Le rendez-vous ouzbek

Partis vivre à Tashkent pour 3 ans, ce blog vous racontera nos aventures tant en Ouzbékistan que dans nos explorations des alentours... Récits détaillés et belles photos sont pour vous !

27 mai 2007

Une journée glandouille à Tchonk Aak Su

Seuls au monde au milieu de la vallée de Tchonk Aak Su, à quelques dizaines de mètres du premier lac, nous avons passé notre nuit dans le silence absolu de la montagne... Pas le moindre hurlement de loup pour nous tirer de notre sommeil et nous faire tendre l'oreille en fronçant les sourcils... C'est finalement une nuit en bivouac assez ordinaire que nous passons sous cette tente ! En clair : j'ai vu toutes les heures défiler sur ma montre jusqu'à minuit, puis j'ai trouvé un semblant de sommeil avant un réveil très matinal le clairon étant sonné par des oies sauvages qui passent et repassent au dessus du lac. Au petit matin on ressnt une légère fraîcheur mais à l seconde où les premiers rayons de soleil atteignent le nylon de notre abris la chaleur nous sort de nos duvets et bientôt de la tente. Ziiiiiip ! Nous faisons jouer la glissière et la porte s'ouvre. - Pas la moindre goutte de condensation sous le double-toit, du jamais vu ! - Premier regard vers l'extérieur pour constater que décidément oui, nous sommes au paradis ! Le vert tendre est partout surmonté du blanc immaculé des sommets, le soleil a déjà largement envahi les pentes des montagnes, pas un souffle de vent, pas un bruit en dehors de celui des oies sauvages et du torrent qui dévale vers le lac. Nous regardons sans un mot notre environnement avec cette incroyable et fugitive idée que nous sommes précisément là, ce point invraisemblable de la mapemonde... La traditionnelle première opération matinale du bivouaqueur ne changera jamais : étaler l'intégralité de son sac à dos sur tous les rochers environnant pour les faire sécher si besoin était. Une fois la déco de la vallée refaite je peux me saisir de nos gourdes pour aller faire le plein tandis que Marion allume le réchaud pour préparer le thé matinal. Je peux ainsi méditer de l'influence de la fonte de la neige sur le débit du ruisseau ! Hier soir il coulait gros et boueux, et une mousse douteuse se déversait dans le lac... Ce matin son débit a diminué d'un tiers, elle est claire comme..... ben de l'eau claire, et il n'y a plus la moindre mousse ! Dans quelques heures, lorsque la neige recommencera à fondre elle reprendra sa teinte trouble de la veille. Ceci dit dans le doute je n'omets pas d'ajouter les pastilles d'Aquapur... C'est en revenant vers le bivouac que j'aperçois dans l'eau du lac 2 sillons rapides : mes "loutres" d'hier soir ! Je rejoints dare-dare la tente et donne l'alerte, illico Marion m'emboite le pas pour aller nous embusquer au bord de l'eau pour voir ces petites bestioles de plus près et bien sûr nous ne voyons plus rien...
Nous retournons donc au petit déj' (gâteaux secs, abricots secs, saucisson à l'ail, thé), ça fait du bien par où ça passe ! Me voilà paré pour commencer le démontage de la tente sans entrain. En réalité nous avons la flemme, nous sommes perclus de courbatures, avons mal à la tête... La très longue descente du jour s'annonce douloureuse... Par bonheur nous sommes toujours sur la même longueur d'onde ! Je ne sais plus lequel des deux à émis l'hypothèse de rester une journée entière en cet endroit de rêve mais ça n'a même pas fait l'objet du moindre embryon de débat : adopté ! Car en réalité c'était aussi exactement l'envie de l'autre.... Aujourd'hui ce sera ballade tranquille et sans sac dans la vallée. Allez hop ! Je ré-installe le double-toit de la tente que j'avais trop précocement démonté ! Nous y entassons nos affaires et filons avec un minuscule sac en direction du lac pour continuer en direction du fond de vallée. Et là ! Paf ! Mes "loutres batifolent das les eaux du lac !
Nous nous plaquons à terre et profitons de leurs plongées pour nous rapprocher des rives. Une précaution inutile comme nous le verros plus tard car elles prêteront peu d'attention à notre endroit : elles doivent sans doute se sentir hors d'atteinte dans l'eau. Nous avons tout loisir de les observer. C'est marrant, les bestioles ont bâti des huttes de terre et de branches de 40 à 50 centimètres de haut et de pas loin d'un mètre de diamètre, le tout reposant au milieu de l'eau sur des sortes d'îles de branches et de terre qu'on pourrait elles aussi croire bâties ? On les voit, certes, nager mais malheureusement nous les distingons mal à cause de la distance ce qui nous empêche d'identifier à quelle sorte d'animal nous avons affaire ? Ue chose est sure ce ne sont pas des loutres car elles ont plutôt un faciès de rongeur. Les huttes me feraient pencher pour des sortes de castors mais nous ne parvenons pas à voir leur queue... Des ragondins ? Je ne crois pas, que ça batisse des huttes mais plutôt que ça vit dans des terriers. Le mystère reste entier. - Juste en face de nous l'une d'entre elle effectue sans cesse le même manège : sur un petit îlot elle semble très affairée puis subitement elle plonge et emonte 1 ou 2 minutes plus tard, remonte sur l'îlot exactement au même endroit, s'affaire, replonge....etc... Que fait-elle ? Va-t-elle chercher de la vase au fond pour bâtir une hutte sur l'îlot ? Là encore, nous ne le saurons jamais. Et toujours pas moyen de voir la queue du bestiau.
Il fait un temps splendide, déjà chaud malgré l'heure matinale et une légère bise très agréable s'est levée. Nous partons donc au dessus du lac par le fond de vallée qui est en fait un vaste alpage verdoyant coupé par la tâche vert sombre de quelques forêts de hauts pins éffilés. Sur notre droite (au Nord), ce hautes pentes herbeuses puis rocailleuses montent jusqu'à 4000 mètres la neige ayant déjà reculé jusque vers 3000 ; de l'autre côté, au sud et en direction d'Yssik Kul, une longue et ininterrompue barrière montagneuse moins élevée est totalement blanche, exposition nord oblige ; en face enfin, la vallée semble se poursuivre sans fin vers de hauts sommets plus élancés de 4500m et quelques cols à peine moins hauts débouchant sur le Kazakstan tout proche.

(Article innachevé, je le terminerai plus tard.....)

Posté par ouzpak à 09:44 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 mai 2007

La chevauchée fantastique de Tchonk Aak Suu !

En quittant Cholpon Ata :
Le réveil est matinal, le bouclage des sacs difficile et Marion fonctionne visiblement au radar... Je ne doute pas cependant que le copieux petit déjeuner saura la tirer de cet état d'hibernation avancé ! Je la regarde en souriant car la journée sur la plage d'hier a laissé des traces : elle est é-car-late !!! C'est bien simple, on la voyait la nuit !!! Moi même d'ailleurs je sens bien que j'ai la peau qui tire terriblement...
La première action de la journée ? La cabane au fond du jardin où, tout en usinant, je détaille attentivement comment ça a été fait pour me rendre à l'évidence que c'est du très bon boulot... J'en tire la non moins évidente conclusion qu'il faut vraiment être à moitié demeuré pour s'intéresser si intensément à la chose? Je suis très inquiet pour ma santé mentale ce matin... En guise de thérapie je décide de rendre une petite visite aux chevaux qui sont dans un enclos encore plus au fond du jardin (y'en a des choses au fond de ce jardin, pas vrai ?!!). Il y en a notamment un marron clair avec une crinière noir corbeau dressées à l'iroquoise qui est absolument magnifique ! Son distingué collègue fait piètre figure à côté de lui...
Le retour à la chambre nous confirme que nous avons vraiment bien fait de nous lever à 7h00 puisque le petit déj' ne nous est finalement amené qu'à 9h00 ! Une longue attente mise à profit pour me pencher de nouveau sur les cartes et imaginer des dizaines d'itinéraires tandis que Marion est retournée dans son coma nocturne. Nous n'attendons pas pour rien car ce premier repas du jour est absolument royal avec une mention spéciale pour un plat de patates à l'huile et à je-ne-sais-quoi d'autre mais vachement bon ! Repus comme nous le sommes nous partons le coeur léger (mais pas le ventre !) vers notre nouvelle aventure non sans avoir promis à Tania, ravie de cette perspective, de lui faire parvenir une traduction en français de sa plaquette !
C'est ainsi que nous  nous dirigeons pédestrement au bazar de Cholpon Ata pour y prendre le bus. Chemin-faisant nous observons dans un très grand arbre un type qui y est perché et coupeIMG_0348 à la tronçonneuse d'énormes branches qui s'écrasent 10 bons mètres plus bas dans un grand fracas... Nous avons enfin trouvé un maître de stage pour Francis !!! lol....(mais non je ne me moque pas !). - Une fois au bazar nous demandons un bus pour Grigorievka, aussitôt un jeune homme très avenant s'empresse de nous escorter jusqu'au bon véhicule et veille à ce que nous payions le bon prix ! Ils sont décidément débordants de gentillesse ces kirghizes !  Et illico le chauffeur prend le relai en demandant aux autres passagers (le minibus est plein !) de bien vouloir changer de places pour nous permettre de nous asseoir ensemble. Immédiatement un brave papi souriant passe de l'arrière à l'avant, les mamies se poussent, bref, tout le monde se met en quatre pour nous...

