiers. Le temps de poser nos affaires et de confectionner un petit sac léger
et nous partons pour une nouvelle randonnée, encore une fois au pif le
plus complet.
Puisque nous sommes sur un col nous choisissons tout simplement de suivre la crête qui part plein Est, ainsi, toujours sur un point haut nous devrions profiter au mieux du panorama ! Le temps de trouver le moyen de passer au dessus des maisons, aidés pour celà par de jeunes indiens qui nous indiquent du bras par où aller, nous tombons bien vite sur un petit sentier qui monte en direction de la crête par le sous bois d'une très agréable pinède, en quelques minutes nous débouchons sur la crête..... Comment ne pas se poser devant un tel spectacle ?!!!! C'est extraordinaire... En face de nous s'étalent tous les plus hauts sommets de l'Inde, étincelants de blancheur ! En face de nous une magnifique pyramide blanche munie d'une épaule ne me trompe pas : Assurément, c'est le Nanda Devi et ses plus de 7800 mètres ! Vers l'Est, dans le lointain nous distinguons deux autres massifs tandis que vers l'Est s'étale sans interruption une longue
et infranchissable barrière de glace. Je suis au paradis !!!!
Le temps est extrêmement clair et encore une fois la première impression est que les Alpes peuvent offrir par endroit des vues toute aussi majestueuses et impressionantes. Mais en regardant la carte je note que nous sommes à une quarantaine de kilomètres à vol d'oiseau c'est à dire grosso-modo à la même distance que les hauts sommets pyrénéens vus de Pau... Ah oui mais alors là ça change tout !!! Ce que nous avons devant les yeux est absolument monstrueux et nos chères Pyrénées ne sont que de sympathiques collines et nos Alpes de gentilles montagnettes ! Si l'on prend le temps d'analyser un minimum le paysage et de considérer les distances, effectivement, tout celà est titannesque ! Et accessoirement je note que le sommet qui domine Ghat doit constituer un belvédère fantastique sur tout celà...
Nous marchons depuis 1/4 d'heure et déjà nous en avons pris plein les yeux ! Nous reprenons notre chemin le long d'un petit sentier superbe bordé de petits murets de pierre plein de charme, parfaitement entretenus, témoignant de leur utilité pour les habitants quand les notres s'écroulent chaque année un peu plus sous le poids de leur désormais inutilité. Je note également que le sol est très friable et suppose que par temps de pluie tout celà doit se transformer en une glaise épaisse et en une véritable patinoire. Cette friablilité
additionnée à un traffic intense ont transformé le sentier en un profond sillon parfois haut comme un homme !Et à propos d'homme en voici un qui débarque : c'est un vieil homme qui transporte sur son dos un chargement de bois qui ne doit pas être des plus légers !!! Un petit "Namasté" ne reçoit qu'une timide réponse tant notre forçat est concentré à supporter son fardeau et c'est quand il passe à notre hauteur que nous notons que le tout est arnaché avec un bout de corde qui doit lui cisailler les épaules et que pour couronner le tout, notre héros va pieds nus sur ce sentier de montagne ! C'est ce que j'appelle un vieux chibali bien rustique ! Respects...
Le long de cette merveilleuse crête nous allons de bosses en bosses découvrant à chaque mouvement de terrain de nouveau sommets toujours plus loin vers l'Est dont une ma-gni-fique pyramide à 3 faces, parfaite, uniformément blanche ! J'en tombe illico amoureux même s'il est trop loin pour être photographié avec succès. Tout au bout, les sommets les plus à l'Ouest marquent assurément la frontière avec le Népal et le Tibet tout proches... Des noms qui suffisent à transporter nos rêves vers de futurs voyages...
Enfin nous parvenons à un petit sommet qui avoisine les 22OO mètres, où la vue est plus somptueuse que jamais ! Mieux : nous avons la surprise (et l'indiscible bonheur) d'y découvrir un petit autel aménagé au pied d'un arbre probablement sacré ? Une petite statuette kitch, des traces d'encens et des offrandes dont une sacrée collection de peignes ! Les hindous semblent très soucieux de la
toilette matinale de ce Dieu à moins ce que ce ne soit une manière de lui suggérer de changer de coiffeur ??? Aux branches de l'arbre sont suspendues des sortes de drapeaux à prières ainsi que des cloches dont les plus petites veulent bien tinter timidement avec le vent ! Je crois que nous venons d'atteindre le Nirvana : cet arbre plus ou moins votif, la vue sur cette merveilleuse chaîne de montagne et maintenant derrière nous des crêtes à perte de vue vers lesquelles descend une petite croupe herbue, à travers champs, pour rejoindre le petit hameau que nous avons aperçu en montant. Nous décidons donc de quitter notre crête pour nous diriger au jugé vers ce hameau... Après avoir franchi acrobatiquement une épaisse clôture de branches entremêlées nous nous retrouvons au milieu d'un réseau de terrasses aux hautes herbes sèches prêtes sans doute à être moissonnées, aussi faisons nous tout notre possible pour nous en écarter et pour éviter de saccager le fourrage. Nous
atteignons ainsi une première maison en pierre mais elle est déserte, tant pis, nous descendons plus bas. D'autres maisons sont là et la vue de quelques vaches ainsi que le son de voix nous apprend qu'il y a bel et bien de la vie par ici. Nous nous trouvons bientôt à passer derrière un homme occupé à couper du bois mais il ne nous calcule pas, je crois qu'il ne nous a même pas vu... Et au détour d'un virage nous découvrons un petit hameau bucolique posé juste sous une paisible petite crête, maisons de pierre ou de pisé avec toit en chaume, bien sûr les terrasses des cultures tout autour (mais rien de vert n'y pousse pour le moment, ça semble vraiment être la période de moisson des herbes sèches). Pas de route, même pas de piste, juste un large sentier de montagne qui mène à Gwaldam dans un sens et Dieu sait où de l'autre... C'est un petit village ultra reculé, isolé de tout, bien sûr pas d'électricité, d'eau courant et tutti quanti... Et pourtant c'est vivant ! Nous entendons des voies joyeuses et voyons un groupe de femmes qui s'activent ! C'est irréel.
Comment résister à l'envie de nous approcher ? Impossible... Et c'est parti ! Arrivés aux premières maisons nous passons à côté d'un
groupe de gamins (de 5 à 8 ans à vu de nez) munis de faucilles et qui ont visiblement reçu pour mission de couper des herbes sèches... Et Ils le font ! Enfin..... Disons qu'ils sont surtout occupés à faire des galipettes, à se sauter dessus et à chahuter ne se souvenant qu'en de rares moments leur mission principale. Et lorsque cela leur revient en tête, 2 coups de faucille suffisent pour leur redonner suffisamment bonne conscience pour se rejeter dans une quelconque mêlée ! Nous passons à moins de 10 mètres et pas un ne nous verra !
C'est un peu plus loin que nous arrivons au dessus de la maison et de la terrasse où s'active le groupe de femmes. Elles sont une bonne dizaine. Certaines grattent le sol tandis que d'autres chargent des paniers sur leurs têtes pour aller les vider plus loin, le tout dans une indéniable gaieté. Elles ont l'air heureuses ! Quelle vision surprenante encore une fois ! - Bien sûr nous ne passons pas inaperçus et les regards se tournent subitement tous vers nous avec de larges sourires tandis que les éclats de voix se font plus aigus ! Nous leur faisons des salutations lointaines auxquelles elles
nous répondent avec empressement. Il semblerait que les touristes soient tout sauf monnaie courante ici ! Tu parles... Quel touriste peut bien atterrir ici sinon deux pélerins partis au pif et qui ne savent même pas exactement où ils sont ? - Mais l'attraction est de courte durée et le boulot doit être urgent car après 1 ou 2 minutes tout le monde se remet à l'ouvrage.
Nous nous asseyons au bord du chemin pour une pause casse-croûte qui n'est en réalité qu'un bon prétexte pour pouvoir les regarder à loisir s'activer, gratter, remplir, vider, porter, verser, et recommencer... L'une d'entre elle me captive particulièrement car elle est la seule à porter son panier sur la tête sans l'aide des mains... Je brûle d'envie de m'approcher d'elles mais je n'ose pas. Mâlin comme un singe je le suggère à Marion qui n'ose pas non plus pour le moment mais je sais pertinemment qu'elle va finir par y aller... Et ça ne rate pas ! La voilà partie, elle franchit la barière ouverte et attaque la discussion ! Le boulot s'arrête de nouveau un attroupement se forme, j'en profite pour pointer moi aussi le bout du museau et lance sur le champs l'atelier photo ! - Que dirions nous en France si tandis que nous jardinons tranquillement dans notre jardin des indiens entraient pour nous prendre en photo ? C'est pourtant exactement ce que nous sommes en train de faire ! Alors que nous pousserions sans doute de hauts cris, elles se montrent ravies et curieuses, acceptent volontiers l'expérience et rayonnent de joie lorsque nous les leur montrons sur l'écran LCD. Que craignons nous donc dans nos bouts de jardins ?... Croulant sous les informations et les moyens de communications nous sommes devenus des sociétés autistes, fermées et craintives... Ils sont loin de tout, n'ont accès à rien et sont ouverts, chaleureux et accueillants! Cherchez l'erreur....
Mais le travail les appelle et déjà elles reprennent leur ouvrage. Encore quelques photos et nous nous retirons , repassons la barrière et atterrissons sur le sentier sur lequel arrive juste à ce moment un jeune. Il baragouine anglais et engage la conversation ! Il a visiblement des problèmes avec les distances car il nous annonce que son village est à 500 mètres et 3O minutes de marche tandis que Gwaldam serait à 30 minutes aussi (nous mettrons 1h30 sans traîner...). Les femmes se mettent alors à brailler à son attention et il leur répond, il nous explique ensuite qu'elles sont fascinées par les cheveux blonds de Marion et ne savent pas comment je peux être brun et elle blonde.... Nous quittons notre jeune homme qui file vers son village (les chèvres ont pris de l'avance!!!) tandis que nous prenons le chemin du retour vers Gwaldam en saluant les femmes du bras au fur et à mesure que nous nous éloignons. Marion doit subitement être pressée car elle fonce passant sans s'arrêter devant une
cabane où un berger rentre ses bêtes mais a quand même le temps de me signaler un oiseau tout bleu tandis que je m'émerveille sur un autre tout rouge ! Et on repart, les cuisses sont désormais dans le orange foncé ce qui tombe bien mal car une méchante grimpette nous attend... En pleine bavante nous y croisons un groupe de femmes parlant fort et portant de grosses charges de feuillages, et qui se foutent royalement de nos "Namasté" ! lol...
Un peu plus loin, au détours d'un virage, nous tombons nez à nez avec un homme très souriant qui s'exclame en voyant Marion et ses cheveux blonds :"j'ai vu une déesse !" Il est hilare et arbore un gigantesque sourire... Marion est tellement occupée à foncer tête baissée qu'elle ne le remarque presque pas et passe son chemin, elle me dira plus tard qu'elle aussi étant claquée elle n'avait plus qu'une préoccupation, rentrer. Le petit vieux la regarde s'éloigner et je crois déceler de la déception dans son regard qu'elle ne se soit pas arrêtée, comme je suis quelques mètres derrière je le salue le plus chaleureusement et joyeusement possible pour compenser. J'espère qu'il ne nous en aura pas trop voulu... Encore un peu plus loin deux femmes sont en train de creuser un énorme trou au milieu du chemin. Que font-elles ? Nous ne le saurons jamais car nous effectuons une manoeuvre de contournement pour éviter les crocs d'un sale clébard agressif qu'elle retiennent de la voix.