Dans le bus pour Grigoirievka :
Assis complètement à l'arrière nous avons tout loisir pour détailler le reste du convoi. Pêle-mêle j'y note : un papi complètement ravagé par le travail (ou plus certainement encore par la vodka ?) qui parle avec une voix rauque sous son gigantesque Kalpak ! Juste à côté de lui une jeune russe, blonde, minijupe, hyper toilettée comme si elle allait à un dîner parisien tranche sévèrement dans le paysage. Il y a aussi une mémère dans une tenue hautement improbable... Avec sa robe du dimanche, ses escarpins qui lui compriment les pieds à en exploser, sa quadruple couche de peinture sur la hure, elle est gratinée ! Par bonheur elle est également affublée d'un hideux chapeau à gros noeud violet dont la vue me plonge dans une hilarité intérieure rare... Je me demande bien à quel carnaval elle se rend ? (Sylvette, j'ai quelques idées de tenues pour le mariage de l'été 2008....lol)
Sur les premiers kilomètres nous doublons régulièrement des membres de notre fameuse équipe de Russie d'Athlétisme qui fait son jogging matinal le long de cette route. Puis nous roulons en longeant le lac sur notre droite, et un large replat qui précède les montagnes sur notre gauche. Ici, les maisons sont toujours à la russe avec cet étage en bois et le balcon sous le toit, certains sont d'ailleurs fort joliment découpés ce qui  n'est pas sans nous donner quelques idées peut-être pour notre future grange pyrénéenne ! Une chose saute aux yeux : même dans ces endroits reculés les maisons sont autrement mieux entretenues qu'en Ouzbékistan car ici, en plus de devoir abriter la famille, la maison doit si possible être jolie.
Mais ce qui nous captive davantage ce sont les nombreux cimetières kirghizo-musulmans que nous doublons ; sur fond de lac Yssik Kul et de montagnes enneigées ils abritent de curieuses sépultures, tombeaux et mausolées en pisé doublement sculptés : une première fois par la main des hommes et une seconde fois par les éléments et l'érosion. Ca ne ressemble à rien que nous connaissions et nous ne pouvons le rapprocher de rien que nous ayons vu à la télé, ça semble assez particulier. Malheureusement nous ne parviendrons jamais à en prendre en photo au travers des vitres cradingues du bus ! Marion remarque souvent autours de ces cimetières des petites butes. Serait-ce des tumulus ? Se pourrait-il que les kirghizes d'aujourd'hui aient gardé la tradition d'inhumer leurs morts aux même endroits que leurs ancêtres de la Préhistoire ? Ca parait dingue...
Enfin nous atteignons Grigorievka où nous descendons... pour remonter aussitôt car le chauffeur s'étant informé plus précisément de notre destination il décide de nous rapprocher encore de 1 ou 2 kilomètres. A peine sommes nous redevenus piétons que plusieurs voitures se succèdent pour nous proposer de nous emmener... Nous comprendrons vite qu'au Kirghistan, pays de cheval s'il en est, un type marche, a-fortiori avec de gros, sacs sur le dos, ça les dépasse complètement ! Ils doivent nous prendre pour des tarés je suppose ou se dire que les occidentaux sont décidément de curieuses personnes... Et s'ils avaient raison ?


Tchonk Aak Suu à pied :
Nous voilà partis pour notre première journée de randonnée au Kirghistan ! Enfin !... Nous avons choisi à cet effet de traverser la petite plaine qui nous sépare du pied des montagnes pour nous enfoincer dans la vallée de Tchonk Aak Suu et aller bivouaquer sur les bordsIMG_0408 d'un lac de montagne dans un endroit reculé et sauvage. Mais avant la partie de plaisir dans les montagne, il y a une longue et barbante traversée du vilage et de la plaine pour rejoindre l'entrée de la vallée.Dans le village encore, il y a toujours des choses à voir, de gens à saluer et pourquoi pas à rencontrer. C'est le cas d'un groupe de femmes dont une adorable et vénérable mamie qui sous son foulard nous regarde passer d'un air interrogatif. Par bonhueur nous la saluons, l'occasion est inespérée de satisfaire sa curisité ! D'où vient-on, où va-t-on ? Les questions fusent... "Tchonk Aak Suu ? A pied ?"... Elle aussi, quelqu'un qui marche semble la dépasser ! Elle essaie de nous convaincre de l'hérésie de la chose : le lac est loin, il y aura de la neige, nous aurons froid avant de se lancer dans une explication détaillée de l'itinéraire (à laquelle nous ne comprenons guère que ce qui est illustré de gestes). Il n'st pas bien difficile qu'elle connait ces endroits par coeur et qu'elle a dû elle aussi y faire la transhumance pendant des décennies pour passer la belle saison sous la yourte. Et vu son grand âge peut-être a-t-elle même connu une époque où l'on y passait aussi l'hiver ?
Une fois quitté le village nous avons 2 bons kilomètres d'une piste en ligne droite défoncée de parcoure dans le silence... Il semble clair que la journée sera rude et oserai-je avouer qu'en deux bornes mon enthousiasme s'est en bonne partie envolée d'autant que le passage d'un camion a soulevé un nuage de poussière qui n'en finit pas de retomber en nous etouffant. Heureusement nous voici au pied du mur, à l'entrée de la vallée ! C'est à la fois vert et pelé, cette couleur particulière des pentes de montagne quand elles ont perdu depuis peu leur manteau neigeux et que les premières herbes ont pointé le bout de leur nez. Partout tout n'est que moutons, vaches et équidés au milieu desquels cavalent des dizaines d'experts-cavaliers. Nous voici enfin en Asie Centrale : celle que nous rêvions lorsqu'un jour de juillet nous avons fait le choix d'y venir vivre une expérience unique... A gauche les cavaliers s'étagent tout au long de la pente, galopant à droite, galopant à gauche pour ramener l'inconscient bovidé ou le réfractaire ovin qui s'écarte un peu trop du troupeau. Les regarder évoluer est un pur régal.
C'est alors que nous suons déjà sang et eau en contemplant ces tableaux emblématiques de la région que nous voyons surgir de l'autre côté du ruisseau un jeune cavalier lancé au triple galop. Il s'rrête net devant un taillis, veut le traverser mais le cheval ne partage pas son avis, un coup vif sur les rènes et le cheval en se cabrant presque démarre au galop en changeant de direction pour contourner l'obstacle, traverser la rivière et venir à notre rencontre. Il est clair que le pilote de la bête n'en est pas à sa première heure de cheval  et l'aisance avec laquelle il a rappliqué prête à penser qu'il est né avec sa monture ! Ayons une pensée émue pour sa pauvre maman qui a du avoir les yeux qui piquent !
Aussitôt à notre hauteur il engage la conversation. Il a 20 ans, pas marié et est kirghize à n'en plus pouvoir ! Les traits de son visage souriant et sympathique sont assurément de type mongol, il porte une longue veste en peau de mouton fourrée de laine (que l'on voit aisément à travers les trous) et recouverte d'un tissu aux motifs à très petits carreaux qui ont dû être assez jolis. Elle recouvre en partie un bas de survêtemnt Nike noir qui est fourré dans des bottes de la même couleur - Le kirghize est direct et c'est donc très rapidement que nous apprenons le but de sa cavalcade en notre direction : lui aussi a une totale incompréhension de cette curieuse espèce animale : le piéton ! Et pire encore : le randonneur ! Le lac que nous souhaitons atteindre est à 25 kilomètres (la carte en montre une douzaine... Elle IMG_0349s'avèrera beaucoup plus proche de la réalité que l'estimation de notre écuyer). Aussi nous propose-t-il de nous faire seller des chevaux !
Parti pour marcher je ne suis pas très enthousiaste mais Marion croit déceler dans mon attitude que je brûle d'envie d'accepter ce changement de programme. De mon côté sachant que Marion sait faire du cheval et aime celà je suppose qu'elle serait ravie de cette randonnée équestre alors qu'en réalité elle n'est pas du tout motivée... Voilà comment alors que ni l'un ni l'autre n'en avait envie nous acceptons l'offre de Mirlan (c'est le nom de notre kirghize) poyr le plaisir de l'autre ! Quelle chance quie cette mésentente car croyez le, nous ne le regretterons pas !
D'un long sifflement notre cavalier prévient son frère :"c'est bon ! Prépare deux chevaux !". Incroyable ! Y aurait-il chez les chabanas (les bergers-cavaliers du Kirghistan) un langage sifflé à l'instar du langage sifflé des bergers d'Aas dans la vallée d'Ossau ? Le côté découverte et magie du voyage le voudrait, l'exigerait presque ! Mais la réalité je le suppose est sans doute que Mirlan venait précisément dans ce but là à notre rencontre ce que son frère savait pertinamment. Où est-il d'ailleurs son frère ? Nous avons beau scruter le paysage du côté de la ferme, nous ne le voyons guère. Mais Mirlan est affirmatif : il prépare les chevaux... S'il le dit... - Pourtant une heure plus tard nous poireautons toujours au bord du chemin malgré les piqûres de rappel de Mirlan à l'attention de son frère : de longs coups de sifflet ! Nous regardons attentivement, rien ne bouge, Miraln pourtant semble serein : "il arrive"... Bon.... Attendons alors... Et tandis que nous attendons plusieurs cavaliers curieux viennent voir les phénomènes qui marchent de plus près. L'un est un tout jeune garçon d'une douzaine d'année pour lequel pourtant le maniement d'un cheval n'a déjà plus aucun mystère ! Aucun ne nous adresse la parole, comme si nous appartenions à Mirlan et c'est donc ce dernier qui les informe de notre nationalité et de notre destination.
Nous finissons tout de même par nous ouvrir à Mirlan de notre étonnement quand au temps incroyablement long qu'il faut à son frère pour seller 2 chevaux (d'autant que nous nous doutons qu'il ne doit pas leur falloir la journée pour exécuter cet ouvrage !). Mirlan reste catégorique : avec son coup de sifflet, son frère s'en occupe !... - 1/2 heure plus tard pourtat il nous propose de marcher jusque chez lui pour aller voir. je rigole sous cape ! Il a le coup de sifflet défaillant le Mirlan ! Et je crois bien que sur ce coup là, il a l'air d'une truffe ! Une heure et demie d'attente pour rien... "c'est bien pour faire plaisir à Marion me dis-je" ; "c'est bien parce que ça fait plaisir à Stéphane" se dit-elle... - Néanmoins, après avoir traversé deux ruisseaux à tour de rôle sur le cheval de Mirlan, nous arrivons triomphalement à la ferme, une maisonette avec vue imprenable sur le lac Yssik Kul ! Inutile de préciser qu'il n'y a pas l'ombre d'un frère dans les environs et encore moins d'un cheval... Tu parles d'un langage sifflé ! Mais cette fois-ci la commande est passée et la mère de notre compagnon nous invite à entrer pour prendre le thé.
Notre première pensée est "aïe ! on va avoir droit au Kumis", le lait fermenté de jument qui a fait vomir des générations de voyageurs centrasiatiques ! Notre première vision, elle, est celle d'une assiette de crêpes ! Youpi ! - L'intérieur de la maison est pour le moins sommaire : une table, des chaises, un meuble bon marché et sans age, un lit une place occupent la cuisine où l'on trouve aussi un évier et une sorte de four à bois faite maison. je ne parle pas de la déco des murs à grand renfort d'affiches kitchissimes ! A priori la maison compte encore une pièce, la chambre, mais nous ne la verrons pas. La maison abrite ainsi les parents et les 3 enfants de la famille. - LesIMG_0321 crêpes sont grasses à souhait (d'ailleurs elles sont jaune vif !) mais elles passent finalement bien si on ne dépasse pas 2 unités, quand au thé au lait il est très bon. la conversation avec la mère est malheue=reusement limitée car notr maigre vocabulaire de russe est vite épuisé tandis qu'elle ne semble pas maîtriser très bien cet idiome. Aussi, après avoir visionné les 10 ,photos qu'ils possèdent, nous retournons dans la cour. je remarque que dans le mur extérieur est planté un bâton à un mètre du sol sur lequel est juchée une poule ; à gauche est disposé un grand four en pisé pour la cuisine puis encore un autre pour les lipiochka ; dans le pré une cabane qui est assurément un chiotte est tourné vers le lac histoire de vaquer à certaines activités dans de bonnes conditions...
Je me retourne, la poule sur le mur (qui ne picore pas du pain dur) n'a pas bougé d'une plume... Et pour cause : 1) ma poule est un faisant ; 2) il est empaillé...Cette fois, c'est moi qui intérieurement ai l'air d'une truffe ! - tandis que je digère cette humiliation intérieure c'est maintenant toute la famille qui défile (à cheval bien sûr) jusqu'à l'arrivée du père. de manière innatendue il nous faut négocier ferme ! En effet Mirlan nous avait proposé de nous fournir deux cevaux et de nous accompagnerjusqu'au lac, de dormir là haut et enfin de redescendre avec nous le lendemain, le tout pour 1500 soms (30 euros). Le père lui voudrait que nous montions à deux chevaux r(moi en croupe sur celui de Mirlan), marion sur un autre avec les sacs, que ont fils rentre le soir avec les chevaux et donc que nous redesecndions à pied (ce qui ne nous dérange pas en soi) pour 2000 soms... Ce n'est plus la même chose. Comme toujours la poire est coupée, pour 1500 nous monterons à 3 chevaux et Mirlan redescendra ce soir.C'est d'ailleurs le mieux pour nous car nous ne serons ainsi pas obligés de revenir par le même itinéraire qu'à la montée.
Les chevaux sont sellés mais nous changeaon d'accompagnateur puisque c'est Irlan, le jeune frère de Mirlan, celui là même qui était censé nous seller des chevaux au coup de sifflet qui nous guidera.