Enfin, après avoir croiser des écoliers qui rentrent probablement dans leurs villages par le sentier nous arrivons à Gwaldam que nous
atteignons, après avoir traversé une décharge et le coin chiotte, par une petire ruelle dégueulasse où des vieux jouant aux cartes sont hilares et joyeux de nous saluer. Nous voilà sur la place. Nous récupérons nos sacs à dos au troquet avant de nous mettre en quête d'un hôtel que nous avons tôt fait de trouver.
Un vrai délice, une petite batisse toute neuve, des chambres
impeccables (on aurait même pu dormir dans les draps, c'est dire !!!). - Nous retournons immédiatement au troquet pour y prendre notre repas avant de nous précipiter à un point de vue pour nous délecter du coucher de soleil sur le Nanda Devi ! Les photos sont de mise mais comme je veux faire du style en jouant avec l'appareil je rate la meilleure lumière et foire les photos...
Retour à l'hôtel. Encore une extraordinaire journée, encore des paysages fabuleux, encore des rencontres inoubliables... Et demain ? Qu'est-ce qui nous attend encore ?!!! La journée a été bien remplie et nous pouvons nous endormir. Bonne nuit....
Et bien non ! On frappe à la porte ! C'est le patron de l'hôtel, un client a fait allumer un grand feu devant l'hôtel et un groupe d'une bonne dizaine de personnes est autours : nous sommes invités à venir partager ce moment avec eux pour le nouvel an ! Et oui on finirai par oublier la Saint Sylvestre avec tout ça!!!!!!!!! Nous quittons donc nos duvets et nous rhabillons pour rejoindre les convives. Ca sent le traquenard et ça ne rate pas : on nous invite à la danse indienne ! Ah les vaches... Marion parvient à esquiver et je m'en tire avec deux ou trois déhanchés ravageurs dont j'ai le secret ! Notre client indien organisateur est un type bourré de fric qui fait un petit voyage avec sa famille et son "boy". Si nous ne pouvions pas échapper à la danse avant la fin de la soirée il nous ôte tout complexe tant il danse lui même de manière décousue. Sa fille se débrouille nettemnt mieux, elle confiera à Marion qu'elle suit des cours. Ils sont déjà allés 3 fois en France et connaissent Bordeaux ! S'engage donc une grande discussion, Marion avec la fille et moi avec le père... Il est très gentil mais en vérité il m'exaspère. Tout n'est que prétexte à parler de lui, d'étaler son pognon, d'occupe l'espace et la scène. Son boy obéit au doigt et à l'oeil, au claquement de doigts, je n'aime pas trop cette façon de faire non plus. Et comme il faut absolument qu'il soit le clou du spectacle il réclame le silence pour pousser la chansonnette. Pour finir je n'échappe pas à une interminable expos photos, presqu'exclusivement des photos d'oiseaux, certes très belles... Mais 600 photos de piafs, croyez moi, c'est une épreuve, surtout quand ça dure 30 secondes par photos !
Marion qui a discuté toute la soirée avec la fille a passé une bonne soirée. Pour ma part c'est plus mitigé car si cette ambiance sympa autour du feu était super, si nous avons pu regarder les jeunes danser avec fougue les danses locales. J'avoue cependant que la sénace photo m'a tué. Mais bon, par bonheur son téléphone a sonné et j'ai pu en profiter pour me sauver et rejoindre Marion pour me glisser dans mon duvet. Bon sang! C'est que ça pelait dehors!!!
Cette fois-ci nous pouvons dormir...
Nos montres sonneront néanmoins toutes les deux à minuit. Nous avons eu la même idée pour nous souhaiter la bonne année ! Et nos pensées n'ont pas oublié de se tourner vers tous les gens qu'on aime pour la leur souhaiter aussi.
14 février 2007
Une inoubliable randonnée dans la vallée de Ghat (30 décembre 2006)
La nuit a été froide dans notre chambre de Nandprayag, mais bien couverts nous avons passé une excellente nuit. Il est 7 heures du mat' et nous plions nos sacs pour la journée. Aujourd'hui nous partons enfin en randonnée dans la vallée de Ghat toute proche. Je ne vous cache pas que je suis impatient, rêvant déjà des colossaux sommets blancs d'austérité qui m'attendent. Mais avant de partir nous achetons des bananes en guise de petit déj' que nous engloutissons en descendant à pied jusqu'au pont de la veille (cf. article précédent) puisque c'est de là que part la route de Ghat et de Mana, ce dernier étant le village que nous avons choisi comme point de départ... Une fois arrivés au-dit pont il nous aut chercher une jeep, ce qui est aisé sauf qu'il faut attendre qu'elle se remplisse pour pouvoir partir. Ca prendra près de 2 heures à poireauter au bord de la route où il ne fait pas chaud.
Un type, 20 à 25 ans
en chaussures de ville + veste de survêt' décorée d'un faux blason de je ne sais plus quel sommet de 6000 mètres en profite pour nous proposer ses services de guide en montagne ! Il a l'air d'un sacré rigolo celui-là et il a autant l'air d'un guide de montagne que moi d'un petit rat de l'opéra de Paris !... Ahlala. ils ne doutent de rien les types...