Tchonk Aak Suu à cheval :
Nous démarrons donc tranquillement au pas, je lambine un peu en arrière, quelques longueurs en retrait de Marion et Irlan tandis que Mirlan nous accompagne bizarrement à pied. Je comprends vite pourquoi ! Au bout de 500 mètres Irlan décrète que je traîne trop, qu'il va me prendre en croupe et que Mirlan va ramener mon cheval... Tu parles d'un coup monté ! malheureusement pour eux nous ne voulons pas. Et que voulez vous, 30 euros ici, ce n'est pas rien ! Nous avons donc gain de cause ! Mirlan n'insiste pas et rentre chez lui tandis que IMG_0322nous poursuivons notre chemin, sauf que maintenant, j'ai la pression ! Il faut que j'avance !
Et effectivement à grand renfort de coups de talons dans les cotes de mon canasson je parviens à avancer un poil plus vite, mais comme mes deux compagnons de chevauché ont accéléré aussi le problème reste entier... Je traine toujours derrière ! Et pourtant Dieu m'est témoin, ce n'est pas par manque de labourer gaiement les flancs de l'infortuné canasson ni de lui assèner des "tchou !"très professionnels. Mais rien à faire, il se traîne ! Et moi je sens les regards dépités d'Irlan qui se tourne sans arrêt vers moi. Illico je prends alors un air tranquille de celui qui n'est pas pressé, sans espérer vraiment la lui faire. Je suis au taquet, il faut bien se rendre à l'évidence !...
Bien sûr j'aurais bien la tentation de me décréter à moi-même qu'en guise de bourrin ils m'ont refilé un pur tocard, malheureusement c'est précisément le cheval sur lequel Mirlan était venu au triple galop à notre rencontre... L'argument ne tient pas et force est de constater que le problème vient exclusivement du cavalier.
Et là, c'est le drame ! A court de patience, Irlan décide de prendre mon fier destrier en laisse ! Me voilà donc promené comme un gros blaireau de Gavarnie ! Comment ne pas avoir l'air d'un âne tiré que je suis sur mon cheval, les bras ballant ? Non...C'est l'humiliation ! Mais heureusement mon bien aimé cheval a sa fierté et ne l'entend pas de cette oreille ! Il n'a de cesse que d'emmerder le cheval d'Irlan en lui bouffant la queue ! Irlan doit se rendre à l'évidence, ça ne peut pas aller comme ça... Abandonant cette solution dégradante, il nous fait échanger nos chevaux.
IMG_0325Ce n'est pas encore ça mais je sens néanmoins un léger mieux... Mais putain ! Qu'est-ce qu'il faut que je lui balance comme coups de lattes dans les flancs pour qu'il suive le rythme ! Si seulement j'avais les éperons de Lucky Luke il ferait moins son malin le Joly Jumper, au lieu de ça je dois m'échiner sur les cotes du malheureux animal qui doit probablement ressentir ce changement de cavalier comme une punition. - Et finalement c'est Marion qui vole au secour de son amoureux en perdition, sur le point de lancer les fusées de détresse ! Elle vient me donner quelques conseils sur la façon de tenir les rènes, sur ma position sur la bête, bref, le B-A-BA de l'apprenti cavalier. Et là, miracle ! Après quelques minutes d'adaptation et en diminuant sensiblement la cadence de savatage du canasson v'là t'y pas que je me le mets au trot ! je rebondis comme une balle mais diantre ! Ca se débloque !
Enfin je peux regarder le paysage : ce sont de petites gorges sans grande prétention quoique jolies avec une petite rivière qui serpente assez paisiblement  entre les sapins. Nous marchons sur une piste carrossable, moi toujours moins vite que les deux autres sauf que j'ai maintenant la ressource de revenir leur hauteur au trot et en anéantissant mon postérieur. Je ne maîtrise pas la vitesse du pas mais au moins je peux suivre. C'est cool ! Et en plus le trot, c'est rigolo...
Enfin nous sortons de la petite gorge. Tout à coup le paysage s'ouvre, s'élargit sur une grande prairie toute verdoyante tandis que les pics enneigés nous dominent maintenant de toute leur hauteur ! L'endroit est extraordinairement beau d'autant que pour achever le tableau une yourte, notre première yourte, nous attend de l'autre côté de la prairie ! C'est une ambiance magique pour tout le monde,IMG_0323 cavaliers et chevaux qui d'un commun accord s'emballent ! Sous l'excitation tout le monde se retrouve au galop sauf moi qui, quelques longueurs en avant (une fois n'est pas coutume) reste au trot très soutenu ! Les chevaux, les montagnes, les moutons partout, les pâturages sans fin, la yourte : cette fois-ci on s'y croit pour de bon ! Surtout Marion à vrai dire car pour ma part je suis quand même bien trop occupé à tenter de rester sur le cheval pour pouvoir tout à fait me prendre pour Gengis Khan ! Je perds un étrier, le récupère mais ce faisant je perds l'autre, le tout dans une séance de tapage de cul d'un autre monde pour le plus grand bonhuer des deux baleines qui rigolent derrière moi. Mon cheval ? Euhuuu lui il fait sa vie, il y a belle lurette que je n'ai plus le temps de m'occuper des rènes... J'essaie bien de temps en temps, lorsque je retrouve une seconde d'équilibre, de lui fouttre un coup de talon dans le vain espoir de réussir à le mettre au galop qui est plus confortable mais pfffff, en pure perte... Finalement découragé de me voir cramponné à la selle il s'arrête de lui même, j'ai maté la bête, je suis bon pour me lancer dans le rodéo !
Et c'est donc au pas que nous reprenons notre route en remontant une superbe et interminable vallée dont le fond est tapissé de pâturageIMG_0327 verts infinis et les flancs redressés vers les pics enneigés ! C'est fantastique de beauté, de beauté, de pureté. C'est une superbe traversée paradisiaque, il faudrait presque se pincer pour croiree vraiment que nous sommes ici en cet instant précis. - C'est pendant cette longue traversée qu'Irlan met pied à terre. Son cheval n'en peut plus, il va terminer à pied. Et c'est par cette curieuse ironie que les piétons finissent à cheval et que l'irréductible cavalier termine à pied le périple. Voir un kirghize à pied aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, forcément nous n'étions plus bien loin de l'arrivée. Nous arrivons au lac qui s'avère beaucoup plus petit que je ne l'aurais imaginer, sans doute une bonne centaine de mètres de diamètre. Il est disposé là, dans le creux d'une légère cuvette au milieu de pentes herbeuses très doucs où quelques très rares rochers affleurent. Le temps de payer Irlan et de prendre son adresse et le voilà qui disparait au petit trot, un cheval en laisse et un autre à récupérer sur le chemin.