Nous sommes toujours occupés à faire le pied de grue le long de la route lorsqu'un groupe d'hommes arrive des montagnes ! C'est l'occasion de la première scène hallucinante de la journée !!! Les 4 premiers portent aux quatre coins une sorte de brancard tandis que tous les autres (toujours pas la moindre femme à l'horizon, c'est vraiment étrange ce village...) portent de grosses branches et morceaux de bois. Ce n'est qu'une fois qu'ils sont arrivés à notre hauteur que nous voyons sur le brancard le corps d'un homme emmailloté comme une momie dans un linceul orange ! Ils descendent de je ne sais quel village avec le cadavre d'un type passé de vie à trépas (comme on dit dans les romans au style bien léché !)... Nous aurons plus tard l'explication : ces hommes transportent le défunt jusqu'au Gange (ils ne sont pas arrivés les types !) pour procéder à sa crémation et disperser ses cendres dans le fleuve sacré !!! Les hommes qui suivent portent leurs plus belles bûches qu'ils vont offrir au défunt pour le rotir à point ! Et s'il n'y a pas de femmes dans ce cortège c'est tout simplement parce que la cérémonie de la crémation est interdite aux femmes... Le cortège passe sans s'arrêter, la scène disparait comme elle est apparue et nous revoilà plantés au bord de la route... Quel pays étonnant tout de même ! Il se passe sans cesse un truc hallucinant y compris dans cet endroit reculé au coeur de l'Himalaya !
La scène était tellement éberluante que nous n'avons même pas songé à prendre une photo...
Et puis presque d'un coup, comme s'il y avait un horaire la Jeep se remplit et nous démarrons enfin, serrés comme des sardines, pour remonter cette longue vallée par sa route défoncée ! A peine sommes nous partis que Marion aperçoit un vol de perroquets verts et jaunes mais je suis dans l'impossibilité de bouger coincé que je suis entre deux sortes de putois, et je ne peux donc pas les apercevoir... Quelques minutes plus loin nous sommes cette fois stoppés par un camion en travers de la route ! Il a crevé et ne peut plus bouger. Ni une-ni deux, tout le monde descend pour le pousser et le tirer puis pour lui changer sa roue ; et une fois fait ça remonte comme si de rien n'était et on repart... Nous traversons quelques petits villages où les maisons en torchis commencent à céder la place aux premières maisons de pierre qui rappellent un peu celles de nos chères Pyrénées !... La jeep chargée ras la gueule ne pourrait même plus contenir une tête d'épingle supplémentaire ? Qu'importe ! on charge de nouveaux passagers : un sur le toit, trois autres sur le pare-choc en s'accrochant à ce qu'ils peuvent et le tour est joué ! Je fais le décompte, nous
sommes à 18 dans (et sur) une jeep.. Elle doit en chier la pauvre !... Les paysages sont extraordinaires avec cette vallée encaissée et vaste à la fois, ces hameaux plantés de pars et d'autre sur les flancs de la montagne, ces terrasses des rizières qui s'étagent autour, mais toujours pas de hauts sommets enneigés... Ce sont des images dont je rêve depuis longtemps et les voilà qui se dévoilent à mes yeux en extase !
Après près d'une heure de route pour accomplir 20 km de route de montagne nous arrivons enfin à Ghat. Après une petite embrouille avec le chauffeur au moment du paiement et sous les moqueries des autres passagers, nous nous éloignons par les ruelles du village. Première constation : ici, ce n'est plus la misère. Pauvre, oui ! Mais pas miséreux comme à Amritsar ou dans les bidonvilles de Dehra Dun, Haridwar ou Rishikesh... A ce demander ce qu'ils vont chercher en s'exhilant là-bas, ne sont-ils pas mieux ici ??? Nous remarquons qu'ici non plus, il n'y a quasiment pas de femmes.... Mais qu'est-ce qu'ils en font ? Ils les bouffent ou quoi ?!!! - L'explication est plus simple mais malheureusement moins "croustillante" : les hommes sont bien visible au village tout simplement parce qu'ils ne foutent rien ! Les femmes, elles, bossent comme des damnées dans les rizières ! Que c'est beau beau un pays qui a su conserver ses plus belles valeurs !!! Dans cette ruelle de Ghat que nous descendons nous sommes assurément une attraction, et les enfants qui jouent dans l'encadrement d'une porte interrompent leur jeu le temps de notre passage captivant, nul doute qu'il reprendra bien vite une fois l'aventure contée à la maison ! C'est ainsi que nous atteignons la sortie du village à l'endroit prècis ou une troupe de femmes arborant de gros et rutilants bijoux et d'enfants archi dégueulasses, les cheveux dressés sur la tête figés qu'ils sont par la crasse, et ténèques pendantes (je ne sais pas ce que c'est, c'est un mot à Marion...) semblent faire une pause au bord d'un chemin. Tous sont munis de paniers : ils sont visiblement là pour bosser.
Comme il est trop tard pour monter à Mana, je propose de redecendre jusqu'à Nandprayag à pied par les sentiers, aussi nous enquillons un chemin qui part à flanc et s'élève au dessus de Ghat et de ses rizières. Un chemin sur lequel nous croisons parfois du monde comme cet homme en souliers vernis... Image décalée et insolite... Comme ces enfants
qui mènent leurs vaches je ne sais où et qui nous regardent passer comme si nous étions des extra-terrestres. Le chemin débouche sur un morceau de route goudronnée où un groupe de femmes toujours munies de paniers fait une pause : notre arrivée est une attraction majeure et elles sont heureuses de poser pour la photo ! Plus loin c'est une gamine qui est assise avec son panier au bord de la route. Bien sûr je la prend en photo avant de lui montrer le résultat sur l'écran LCD. Ce n'est pas un mince évènement et c'est avec un regard halluciné et incrédule qu'elle se voit dans l'écran. Intimidée elle ne dit pas un mot mais en partant je la vois se tourner vers sa mère avec un regard excité et émerveillé ! Nul doute que ça alimentera les discussion du prochain repas !