Le Bivouac :
Nous voilà tous les deux au milieu de ce nulle part, u bord de ce lac perdu au coeur d'une longue et magnifique vallée du Kirghistan. Nous réalisons que peut-être cette nuit nous entendrons les loups puisqu'ils sont nombreux dans la région, c'est même à cause des loups et autres prédateurs que les chabanas chevauchent toute la journée au milieu de leurs troupeaux. C'est en tout cas ce qu'Irlan nous a dit. - En tout cas l'emplacement de la tente est vite trouvé et la tente elle-même vite montée. La corvée de bois n'est qu'une formalité car sous les arbres tout proche nous trouvons un emplacement de yourte clairement délimité par vaste un rond de terre avec des trous, un foyerIMG_0334 devant le rond, les cadavres de bouteilles de vodka et... une réserve de bois. Tant pis pour les nomades lorsqu'ils reviendront d'ici quelques jours pour installer leur quartiers d'été, ils devront refaire le stock !
L'allulage du feu aussi est une formalité grace à des herbes sèches et chevelues qui ne demandent qu'à s'enflamer. C'est le paradis ce bivouac. Pendant ce temps, Marion la rustique file faire sa toilette du soir dans l'eau glacée (eau de fonte...) du torrent qui alimente le lac. C'est alors l'heure du repas que nous prenons en regardant les sommets enneigés s'éteindre peu à peu en même temps que s'allument les  unes après les autres les étoiles dans le ciel  d'un moir profond ! - Je vais faire un petit tour sur les berges du lac à la nuit tombante et aperçois bdes bestioles qui y nagent. Je ne sais pas ce que c'est, il fait presque nuit, je me dis que ce sont peut-êyre des loutres ? Nous verrons bien demain.
21h30, c'est l'heure du dodo et est-il besoin que c'est en silence, des images plein la tête de cette journée inoubliable que nous nous endormons dans le silence absolu de cette vallée seulement rythmé par le chant glacé du ruisseau. Et l'oreille tendue dans l'espoir (et ausi la crainte) d'entendre tout à l'heure le chant du loup.....

Ouuuuuuuuhouuuuuuuuuuu !

Posté par ouzpak à 20:27 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mai 2007

Cholpon Ata (mercredi)

Ce matin là, nous sommes réveillés par les allers-et-venues en plein milieu de notre chambre du gamin de Tania (la patrone). Agé d'une dizaine d'année nous l'avions retrouvé la veille au soir en train de regarder la télé avec sa mère dans notre piaule ! Et ce matin, il yIMG_0312 déambule comme dans un moulin pendant que nous tentons de dormir..... C'est quand même incroyable non ? Mais bon, ça a l'air normal... Et pour tout dire ça nous fait plus sourire qu'autre chose. Ce qui nous fait moins sourire en revanche c'est le bruit des voitures dehors : a-priori, il pleut.
Finalement Tania frappe à notre porte à 8h00, dès fois qu'on se serait rendormi, pour nous convier au petit déj' que nous avions demandé pour 9h00 ! C'est scandaleux !!! Appelez moi la Direction ! lol  - En gros blaireaux que nous sommes il nous faudra encore 4 jour pour nous apercevoir qu'il y a 1 heure de décallage horaire avec Tachkent...
Nous nous levons donc puisqu'on ne nous laisse pas dormir et je coure dare-dare vérifier : il pleut... Nous n'avons donc d'autres recours que de nous venger sur la nourriture ! (oui, bon... Toute les prétextes sont bons!) Au menu : Yssik-Kuli plov (de bon matin, ça cale le bonhomme), pain, gateau, fruits secs, biscuits au sésame, etc... Autant dire que c'est copieux et plus d'être excellent. "Petit déj' pluvieux, petit déj' heureux !" prétend un vieux proverbe personnel. Nous le faisons traîner en longueur en discutant avec Tania et Tom (le canadien) de Kirghistan et de voyages. Nous exposons d'ailleurs notre programme du jour : les pétroglyphes qui sont situées à 3 ou 4 km et la découverte de Cholpon-Ata... Tom est intéressé par le premier volet, aussi lui proposons nous de nous y accompagner.

LES PETROGLYPHES :

Heureusement la pluie a cessé et si le ciel reste menaçant on semble y deviner une amélioration. Nous partons donc tous les trois en demandant le chemin à des locaux qui visiblement ne savent pas de quoi on parle. C'est finalement un flic tout heureux de nous parler qui nous mettra sur le bon chemin, comme quoi ils sont parfois utiles ! La marche est aisée et prend une petite heure, ce qui est bien suffisant pour constater que Tom boîte poussant parfois même de petits cris.... Ca surprend !... Nous apprendrons en discutant qu'il a un problème de hanche et qu'il se IMG_0292fera opérer dans les tout prochains mois lorsqu'il rentrera au Canada. - Néanmoins, non content de boîter et de geindre, Tom a aussi l'incomparable talent de rôter comme une harde de Huns et de cracher à en faire pâlir de jalousie le lama le plus renfrogné...
Nous atteignons le site archéologique qui consiste en un vaste champs herbeux presque plat entièrement semé de rochers venus d'on ne sait où, probablement charriés là par d'anciens glaciers aujourd'hui disparus. Il doit faire pas loin d'1km2 et l'on peut voir qu'il, a anciennement été aménagé, des piliers en ciment ceinturant le site (ils ont dû supporter naguère du grillage ?) et une pancarte à moitié décrépite en marquant l'entrée. Le Lonely annonçait une entrée payante mais l'info doit dater de Manas (le héro historique kirghize) tant les maigres infrastructures semblent abandonnées. Ou alors ils mettent un type avec une casquette en pleine saison ??? - Un peu plus loin une immonde carcasse de bâtiment en béton à l'abandon depuis des lustres rappelle que les soviétiques ne s'embarrassaient guère d'esthétisme !
Notre démabulation au milieu de ce dédale de rocher est inoubliable : c'est en somme un véritable jeu de piste où il nous faut découvrir les pétroglyphes ! Et c'est l'émerveillement ! Au hasarsd des blocs nous pouvons découvrir ces extraordinaires gravures scythes (800 ans av.JC) mais les plus anciennes datant de 1500 av.JC ! Toutes représentent des animaux allant du bouquetin au chameau en passant par le loup, le léopard des neiges, les cerfs et même un chasseur tuant sa proie. On peut encore deviner des cercles de pierre, des tumulus, des sortes de cromlechs montrant que le site devait aussi avoir un rôle religieux mystérieux en des temps reculés. 
Au détour d'un talweg où serpente un minuscule ruisseau verdoyant au charme ravageur c'est le pompon : nous tombons face à face avec de petites statues-menhirs plantées au milieu de cet incroyable endroit ! Elles sont magnifiques et représentent un soldat ou encore unIMG_0298 type moustachu ou encore un personnage tenant une fleur (ou une coupe ?). Le tout sous l'oeil indifférent d'un troupeau de magnifiques chèvres aux poils longs et ondoyants gardées par un berger aux 3/4 endormi et coiffé du Kalpak. L'endroit est absolument magique.
Marion finit par disparaître je ne sais où tandis qu'avec Tom nous ratissons méthodiquement les lieux en quête des gravures les plus remarquables. - Pour achever le tableau la lumière est magnifique avec le soleil qui prend peu à peu possession de l'espace et grignote peu à peu les nuages et le lac Yssik Kul dont les eaux foncés précèdent la barre blanche de la rive opposée à plus de 80km d'ici. C'est grandiose ! Il aurait été facile de passer la journée entière en ces lieux enchanteurs mais nous avons encore tant de choses à voir... Nous partons presque à regret bien que nous ayons pris notre temps pour visiter le site.
Le retour semble éprouvant pour Tom qui boîte de plus belle et ahanne de plus en plus. Chemin faisant et tout en regardant à travers les champs les enfants qui rentrent de l'école nous discutons de ses voyages puisqu'il erre depuis 9 ans à travers le globe ! L'Iran et le Pakistan sont des pays où il est très facile de voyager et où il a eu les accueils les plus chaleureux ! Ce n'ests pas la première fois que nous l'entendons dire, nous le rangeons donc dans un coin de notre tête. Mais pour le reste Tom semble être un homme terriblement blasé qui n'arrive plus à s'émerveiller de rien. Son désenchantement nous déroute. S'il n'y trouve plus rien pour s'extasier pourquoi voyage-t-il encore ? Nous concluons qu'il doit s'ennuyer à mourir et qu'il fuit sa retraite comme il le peut. C'est fou quand même ces gens IMG_0294qui ne savent pas vivre sans se noyer dans le travail...
Nous arrivons enfin à la guesthouse. Je dis enfin, je parle pour Tom qui immédiatement se jette à corps perdu dans une petite sieste réparatrice tandis que nous nous lançons dans de grandes discussions avec Tania qui est une femme accueillante et gentille mais aussi une mine de connaissance sur la région où elle organise aussi des randonnées à cheval. Penchés sur les cartes (à l'inverse des ouzbeks il semblerait que les kirghize sachent s'en servir) ele nous donne de précieux tuyaux et nous montre des photos de chaque endroit que nous désignons sur la carte. Cest confortés par elle dans notre idée initiale que nous opterons le lendemain pour la vallée de Tchon-Aak-Suu... - Puis tom se réveille et s'en va pour Karakol non sans que nous ayons donné notre téléphone à Tachkent si d'aventure il venait à y passer.

CHOLPON-ATA :

Pour notre part nous choisissons de partir sur la plage de Cholpon-Ata puisque cette ville est  à la base une station balnéaire très prisée à l'époque soviétique et qui a su garder une certaine activité notamment avec les riches kazaks. Aussi surprenant que celà puisse paraître ce gigantesque lac perché à 1600 m constitue une véritable mer intérieure dont les eaux sont les plus pures du monde puisqu'on peut parait-il voir très nettement les fonds à plus de 20 de profondeur ! En été la température de l'eau atteint jusqu'à 24-25°C !
En route pour la plage par des chemins nous passons devant un grand mur d'enceinte enfermant de curieux et déroutants bâtiments ronds dans un style de inspiré des yourtes, tous identiques mais arborant chacun sur leur flèche des symboles religieux tous différents : la croix orthodoxe, la croix catholique, le croissant musulman, l'étoile de David des juifs et d'autres symboles non-identifiés.... Qu'est-ce que c'est que ce curieux endroit. En front de mer de cet étrange ensemble deux gros batiments cubiques et moches abritents des yourtes.... Nous ne saurons jamais ce que c'est que ce truc !
Au bord du lac dont les eaux sont bien moins froides qu'on aurait pu le penser alors qu'elles sortent tout juste de l'hiver, un ponton sertIMG_0310 de canne à un gros bateau qui a un look à promener des touristes en saison. Nous voilà donc sur la plage de cet immense lac dont on ne voit pas le bout et dont le sable subit le rythme de petites vagues qui clapotent. Il parait qu'en certains endroits et par grosses tempêtes, le lac soulève des vagues de 5 mètres !!!! C'est une vraie mer ! Jusqu'à cette plage très longue et large, semée de cabanes pour se changer, de sortes de tables-parasols et de sortes de Tchaïxhana en métal multicolores ! Nul doutes qu'en été il doit y avoir du monde. Mais là nous sommes seuls à nous prélasser sur le sable tandis que des cavaliers passent de temps à autres. Ainsi couchés sur la plage dans nos gore-tex, avec le clapotis des vagues, on pourrait réellement se croire sur un bord de mer par une belle journée d'hiver. Ne manquent que les mouettes... C'est donc tout naturellement que je me retrouve à parler longuement de la Corse : des Agriates, du Cap Corse et de la vallée du Giunssani en particulier... L'après-midi se passe ainsi, à rêver sur les bords du lac Yssik-Kul. Nous avons encore tant de rêves, grands ou petits, à accomplir !
Nous finissons cependant par partir par une sorte de parc où nous croisons un petit groupe de sportifs et sportives. Ce sont des lanceurs de javelot et de poids affutés comme des lames de rasoir avec un vieux qui est visiblement leur entraîneur. Ca n'a pas l'air de rigoler et l'aisance avec laquelle ils propulsent les poids à des distances invraisemblables laissent penser qu'ils ne sont pas là pour amuser la galerie. Passent alors plusieurs groupes d'autres sportifs qui trottinent : tous ont des équipements floqués "Russia" et tous sont taillés à la serpe. Il évident que nous avons à faire à du haut niveau ! Serait-ce carrément l'équipe de Russie d'athlétisqme qui serait en stage d'oxygénation ? Je me plait à le croire... ET puis ça ne coûte pas cher !
Plus loin nous passons devant une sorte de grand hotel pas très beau mais paisible et qui doit néanmoins être un lieu de villégiature chic compte-tenu des canons de l'architecture soviétique. Devant se trouve un groupe de vieillards qui discutent sur un banc en nous regardant passer, l'un d'entre eux en survêtement et Kalpak sur la tête est tout particulièrement amusant. Le kalpak est décidément mis à toutes les sauces : du costard au survêt, avec le kalpak tout est bon !
IMG_0420Nous arrivons ainsi à la sortie du complexe où trône une fière statue de Lénine prouvant qu'ici aussi on a gardé une certaine nostalgie de l'URSS et qu'on n'a pas brûlé les idoles d'alors. Il faut bien conclure que l'URSS n'était peut-être pas uniquement  l'enfer décrit par notre propagande occidentale ? Après tout la propagande était-elle moins forte dans notre sens que dans le leur ? - Poursuivnat notre cemin c'est cette fois ci devant une école de cirque à l'abandon que nous passons. Tout est délabré à l'exception de la structure métallique d'un chapiteau, peut-être est il encore en fonction en saison après-tout ?
Rejoignant la route principale de Cholpon Ata j'ai encore l'image d'un jardin d'enfants en parfait état (chose rare en Asie Centrale) où un vieux en kalpak surveille ses petit-enfants tandis que 2 maman se balancent à tout va sur des balançoires.

SOIR :

Une fois de retour à la Guesthouse Tania nous informe qu'elle part chez des amis et du coup nous confie les clés de la maison ! La confiance règne, c'est le moins que l'on puisse dire. Malheureusement nous ne parviendront jamais à fermer le cadenas de la porte d'entrée (probablement un modèle homologué par le KGB !) et c'est en laissant tout ouvert que nous filons nous restaurer dans une petite gargote dont la serveuse semble avoir été finie au pipi... Nous y mangeons bien sans plus tandis que Marion me met au courant de la différence fondamentale qui existe entre les "pépiotes"et les "pépinots", ceux à qui j'ajoute les "pépinoux" trop souvent négligés. - Entre temps un jeune crado et vêtu de loques entre pour mendier mais est illico vertement viré. Image fugace mais forte. C'est la première fois que je vois une telle image (digne de l'Inde) en Asie Centrale...
Puis nous rentrons à la Guesthouse pour nous passer "l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" que le gamin regardait hier soir. Coup de bol incroyable, le menu du CD comprend une version française ! Le film terminé c'est l'heure du tour réglementaire aux WC surréalistes de "la cabane au fond du jardin" et de la douche dont je profite pour faire ma petite lessive avant de l'étendre sur le radiateur de la chambre. Demain matin, nous quitterons Cholpon-Ata pour enfin partir dans les montagnes, mais ça, ce sera pour la prochaine fois.

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11 mai 2007

De Bichkek au lac Yssik-Kul: (mar 10/04/07)

                        Quelle excellente nuit nous passons dans nos ravissants draps à fleurs, preuve qu'il ne sert à rien de roupiller sur le dernier Epéda : une planche de bois, un bloc de mousse et un sommaire matelas ouzbek et le tour est joué ! Un brin de toilette vite expédié et nous pouvons partir déjeuner royalement avec l'incomparable bonheur de nous délecter de délicieux croissants ! Les premiers depuis 8 mois ! Allah est grand !...C'est donc la panse bien remplie que nous pouvons affronter cette 1ère journée kirghize.

                     Une fois franchi l'obstacle de l'infernal et bondissant Zozo, le tenancier de la guesthouse, sympathique en diable, a l'obligence et la délicatesse de nous accompagner à l'arrêt de bus ainsi que de nous désigner le bon véhicule non sans passer les consignes au chauffeur afin qu'il nous dépose à l'endroit le plus approprié compte-tenu de nos aspirations. En effet notre objectif est de trouver les cartes qui nous permettront d'errer plus au moins au hasard une fois vers Yssik-Kul.
                   Aussitôt déposés au centre-ville, nous nous régalons de la population locale, joviale et vivante, ainsi que des nombreux IMG_1358chapeaux traditionnels kirghizes qu'arborent de très nombreux hommes ! C'est d'ailleurs assez surréaliste ! Nous croyions benoitement que le kalpak ne se rencontrerait plus guère que dans les coins reculés des montagnes kirghizes, nous sommes donc pour le moins surpris qu'il ait droit de cité en plein coeur de Bichkek. C'est un ravissement car il faut bien reconnaître le caractère pittoresque du couvre-chef en question ; en feutre, il monte haut au dessus de la tête en se rétrécissant ; un ourlet noir à la base vient lui donner un air de bonnet de Robin des bois tandis que des motifs kirghizes, toujours les même semble-t-il, sont brodés sur les côtés.(cf. photo ci-contre...)
                    Mais toujours en quête de cartes, nous nous frayons un chemin jusqu'au traditionnel « Tsoum », sorte de grande surface à la mode centrasiatique (héritage soviétique ?). En gros, le Tsoum, c'est la version kirgize des Nouvelles Galeries (autre chose que le poussiéreux et sombre bouïbouï de Tashkent) lequel est d'ailleurs muni d'un véritable rayon librairie ! Là encore c'est une révélation quand on pense à l'extrême pauvreté ouzbèke en la matière. A Tashkent, trouver autre chose que les oeuvres du président Karimov relève de l'utopie ; ici on trouve un peu de tout ! Nouveau signe de liberté et d'ouverture que leurs voisins occidentaux n'ont pas. Mais il ne fallait pas trop en demander, pour ce qui est des cartes, ce n'est pas la bonne adresse...
                        La bonne adresse en revanche, c'est GEOID, sur l'avenue Kiev ! Certes il faut trouver puisque ce bureau est situé à l'étage d'un immeuble d'habitation dans un couloir tout ce qu'il y a de plus anonyme. Seule une pancarte noyée au milieu d'autres pancartesIMG_1352 informent le passant concentré à l'extrême que c'est ici que ça se trouve ! Mais alors quel bonheur ! Des cartes ! Enfin !.... Nous sommes encore bien loin des cartes IGN au 25.000ème mais tout de même : trouver des cartes au 200.000, 100.000, et même 50.000ème pour les plus précises, c'est presque un rêve lorsqu'on arrive d'Ouzbékistan où trouver une carte au 500.000ème est déjà un exploit à la limite de l'espionnage !!! - De plus le bonhomme qui assure la permanence, seul avec sa théière dans ce minucule bureau où il doit se faire gravement chier à longueur de journée est éminemment sympathique et accueillant. Nous y achetons 3 cartes en nous promettant d'y refaire un tour au retour pour préparer notre trek de juillet. Quel bonheur ce pays où il y a des cartes !!!!