Plus loin deux fillettes perchées sur un rocher pour surveiller leurs vaches nous surplombent et nous regardent en rigolant tandis que nous demandons notre chemin à un petit vieux croisé sur le sentier. Tranquille, celui-ci nous explique lae cheminement à suivre avec force détails par une longue
tirade, assurément convaincu que les occidentaux comprennent sans peine l'Indi... Nous acquiessons mais n'avons évidemment rien pipé... Nous nous contentons de prendre la direction indiquée par son bras, on redemandera plus loin ! Et plus loin, c'est l'arrivée à un petit hameau ravissant, planté là au milieu des rizières, à deux pas de la rivière, avec des toits de chaume. Quelques centaines de mètres avant nous tombons sur un groupe d'enfants qui nous regarde arriver les yeux éberlués. Comme nous choisissons de faire une petite pause casse-croûte, ils en profitent illico pour filer au triple galop sonner l'alerte au village !!! Des occidentaux avec de grosses godasses et des sacs sur le dos, voilà qui n'est pas banal ! Amusés, nous les regardons dévaler vers les maisons que nous dominons où il n'y avait quasiment personne ; et voilà que ça sort de partout, les regards tournés vers nous. Et lorsque nous reprenons notre marche tout le village a miraculeusement trouvé un truc importantissime à faire sur la place principale où un bébé traîne les pieds dans la merde en jouant avec des grains de riz ! Nous les saluons d'un petit "Namasté" dont nous avons le secret et auquel ils nous répondent gentillement lorsqu'un jeune homme déboule... Son escorte de gamin prouve qu'on a été le chercher dare-dare ! Nous comprenons vite pourquoi : il parle anglais !
A l'émerveillement des enfants et à l'ambiance générale, il est évident que ce n'est pas tous les jours que des occidentaux passent ici. Forcément : ce village (Bijar) est loin des grands itinéraires de trek !!! - Nous sommes immédiatement conviés à prendre le thé ce que nous acceptons avec plaisir (mais aussi avec crainte : quel breuvage peut-être cauchemardesque allons nous devoir absorber en souriant ?). Une femme courre donc dans la maison dont nous apercevons les escaliers intérieurs en pisé et en ressort avec son plus épais tapis ornés de "ravissantes" fleurs roses et bleues afin que nos augustes et délicates petites fesses ne reposent pas sur la murette ! Une autre pendant ce temps a été dénicher un paquet de biscuits, probablement réservé aux grandes occasions ! Nous en mangerons un chacun pour y faire honneur sans enlever ces gateries de la bouche des enfants ! Enfin une troisième va tirer du lait au pis d'une vache car en Inde, sauf mention contraire, on sert le thé dans du lait... Marion a un peu de mal (elle n'aime pas trop le lait) mais prend sur elle. Pour moi le lait est un peu fort mais ce n'est pas mauvais... Tout à notre dégustation nous prenons tout ce beau monde en photo avant d'en montrer le résultat aux enfants alignés sur la murette et sages comme des images. Puis nous prenons leur adresse en leur promettant de les leur envoyer les photos ce qui les ravit doublement ! Et là, incroyable, un des indiens sort son téléphone portable (Pas possible ! Ca passe ici ???!!!) et à son tour nous prend en photo... Rires. Les discussion avec l'interprête portent sur notre nationalité, notre travail, notre itinéraire, etc... C'est nous les touristes mais c'est nous qui assouvissons leur curiosité. Pour notre part nous les questionons sur le riz qui sèche dans un coin et qu'ils battrons avec des battoirs à main, c'est le moyen de subsistance des villages de montagne avec l'élévage. Il sert à leurs propres besoins et aussi à ramener un peu d'argent dans les chaumières...
Mais nandprayag est encore loin et il nous faut partir, aussi nous remercions chaleureusement nos hôtes et quittons le village sous le regard de toute cette troupe que nous ne sommes pas prêt d'oublier. Juste à la sortie une petite fontaine dont la bouche est sculptée en visage humain précède les rizières découpées en terrasses, étagées au gré du relief et parcourues par tout un réseau de petits canaux d'irrigations en pierres qu'on ouvre ou ferme en fonction des parcelles que l'on veut alimenter. Nous notons que tous les canaux sont méticuleusement entretenus : pas un brins
d'herbe, pas un bout de bois, ce qui témoigne de leur importance pour la communauté villageaoise. Marcher à travers les rizières est un enchantement par leurs couleurs éclatantes qui déclinent toutes les nuances de verts les plus lumineux. Des arbres magnifiques ajoutent au décorum et son chargés de meules de foins suspendues. On nous expliquera que celà permet au foin de ne pas pourrir lors des pluies de la mousson puisque l'eau ne stagne pas dans le foin mais s'écoule par en dessous.
Au hameau voisin où la ruelle principale sert également de canal d'irrigation, nous avisons une vieille dame passablement défraîchie qui se jette sur son peigne lorsqu'elle nous voit et refuse d'être prise en photo... Coquetterie féminine ou réel désir de ne pas être prise en photo ? Mystère mais le comportement de sa collègue qui a notre approche s'est carrément planqué dans la maison nous fait pencher pour la seconde hypothèse. - Nous dépassons ce hameau et
atteignons le suivant où la tête d'un buffle émerge d'une maison d'habitation ! Ici tout le monde se précipite, tous sourires dehors, et nous sommes conviés à prendre le bébé en photo ! Mais le pauvre bambin font en larmes dès qu'on l'approche de nous ! C'est dans ce village que j'observe sur les murettes des rizières des escaliers "à la corse", des pierres intégrées à la murette mais qui en dépassent pour former des marches !