La première mission accomplie nous nous mettons en devoir de réussir la seconde : passer au Community Based Tourism (CBT), un organisme qui regroupe l'offre touristique des habitants dans les coins reculés. Une innitiative heureuse et qu'il faut encourager puisqu'elle vise à faire profiter la population locale de la manne touristique au lieu d'engraisser encore et toujours les même grosses structures internatinales... Malheureusement une fois arrivés à l'adresse indiquée par le Lonely Planet (à l'arrière d'un batiment anonyme et dans une cour transformée en décharge) on nous informe que le CBT a changé d'adresse. Gentillement une femme aux traits mongoloïdes très prononcés (très kirghize en somme) parvient néanmoins à nous communiquer la nouvelle adresse au 164 de la rue Gorki. Au prix d'une traversée de la ville en minibus puis d'une très longue marche nous nous y rendons...pour rien.... Pas plus de CBT ici que de cheveux dans ma frange !...
                    Tant pis pour le CBT (dont le site Internet s'avère en outre inaccessible), nous décidons de nous replier sur l'office de tourisme. Retour sur l'avenue principale : Chouï Prospekti que nous remontons en pasant notament sur une granbde place résolument soviétique dans la conception avec gros cube de béton d'un style très « palais de l'amitié des peuples », drapeau national fièrement dressé et gardé par deux militaires immobiles et statue à la gloire du pays qui n'a détrôné celle de Lénine que depuis 4 ans paraît-il ! L'office de tourisme de Bichkeke, il faut le savoir, n'est d'aucune utilité si ce n'est de nous donner l'adresse de CBT..... 65 rue Gorki !.... Mais zut ! On en vient ! Et ça fait 2 fois qu'on traverse la ville pour rien. Personnellement j'en ai ma claque, ras-le-bol qui aura raison de la volonté de Marion toujours partante pour abattre les kilomètres les plus pénibles..... Elle fera moins sa maline Tchonk Aak Suu !.... On y reviendra... lol !
                    C'est donc le chemin du retour vers la guesthouse que nous entamons ce qui nous amène à passer devant deux bonne-femmes qui ont étalé sur le trottoir moulte chiffonerie. Nous nous y attardons : ce sont des tissus décoratifs de yourte et autres tours de portes (double au moins !) magnifiquement brodés ! En plus ce n'est pas cher du tout. Là encore nous nous promettons d'attendre le retour pour investir car pour le moment, acheter est synonimme de porter sur son dos...

 

 

 

Le retour à la Guesthouse se fait sans encombre et cette fois-ci Ismaïl en personne, le patron est là. Un groupe de jeunes parlant tous français avec plus ou moins d'accent est là, nous apprenons que ce sont des guides et futturs guides du tour opérator d'Ismaïl qui sont en formation ! Je reste sceptique face à une espèce de cagole à la mode russe. Elle sur un sentier de randonnée ? Ca paraît hautement improbable, et pourtant !... Je discute aussi un peu avec l'un d'entre eux en parlant vaguement de mon désir de réintroduire la raquette à neige en Asie Centrale ce à quoi il répond que pour lui, la raquette et le ski de rando sont des rêves... Et oui ! Je suis un visionnaire !!! lol.
                      Puis nous montons voir Ismaïl dans son bureau où un type aussi bedonnant que sympathique lui tient compagnie (un ancien attaché français de la Défense à Bichkeke si j'ai bien compris). Notre discussion vole du Raid Gauloise qu'ils ont organisé il y a quelques années, au trek au Kirghistan (cartes à l'appui) en passant par mes idées raquettes qui me vaudront de me voir donner sa carte de visite.. Sait-on jamais même si je n'ai pas un super feeling.- Nous dérivons alors sur les mérites respectifs des 4x4 Lada (en résumé de la vraie merde...) et de l'Oural (le fourgon russe 4x4 avec lequel nous voudrions rentrer en France) qui est en revanche jugé excellent et increvable ! Tant mieux ! - Nous payons alors la douloureuse avant qu'Ismaïl nous propose gentillement de nous emmener à la gare routière.
                        Pour tuer le temps nous rejoignons les jeunes en formation qui visionnent un film sur un trek de français au Kirghistan audrapeau_kirghize mius de septembre. Une phrase revient sans cesse sur le documentaire : « il pleut et il fait froid »... Tout un programme...Mais quelle magie dans les paysages ! Nous ne pouvons cependant pas regarder jusqu'au bout car Ismaïl part et nous emmène dans son 4x4 dont le volant est à droite car « acheté au Japon », j'appends ainsi que les japonais roulent à gauche...Chemin faisant il nous parle du Kirghistan et avec une certaine suffisance pour ne pas dire mépris se gausse de la révolution prévue demain contre les dirigeants ultra-corrompus du régime ! Il nous dit que le Kirghistan est un pays libre, que la presse ne comporte quasiment que des sortes de Canard Enchaîné, etc, etc... Nous aurons d'autres sons de cloche ultérieurement.
                        A la gare routière il nous met gentillement dans le bon bus qui démarre prsque aussitôt et quitte la capitale kirghize en passant au pied d'une gigantesque usine datant probablement de l'ère soviétique et qui est dominée par une cheminée titanesque flanquée de trois autres plus petites, dressées comme des minarets au dessu de Bichkek ! Elles fument encore preuve que pour une fois elle est encore en activité.

Une fois sortis de la ville nous traversons une vaste plaine couverte de champs et de rizières qui tous sont irrigués par des conduites à ciel ouvert et des tranchées savament organisées. Partout le paysage est parcouru par des cavaliers confirmant le rôle majeur joué par le canasson dans la société traditionnelle kirghize à l'origine très largement nomade. Les ruisseaux bordés de verdure tendre accueillent les joyeux plongeons et jeux des enfants du cru et les ravissantes maisons à l'inspiration russe avec ces étages en bois finissent d'enjoliver le tableau. - Finalement nous quittons la plaine (enfin !) pour entrer dans une petite gorge pas très encaissée bordée de collines verdoyantes aux allures de steppe ! Le voyage commence ! Enfin presque car l'omniprésence des poteaux électriques empêchent encore de s'y croire vraiment !... Les paysages sont plaisants ce que ne pourra confirmer Marion qui dort sur son siège. La rivière se faufile relativement paisiblement en ondoyant entre de petites falaises blanches (ou parfois rouge vif !) curieusement érodées surmontées de étendues maintenat pelées elles même chapeautées de sommets enneigés culminants sans doute autours de 3500m et plus.
                    Et puis nous quittons le défilé, le paysage s'applatit en même temps qu'il s'élargit et nous débouchons sur l'extrémité occidentale du lac Yssik Kul aux allures de mer aux eaux sombres. Perché à 1600m d'altitude ses 170km de long, 70km de large (on y ferait tenir la Corse !) et 700 m de profondeur en fond le second plus grand lac alpin du monde après le célébrissime Titicaca ! Le paysage immédiat est curieusement tout plat même si il est bordée au Sud et au Nord par 2 très hautes chaînes trônant majestueusement au dessus de 4 et 5000 mètres. Mais le temps très brumeux nous empêche de les voir très distinctement otant sans doute beaucoup au panorama...D'autant que la nuit tombe bientôt.

Nous avions prévu de descendre au village de Tamtchi mais lorsque nous l'atteignons il ne nous plait guère : il fait noir, il n'y a rien, c'est tristounet, à tel point que la question se pose de savoir si on descend là ou pas. Et c'est finalement l'absence de décision qui fait que nous trouvons toujours dans le minibus lorsqu'il repart ! Le hasard fait parfois bien les choses car en réalité nous souhaitionsIMG_1360 tous les deux pousser jusqu'à Cholpon-Ata. Nous y arrivons peu après alors qu'il fait cette fois nuit noire et devons marcher ½ heure en arrière à travers cette ville-rue bordée de bars et restaurants (preuve de l'activité de cette station balnéaire en été)  pour trouver pension. Après de longues recherches infrutueuses pour trouver une adresse nous aterrissons sur Un B&B où nous sommes accueillis  pas une très gentille femme, Tania, qui nous fait déloger un canadien du seul grand lit du lieu et le reloger dans un petit lit dans la pièce d'à côté.
                    Nous filons estomac à terre vers le restau le plus proche et nous laisson aller à la folie d'un poisson ! Là encore, 8 mois sans poisson nous le rende succulent d'autant plus qu'il l'est ! Un repas qui nous reviendra à 600 soms soit 12 euros. Pour ce prix nous aurons droit au spectacle des 4 femmes de la table d'à côté (dont l'une avec son bébé) qui se rincent le gosier à grand renfort de verres de vodka bus cul-sec les uns derrière les autres, dont un à notre santé!... Toute une culture !...

De retour à la pension nous faisons la connaissance de Tom, le canadien délogé, et entamons la discussion avec lui tandsi que la patrone et son gosse regardent « l'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux » dans notre chambre... La petite soixantaine, pas rasé, un peu bizarre mais quand même sympathique, cet ancien patron d'usine de je-ne-sais-quoi voyage depuis 9 ans avec pour tout bagage un minuscule sac à dos ! Pour être plus exact il voyage depuis 9 ans en rentrant néanmoins 4 mois au Canada chaque année... Je suppute que c'est un de ces types qui a consacré toute sa vie au travail au point de finir seul et qui n'a pas supporté l'inactivité de la retraite... C'est en tout cas l'impression qu'il nous fait.
                    Enfin nous filons à la douche dans un cabanon au fond du jardin (qu'il ne faut pas confondre avec la cabanon suivant auquel il manque une planche au plancher pour qu'on puisse se soulager les intestins dans la fosse qui est creusée dessous !). La douche est exquise bien que le pomeau de douche refuse ostinément de rester attaché au tuyau, mais bon, on est aventurier ou on ne l'est pas !!! lol, lol,lol... Enfin nous pouvons nous coucher sur une literie datant probablement d'avant l'Antiquité mais qui ne nous empêchera pas de passer une excelente nuit. Pas avant de nous être penché sur les cartes pour nous endormir l'esprit plein de parcours imaginaires et flous. Demain lever 9h00 ! Les piétroglyphes n'ont qu'à bien se tenir...

 

Posté par ouzpak à 19:31 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2007

Bichkek !

Le grand jour est enfin arrivé : celui du départ pour Bichkek ! A nous les montagnes, les yourtes, les sommets enneigés, les nomades, les chevaux et tout le tintouin ! Nous sommes impatients tant tout l'imaginaire lié à l'Asie Centrale semble nous attendre au Kirghistan ! De plus les deux derniers jours à Tashkent nous laisse espérer une météo enfin clémente de l'autre côté du Tian Shan ! Décollage étant prévu dans l'après-midi il est plus que temps de mettre à sécher le pantalon adéquat pour Marion avant de boucler nos sacs dans la matinée... On est organisé ou on ne l'est pas !!! ... Le résultat est néanmoins satisfaisant : 14,4 kg pour monsieur, 12,2 kg pour madame... Sans nourriture et sans eau ceci dit, détail qui se paiera ultérieurement comme nous le verrons...
C'est alors la routine habituelle du trajet jusqu'à l'aéroport de Tashkent : nous nous rendons au bord de l'avenue Abdulaev, tendons la main, une voiture s'arrête (probablement une Lada...), nous négocions le prix (4000 soums cette fois-ci) et il nous conduit à l'aéroport ! C'est pas plus compliqué que cela.
L'aventure commence avec les formalités de départ dont l'enregistrement est de loin la chose la plus aisée. C'est alors que nous nous rendons compte que nous avons oublié nos formulaires de douane d'entrée sur le territoire... Voilà ce que c'est que de préparer ses affaires au dernier moment ! Si le douanier a envie de nous emm..... il pourra s'en donner à coeur joie ! - Prenant cependant notre air le plus détaché nous nous y rendons et le premier indice n'est pas très encourageant. Le type qui nous précède est un jeune chinois ou coréen qui n'a pas  lui non plus son formulaire d'entrée. Le malheureux a alors le mauvais réflexe d'avouer qu'il l'a laissé dans sa valise ! Le douanier saute sur l'occasion et lui demande d'aller le chercher. Le pauvre garçon tout tremblant a gagné le droit de se lancer dans un parcour du combattant que je préfère ne pas imaginer pour récupérer son bagage en route pour la soute, d'autant qu'il ne parlait pas un mot de russe ! Il a du en baver... Aussi lorsque notre tour arrive nous déclarons tout simplement que nous l'avons perdu et on nous laisse passer le plus tranquillement du monde !!! Fastoche.
Nous attendons longtemps dans le couloir enfumé de la salle d'embarquement, mêlés aux passagers en partance pour Téhéran, jusqu'à ce qu'un type passe les mains en porte-voix en gueulant : "Bichkek ! Bichkek !"; un troupeau dont nous faisons partie se forme derrière ses fesses et nous rejoignons notre avion, un petit coucou d'Uzbekistan Airways, qui décolle bientôt. Le chinois est à bord ce qui prouve qu'il est arrivé à récupérer son bagage ou plus probablement qu'il en a été quitte pour un backshish au douanier.
Le vol se passe sans encombre et nous nous posons à Bichkek sur cette surprenante impression : c'est totalement plat !!! Nous venons dans ce pays de montagne s'il en est et nous nous retrouvons dans un endroit plus plat encore que la Beauce ! C'est quoi cette arnaque ?... J'en suis là de mes considérations lorsque nous découvrons alignés sur le tarmac d'énormes avions-cargos gris estampillés US Air Force ! Je ne vous dis pas les monstres d'avions, ils sont impressionants !!! Il faut savoir qu'à l'origine l'Ouzbékistan avait accepté d'accueillir une base américaine pour permettre à ses derniers de sévir joyeusement en Afghanistan. Mais rapidement le président ouzbek avait fouttu tout ce beau monde dehors, lesquels ont eu vite fait de retrouver un logement à Bichkek ! La petite histoire ne précise pas le montant du "loyer"... Mais je suppose que les chevrolets 4x4 utilisés par le personnel de l'aéroport sur le tarmac ne leur ont pas coûté cher.
La récupération des bagages et le passage de la douane kirghize est une simple formalité, mais nous y rencontrons un français que nous avions déjà croisé lorsque nous avions pris l'avion pour Amritsar ! Un parent d'élève de l'école bossant pour la BERD qui passe un coup de fil pour nous réserver une chambre chez Ismaïl, un algérien bien connu des expatriés de Tashkent car il tient une guesthouse à Bichkek. C'est une rencontre providentielle car les adresses proposées par le Lonely Planet n'avaient pas vraiment soulevé en nous un enthousiasme débordant. Nous passons la douane sans encombre et rejoignons l'extérieur où nous nous retrouvons immédiatement assaillis par une meute de chauffeurs de taxi qui nous proposent leurs onéreux services (tout restant évidemment relatif). L'un d'entre eux nous prend quasiment en charge pour nous amener au bureau de change de l'aéroport où le caissier débordant de malice et de sympathie me change joyeusement 20$ en déballant fièrement les 3 mots de français qu'il connait. Puis notre chauffeur de taxi nous ramène illico vers son véhicule tandis nous lui expliquons que c'est trop cher et que nous désirons prendre le bus ! Il ne nous en tient pas rigueur et, beau joueur, nous emmène au bon bus (20 soms) et nous regarde partir en nous saluant ! Fichtre ! Ils sont bigrement sympatiques ici ! Une impresion que ne se démentira jamais tout au long de ce séjour.

Les kilomètres qui nous amènent à Bichkek nous fournissent nos premières impressions : c'est moins sale, ou plutôt exactement moins triste qu'à Tashkent, et le parc automobile est très varié. A Tashkent c'est Lada ou Daewoo, ici il y a de tout : Wolkswagen, Toyota, Mazda, Ford, Fiat,Mercedes, BMW.... Ca n'a l'air de rien mais nous verront que c'est déjà tout un symbole sur l'état d'esprit et l'ouverture des deux pays. L'Ouzbékistan est un pays mou qui sommeille écrasé par un système et un régime archaïque ; le kirhistan lui vit, s'agite et dégage un dynamisme que permet un régime beaucoup plus souple quoiqu'encore largement perfectible.
Ici la circulation est dense et la ville bouge et vit, elle est propre et les enseignes lumineuses clignotent de toutes parts ! Là encore le contraste entre ces deux capitales centrasiatiques est flagrant ! Au loin nous devinons finalement les hautes montagnes enneigées qui se cachent de leur mieux derrière des brumes de chaleur. - En revanche, comme à Tashkent, la ville est constituée de larges et longues avenues soviétiques, destinées à l'origine à faciliter l'entrée et les manoeuvres des chars si besoin s'en était fait sentir !... Par contre les affreuses barres de "HLM" en béton de la capitale ouzbèke sont rares. Au contraire de nombreuses maisons ont un style russe évident avec un rez-de-chaussé en briquettes et un étage en bois parfois peint avec de ravissants balconnets plus ou moins sculptés. C'est adorable et cela fera naître quelques idées d'aménagement de notre future grange pyrénéenne. - C'est également à Bichkek que nous découvrons les premiers troupeaux de moutons avec gardiens montés sur des chevaux et kalpak sur le crâne !
Une fois descendus du bus (à Och Bazar) nous entrons enfin en réel contact avec la ville peuplée de gens souriants, joueurs, joyeux (là aussi, qu'elle semble loin la tristesse ouzbèke !), prévenants et aimables. Les regards sont vifs, ça sent la vie et la liberté ! Tant de changement en si peu de distance... Les amoureux se tiennent par le cou et s'embrassent, les enfants jouent sur les trottoires à trappe-trappe, à la marelle ou à se balancer des coups de poings... Ca vie, ça vibre ! Bichkek nous emballe immédiatement ! Mais pourquoi diable l'école française n'est-elle pas plutôt ici, à Bichkk, plutôit qu'à Tashkent ?!!
Nous cherchons notre bus et demandons à quelqu'un ? Celui-ci s'empresse de partir à la recherche de l'info pour nous ! Nous voulons aller à la rue "Kourinkieva"? Une femme aux pomettes hautes et aux yeux tirés avec son bébé dans les bras nous propose illico de la suivre puisque c'est là qu'elle se rend elle même !
C'est ainsi que nous descendons avec elle, à la tombée de la nuit, dans une ruelle sombre qui porte le bon nom. Le seul hic c'est que nous cherchons le n°195 et que nous sommes au n°16 ! 2km à pied, ça use, ça use !!!!...Pourtant la femme nous emboite le pas avec son bébé sur les bras et il faudra que nous l'invitions à rentrer chez elle pour qu'elle renonce à nous accompagner jusque là-bas ! Quelle gentillesse ! Merci encore à elle pour son aide.
Lorsque nous arrivons enfin au n°195 c'est la douche froide : c'est la Fédération Kirghize de Football ! Adieu le B&B de nos rêves ?!! Avant de nous avouer vaincus et de nous coucher dans le caniveau nous filons au resto illuminé à quelques mètres de là.... Le gîte de "Momo" ? Bien sûr qu'ils connaissent, et comment ! Momo c'est leur copain ! Et l'un d'entre eux de nous accompagner jusqu'à la frille d'entrée de cette énorme barraque qui porte le numéro 185 ! Vu la barraque, le Momo en question est tout sauf un malheureux !
Nous sonnons et c'est un type super sympa qui vient nous ouvrir accompagné par une meute de chiens joyeux dont Zozo n'est pas le moins turbulent ! C'est encore un jeune chien joueur mais il est pénible à nous sauter dessus sans discontinuer...Dans la cour trône un énorme bus 4x4 estampillé "Raid Gauloise", tout un programme et une pensée émue pour le Nem... On y trouve aussi 2 bustes de Lénine (dont l'un est coiffé d'un casque spéléo ("Ecrin Roc"pour les passionnés) sur fond de drapeau rouge à la faucille et au marteau ! Momo m'a tout l'air d'être d'un sacé nostalgique ! Pourtant il s'est magnifiquement reconverti au capitalisme si j'en juge par le prix de son gîte : 30 euros, c'est quand même très cher pour une nuit en semi-dortoir (mais nous sommes les seuls clients) au Kirghistan...
Nous apprendrons le lendemain qu'Ismaïl (Momo) est un algérien qui vit dans les ex-républiques soviétiques depuis Brejnev !!! Je me permets de supposer qu'à, la suite de l'indépendance algérienne et dans le cadre du rapprochement de ce nouveau pays indépendant avec l'URSS il a du faire partie de certains dispositifs d'échanges et de coopération entre les deux pays. Une fois l'URSS disparue, ledit Ismaïl a eu vite fait de se reconvertir et de s'adapter à merveille au système capitaliste. Dans les pays de l'ex-URSS les systèmes ont parait-il changé, mais ceux qui tirent les marrons du feu restent néanmoins les même...