N'oublions pas que le tout s'insère dans le décor fantastique de cette profonde vallée verdoyante où s'étagent les terrasses de tous côté. Il fait un temps magnifique, les rencontres sont fabuleuses ! Quel bonheur !!! C'est dans cette contemplation extraordinaire que nous atteignons un nouveau hameau où des enfants qui jouaient nous accueillent de tonitruants "hello" tandis que leurs mères font la lessive dans le ruisseau, encore des images d'un autre temps ; ils sont surexcités et ne nous lachent pas des yeux, ni des semelles d'ailleurs. C'est alors que nous croisons sur ce même chemin un vieillard chaleureux qui engage la conversation en anglais ! Il est lui aussi visiblement ravi de nous rencontrer et fier de montrer aux enfants qu'il
parle anglais avec des étrangers ! Nul doute que les langues des enfants sauront raconter cet exloit dans les maisons du hameau et que ça ajoutera de la respectabilité au vieillard s'il en éait besoin !!! L'homme se montre très ouvert et souriant, sympathique en diable, curieux... Il nous questionne, veut voir notre carte et notre parcours, connaître notre pays, notre age. Pour sa part il est très fier de me dire qu'il a plus de 80 ans et qu' il est en forme ! Je crois qu'il me dit qu'il a été en Europe (mais je ne suis pas sûr d'avoir bien comprisavec cet accent !!!) et je me dis que vu son age, peut-être était-ce pour y faire la guerre ??? Nous nous quittons non sans nous être chaleureusement serré la main et c'est sous un concert de "good bye madam" des gamins que nous nous éloignons en les saluant de la main pour leur plus grande joie.
Nous poursuivons encore notre chemin et passons au dessus d'une ferme où de femmes sont affairées et comme partout il suffit que nous levions la main pour obtenir nous aussi des salutations ! On s'arrête de travailler juste le temps de nous voir passer et on prend la pause si jamais nous prend l'envie de les photographier ! Au dessus de nous tournoient de gros rapaces en larges cercles, je suppute que ce soit être une espèce de vautours, mais laquelle ?
Le chemin finit par filer dans un bois pour se perdre un peu plus loin. Nous pourrions traverser à flanc de montagne mais la pente est vraiment très raide, on risquerait de se retrouver en galère, aussi préférons nous rebrousser chemin et chercher un passage plus bas. C'est alors que nous grenouillons dans les kékés que nous tombons sur un homme perché dans un arbre... Apparemment nous ne l'intéressons pas car il ne nous adresse même pas un regard. Il est occupé à couper des branches vertes que sa femme ramasse et transportera Dieu sait où sur son dos ! L'homme s'est octroyé le beau
rôle ! - Nous lui demandons le chemin de Nandprayag mais sa réponse en Indi ne nous renseigne guère. Nous décidons donc de descendre jusqu'à la rivière au fond de la vallée en admirant le spectacle offert par le versant opposé où une petite vallée transversale très étroites et bordée de
terrasses domine un petit village tandis qu'un éperon rocheux qui le
surplombe accueille un petit temple blanc. Le tableau est superbe ! La rivière atteinte est quand même large (20 bons mètres) et profonde jusqu'à la taille... Sur l'autre rive des hommes nous disent que c'est un gué ! Certes nous pourrions traverser mais nous serions alors complètement trempés et le soir tombant amène la fraîcheur... Nous préférons chercher un pont... C'est ainsi que nous nous retrouvons à passer auprès d'un grand replat où des gamins jouent au cricket avec des bouts de bois en guise de batte et je ne sais quoi en guise de balle. Plus loin c'est un singe qui traverse à quelques mètres devant nous ! Quel dépaysement et quelle journée décidément !
Bientôt nous revoilà au coeur d'un réseau de terrasses splendide que nous remontons jusqu'à ce qu'un homme nous hèle. Nous l'attendons et une fois les questions habituelles satisfaites (nationalité, parcours, age...), l'homme qui ne quitte jamais son sourire le plus heureux
annonce qu'il veut absolument nous être utile ! "How can I serve you. What kind of help can I give you ?" insiste-t-il, "nous cherchons un pont !" Il nous explique qu'il y en a un juste à côté, un tronc jeté en travers de la rivière, mais il va être "too difficult for you". Aussi nous invite-il à le suivre pour rejoindre un vrai pont. Il nous laisse à hauteur d'une petite cabane en pierre en gueulant à qui veut l'entendre "I'm an indian man ! And indian men are happy !!!"... Quel luron celui-là ! Quel homme adorable aussi... La cabane est un moulin à eau et le bruit nous indique qu'il fonctionne,et effectivement la meule à l'intérieur tourne et est en train de moudre la farine de je ne sais quoi... Encore des images surgies d'une autre époque !!! Ca ne cessera donc jamais !
Enfin nous atteignons le pont suspendu et rejoignons la route. Il commence à faire fraîs et nous tendons le pouce. Aussitôt une jeep s'arrête : "how much ?" ; "No money. It's for pleasure". L'homme est l'ingénieur en chef de l'usine hydroélectrique qui se trouve plus bas et sa rencontre est encore une fois une aubaine. Il nous questionne un peu mais est surtout ravi de nous parler de son pays, de la vallée, de son boulot. Nous y gagnons la visite de son usine hydroélectrique après quoi il nous invite à prendre le thé accompagné de toasts et d'une omelette délicieuse. Nous y restons un bon moment à discuter et il est heureux de nous expliquer plein de choses sur l'Inde, l'hindouisme, nous parle de sa famille, de sa vie... Il est passionnant... En même temps une gamine espiègle de 6 ou 7 ans, la fille de son assistant, toute habillée de jaune nous explique les 1000 soucis et tourments que lui cause son petit frère, un dénommé Chibu qui est selon elle un vrai persécuteur !!! lol...
Finalement notre ingénieur nous montre ses photos sur son ordinateur avant de nous inviter à manger et même à dormir ! Nous devons malheureusement décliner l'invitation car toutes nos affaires sont restées à la Guest-House. Il comprend et nous invite si nous revenons
un jour ici à lui rendre visite,il sera heureux de nous accueillir et nous héberger ! Puis il nous donne son adresse e-mail pour rester en contact. Il commande alors à l'un de ses employés de prendre la jeep pour nous ramener jusqu'à Nandprayag et à notre guest-house.
Arrivés là nous devons attendre la fin de la prière du patron pour pouvoir récupérer nos clés de chambre et nous filons à la cantine. Cette fois-ci nous prenons l'autre gargote et y mangeons encore très bien sous les attentions redoublées du jeune qui tient cette "affaire". L'ingénieur nous a expliqué que les hommes ne foutaient rien et avaient généralement une gargote ou une petite échoppe pour tuer le temps tandis que les femmes s'échinaient dans les champs avant de rentrer pour s'occuper de la maison, des repas, des gosses... Un véritable esclavage !!! Sans compter qu'elles sont aux ordres de la belle-mère et corvéables à souhait ! De véritables esclaves ! - Au milieu du "resto" trône un lavabo où l'on peut se laver les mains après le repas : c'est original... Moins cependant que le type qui s'y lave carrément les dents avec son doigt !
Est-il bien utile de préciser que cette journée est de loin la plus belle, la plus riche, la plus intense, la plus magique de tout notre séjour ! Des paysages somptueux, des scènes incroyables, des rencontres inoubliables, des moments extraordinaires... Vivement les suivantes !
En route pour l'Himalaya : en route pour Nandprayag (29 décembre 2006)
Avec ces deux journées mémorables à Rishikesh nous clôturons sans le savoir une sorte de première phase de notre voyage. Le départ vers Nandprayag nous propulsera en plein Himalaya et c'est alors un tout nouveau voyage qui débutera.
Hier soir (j'ai oublié de le raconter !), juste avant de regagner notre hôtel nous avons voulu aller à la gare ferrovière pour réserver le train de retour pour Amritsar... Rikshaw jusqu'à la ville non touristique, et déambulations infructueuses dans tous les sens pour trouver cette satanée gare, pas deux indiens pour nous indiquer la même direction, nous serons contraints de prendre un autre rikshaw (conduit par deux gamins !) pour aller à la gare... Là, un vrai sketch ! Après avoir fait la queue à un guichet nous tombons sur un type aux dents totalement pourries qui nous envoie à son collègue d'à côté. Re-queue, le type ne comprend rien et nous renvoie au premier guichet... Re-queue pour qu'on nous renvoie au guichet précédent où le guichetier se débarrasse de nous en affirmant sans rien regarder que tout
est complet... Bref, la SNCF indienne, c'est quelque chose...Tant pis ! Nous résolvons le problème simplement : le trajet de retour se fera en bus, na !!!!... Et d'ailleurs à propos de bus, nous voilà donc dans un rikshaw qui nous amène au bus qui nous mènera demain à Nandprayag. C'est le petit matin, le brouillard commence à se lever sur le Gange offrant une superbe ambiance... Nous atteignons sans encombres notre bus : pas de surprise, c'est un tout pouri, une épave à roulettes... Comme nous en avons pris l'habitude nous prenons place sur la banquette latérale de la cabine de pilotage. Mais le départ n'est pas pour tout de suite et nous devons d'abord supporter une bonne femme qui mendie dans le bus. La technique consiste comme toujours à s'incruster en nous parlant tout doucement et en nous touchant ou tirant la manche. Au bout de 30 secondes c'est déjà insupportable !!! Sauf que ça dure 5 minutes même si nous essayons de l'ignorer complètement. Finalement le chauffeur la vire ! Ouf !!! Tranquilles... Et bien non, la voilà qui se met à la fenêtre et qui reprend de plus belle. Cette fois-ci on lui explique bien que c'est "non", mais peu importe, elle insiste ! Nous fermons la fenêtre ? Croyez-vous que ça la fait renoncer ? Elle la ré-ouvre, une fois, deux fois, trois fois pour pouvoir s'aggriper à mes manches... Je suis obligé d'employer la manière forte en refermant la fenêtre violemment lui laissant à peine le temps d'enlever ses doigts !
Illico elle rouspète et me maudit jusqu'à la 15ème génération (au moins...). Ca aura duré 1/4 d'heure avant qu'elle ne nous lache... A peine débarrassé de celle-là c'est une gamine qui prend le relai et s'aggripe à mes manches. Mais là, ma capacité à supporter ce harcèlement est usée et pour la première (et dernière fois) je la vire carrément du bus... Je n'en suis pas très fier, il faut bien le dire, mais bon, vraiment ils ont le chic pour vous faire enrager... Ca : c'est le côté obscur de l'Inde...
C'est donc avec bonheur que nous démarrons... Encore une bonne dizaine d'heures de bus en perspective mais quelle route !!! C'est tout simplement magnifique ! Cette fois-ci nous sommes vraiment dans les montagnes ! Et voici les premières cultures en terrasses avec ces femmes aux couleurs châtoyantes qui y travaillent, sur les bords de la route des macaques partut, qui alternes avec des femmes chargées comme des mulet (des charges impressionantes !) de feuilles, de branches... Sur quelle planète sommes nous tombés ? A une étape un couple et
ses deux enfants montent, la femme s'installant à côté de mois. Elle est enceinte et passera le plus clair de son temps à dégobiller par la fenêtre !!! Nous remarquerons plus tard que la plupart des bus sont décorés aux fenêtres de superbes traînées de vomi séché sous les fenêtres !
ET toujours ce défilé de paysages magnifiques ! Des vallées assez encaissées qui feraient plus penser aux étroites vallées pyrénéennes qu'aux larges vallées alpines... Même si bien sûr ça ne ressemble ni aux Pyrénées, ni aux Alpes ! Le fond de vallée est d'une large rivière : le Gange, de laquelle surgissent des pentes abruptes, plutôt vertes et parsemées de villages entourés de cultures en terrasses. L'observation nous apprend que dans tous les sens partent des sentiers ! Nous le saurons : où qu'on soit, il y a des sentiers partout pour aller partout ! En Inde, croyez moi, on peut improviser complètement ! Le cour du Gange est magnifique avec cette succession de méandres et de rapides pas trop méchants :assurément un must pour le raft comme le confirment la présence de plusieurs bases nautiques.
Nous finissons par quitter le Gange pour suivre d'autres vallées toujours étroites, peuplées des même singes et des même indiennes chargées comme des mules... Je ne le répèterais jamais assez : les paysages sont merveilleusement beaux ! Le bus trace son chemin sur
ces routes en bien meilleur état que nous ne l'aurions supposé ! LA route est souvent en corniche et les croisement sont parfois angoissants car en cas de loupé c'est direction le Gange, le ravin, bref... Pas besoin de faire un dessin ! - Sur les bords de la route je note avec étonnement que les sentiers de montagne sont largement bétonnés (au moins aux abords de la route) et sont le plus souvent pourvu d'un petit porche qui en montre l'entrée, tandis que des panneaux indiquent quels villages ils desservent. Problème : il faudra apprendre l'indi si vous compter les déchiffrer !!!! C'est fou ! Ces chemins indiqués comme des routes trahissent la présence de tant de villages perdus dans les replis de ces montagnes gigantesques, de toute une vie que nous traversons sans le voir... Pour le moment du moins ! Tous ces départs de sentiers ne sont-ils pas chargés de mille mystères et ne sont-ils pas des invitations à les emprunter pour aller voir les merveilles qu'ils dissimulent ?
Bien entendu nous traversons de temps en temps de petites villes qui ont un tout autre air que les grosses villes traversées jusqu'à présent. C'est plus paisible, moins grouillant mais toujours pauvre quoique peut-être un peu moins ? Je ne sais pas. EN tout cas ça respire quand même moins la misère. Nous écarquillons les yeux tout le long du voyage tant ce que nous découvrons est dépaysant et attirant. Mais ça a beau être magnifique, quand même, au bout d'un moment ça devient éprouvant. Or voilà justement qu'enfin le bus s'arrête ! Ca y est nous
sommes arrivés ! Ouf !... Et bien non. Nous ne sommes qu'à Karnaprayag où nous devons changer de bus. et là, surprise : c'est un bus tout neuf !!! Ô joie ! Enfin un peu de confort pour terminer... Cruelle erreur : en Inde, avoir un bus neuf est synonyme d'avoir un nouveau jouet ! Et c'est à un véritable rallye que nous avons droit, le chauffeur conduit comme un malade testant la puissance et l'efficacité de ses freins en toute occasion ; et pour tout dire je n'ai pas encore bien compris comment nous n'avons pas visité le lit de la rivière.. CA fait donc du bien quand on descend définitivement... L'endroit est du genre sordide. Dans un fond de vallon austèreet sombre, un pont, 3 échoppes moisies, 4 jeeps et quelques hommes dont pas un ne comprend l'anglais. Un hôtel ? Rêve toujours... Après qu'un type ait essayer de nous arnaquer une quantité consécantes de roupies pour nous emmener au "vrai village" (car nous avons finalement appris qu'il y en a un à 1km) nous embarquons dans une jeep qui nous y mène pour 10 roupies... Voici Nandprayag ! Nous sommes arrivés !
Nandprayag se résume à une rue bordée des deux côtés d'échoppes plus ou moins attirantess mais assurément crasseuses. Et là, au milieu de ce nulle-part, l'Etat d'Uttaranchal a aménagé un complexe de guest-houses en ferraille. Nous nous y rendons, remplissons les interminables formalités habituelles et découvrons notre chambre. Elle est plutôt pas mal et surtout propre ! Voilà bien un truc innatendu ! Par contre ça a tout d'un frigo ! la nuit s'annonce fraîche car nous sommes désormais à plus de 1000 mètres.
Mais avant de s'occuper des soucis de la nuit, occupons nous de ceux du soir ! Nous
posons nos sacs et partons en quête du dîner.. Le choix est restreint : nous avons le choix entre une gargote crade et une autre toute aussi crade. Résolument décidés à ne pas quitter l'Inde sans notre petite turista nous choisissons bien entendu la plus douteux des deux ! Les tables et les couverts vaguement lavés, le fourneau improvisé sur le trottoir, l'endroit est d'une rusticité folle, de même que les tenanciers d'ailleurs... Nous vérifions une fois de plus qu'en Inde, plus l'endroit semble douteux, plus nous mangeons bien ! C'est un vrai régal et les patrons sont adorables ! C'est pas tous les jours qu'ils ont des occidentaux à leur table je pense...
En revenant à l'hôtel Marion me fait remarquer qu'il n'y a pas une seule femme dans ce village. Et effectivement, il n'y a que des hommes... Etrange... Mystérieux... Comment se fait-il que ce village soit dépourvu de femmes ? C'est avec ce mystère non élucidé que nous regagnons notre chambre. A côté il y a un type qui braille... C'est le patron qui fait sa prière du soir... Nous, nous prenons une bonne douche bien chaude... Il est étonnant de trouver dans ce coin perdu une guest-house aussi chouette !!!
Nous préparons nos duvets par dessus lesquels nous disposons une grosse et loude couverture, c'est qu'il convient d'anticiper sur les températures de la nuit... D'ailleurs on se pèle déjà ! Nous nous couchons sur cette impression bizarre, ce village moche et austère, dépourvu de femmes, trop calme... C'est d'un glauque !!! Que sommes nous venus faire à Nandprayag ?!!!
C'était sans compter le lendemain !!!