Reconnaissons néanmoins que sa Guest-house est très chouette et agréable, nous y sommes très bien installés et le gardien kirghize est absolument débordant de gentillesse. Il nous accompagne d'ailleurs jusqu'au resto voisin pour nous recommander au patron ! Le resto est lui même très chouette dans son ambiance discothèque ! Nous y prenons un excellent repas kyrghizo-kazaque en nous délectant du spectacle de 3 filles qui dansent bientôt rejointes par 2 types (dont l'un a tout a fait mon style sur une piste de danse : sûr de lui, déhanché ravageur, rythme dans le sang !..... Mains dans les poches et un vague pied qui bouge maladroitement...). Ca danse ! Ca danse sec !!! sur la musique tantôt classique tantôt locale. Nos 5 danseurs sont bientôt complétés par un couple d'une 50aine d'année dont la femme semble ravi et le type est irrésistiblement drôle ! Il danse joyeusement et possède une botte secrète qui consiste en un lancé de talon dantesque, probablement issu d'une quelconque danse kyrghize traditionnelle... Bref, nous prenons un repas inoubliable ! D'autant que le patron est aux petits soins pour nous, me traînant même en cuisine pour que je puisse choisir  plus aisément ce que je veux dans nos crêpes !
Je juge prudent de demander à Marion de retenir le mot crêpe en russe : blinchis, et le hasard faisat bien les choses elle le retiendra à la première écoute !!! Allez savoir pourquoi ?... Finalement le paron nous raccompagnera jusque dans la rue en nous serrant chaleureusement la main, à tous les deux ! Ca aussi ça change de l'Ouzbékistan où seul l'homme a la paluche serrée ! - Nous rejoignons notre guesthouse où Zozo le pénible sévit de nouveau jusqu'au seuil de nos appartements ! La douche est chaude et nous nous couchons après avoir fait le tour de toutes les chambres munies de jolis tapis de laine tassée pour nous délecter des superbes photos accrochées aux murs et qui nous promettent tant d'émerveillement pour les prochains jours...

Posté par ouzpak à 16:38 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2007

Check list : ok !

C'est sous un temps déprimant (flotte, flotte et reflotte) que je suis parti cet après-midi affronter les effroyables hotesses d'Uzbekistan Airways en vue de prendre nos billets d'avion pour Bishkek, la capitale du Kirghistan. Uzbekistan Airways, tout un poème !!! Ceci dit reconnaissns que la pluie ambiante encourage fortement à aller voir ailleurs si le soleil y est !!! Ca donne du coeur au ventre quoi...
Et c'est parti, direction le métro avec bien sûr le sempiternel contrôle de passeport à la station "Буюк Ирак Юли"(Bouyouk Ipak youli : celle de chez nous). C'est d'ailleurs incompréhensible, ça doit faire au moins la 15 ou 20ème fois qu'ils nous contrôlent ! Ils ne nous connaissent pas encore ?... Bref, passons...
J'arrive donc au bureau d'Uzbekistan Airways et c'est parti pour le marathon ! En vieil habitué des lieux je me rends directementau bureau des vols internationaux et me retrouve face à une porte close sur laquelle trône une affiche dont je ne comprends vraiment qu'un seul mot : Заткрито (fermé !)... Je suppose que les autres mots doivent probablement comporter aussi "exceptionnellement"... A tout hasard je me rends donc au point d'information qui trône a milieu de la salle. Problème : ils ne parlent que russe.. C'est pas grave, je me lance pour apprendre que pour le coup ce sont les bureaux des vols domestiques qui vont traiter ma demande. Je fait alors ma demande et elle me donne les informations désirées à savoir les dates et heures des vols, j'y dégote ceux qui me conviennent et du coup décrète d'acheter. "Ah non... Il va falloir aller demander au guichet 16...".... Ca commence.
Me voilà donc au guichet 16 face à une hotesse pour une fois pas trop désagréable mais qui parle anglais encore plus mal que je ne parle russe ! Va pour le russe. Je dois donc expliquer pour la seconde fois ma requête et obtiens donc les même informations. Un coup de bol car ce n'était pas couru d'avance !!! Cette fois-ci c'est bon ? Je peux acheter.... (je passe l'épisode où elle veut absolument un papier prouvant que Marion est ma femme... Ben oui, ici, vivre ensemble sans être marié, c'est carrément inconcevable... Heureusement j'arrive à surmonter l'obstacle je ne sais trop comment). - Donc je peux acheter le billet ? - "Ah non, il faut une photocopie des passeports, ils vont vous la faire au point information"...... Ils n'auraient pas pu y penser avant bien sûr !
Me revoilà donc au point information où l'on me fait mes photocopie (on attend d'avoir une autre photocopie à faire d'une autre personne pour remplir toute la feuille A4, y'a pas de petites économies !). Ca y est, je retourne au guichet 16 pour avoir mon billet... "Ah non il faut payer d'abord - Oui. C'est combien ? - C'est pas ce guichet, il faut aller au guichet des encaissements."......... Aaaaaaarghhhhhh.... Je m'y rends : c'est combien ? - 635037 soums. - Ca fait combien en dollars ? - Ah non, on ne prend que les soums dans le hall des vols domestiques, il faut aller au bureau de change".......
Au bureau de change 2 greluches sont occupées à se raconter leur week-end, je suis le cadet de leur soucis. Néanmoins, entre deux châpitres on me sert. Plus de billets de 1000, plus que des 500..... Imaginez-vous la place que ça prend 1304 billets ! J'en ai une pleine brassée et c'est ainsi chargé, les deux bras en corbeille que je dois traverser tout le hall pour rejoindre le guichet d'encaissement ! J'y dépose mon chargement et par bonheur la femme ne vérifie pas à la main, il y a des machines pour compter les billets... J'y gagne une bonne demi-heure ! Bon alors, elle me les donne ces billets ? "-ah ben non, il faut retourner au guichet 16..." On se croirait vraiment dans une administration française !!!
Armé de mon récépicé je me rends donc de nouveau au guichet 16 où enfin on me delivre nos deux billets.... Allélouïa !!!! Il faut être patient mais comme on dit en Ouzbékistan : "tout s'arrange !"
Mais quand même, quelle fonctionnement invraisemblable. Il parait que c'est un héritage direct de feu l'URSS ce genre d'organisation où pour faire n'importe quelle tache simple on fait travailler 10 personnes ! Pas très efficace pour le client mais en revanche sans équivalent pour lutter contre le chômage !!!
Mais bon, finalement, quand on n'est pas pressé ça aurait presque son charme tant c'est absurde.
Et puis l'essentiel n'est-il pas d'avoir nos billets en poche ? Tenez regardez, nous n'avons plus qu'à boucler les sacs!

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Posté par ouzpak à 22:22 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Et hop ! Les petits Visas, dans la poche !!!!!!

Bon, comme beaucoup le savent maintenant c'est bientôt les vacances de Pâques, plus que 10 jours !.... Suffisamment remis de nos émotions indiennes nous avons décidé d'aller faire un tour dans le voisin et très montagneux Kirghistan avec l'espoir d'y débusquer des nomades vivant sous la yourte ! Et pourquoi pas s'y faire inviter ? Qui vivra verra !
Mais bien sûr un petit voyage comme celui-là demande un minimum d'organisation au premier plan desquelles : l'obtention des visas.
Si vous vous souvenez du calvaire que j'avais enduré pour obtenir les visas indiens vous comprendrez que c'est la mort dans l'âme que je me suis vu prendre le métro à destination de l'ambassade du Kirghistan. Celle-ci est perdue dans une ruelle de Tashkent non loin de la station "Хамид Олимжон" ( inutile de traduire je suppose...) J'ai bien entendu dû faire 15 fois le tour du quartier à pied en demandant aux passants où était cette satanée ambassade. Comme toujours, personne ne sait et lorsque 2 ouzbeks savent ils vous indiquent immanquablement tous deux une direction diamétralement opposée ! Et surtout ne vous risquez pas à sortir un plan, c'est l'assurance de vous retrouver n'importe où, ils ne comprennent absolument rien aux plans. J'ai donc fini par m'avouer vaincu et suis monté dans un taxi... Il ne savait pas où c'était non plus mais après avoir demandé aux passants que nous croisions et passé quelques coups de fils il a fini par trouver... Merci à lui.
Le pire m'attendait pensais-je en me remémorant les attentes sans fin, le je-m'en-foutisme, la cohue et les multiples aller-retour du consulat indien. A l'ambassade du Kirghistan je ne m'attends donc à rien d'autre... Les flics ouzbeks contrôlent mon passeport et appellent à l'intérieur avant de me dire que je devait attendre dehors "Пиат Минути" (piat minouti : 5 minutes)... Les 5 minutes dureront 1/4 d'heure ce qui est finalement surprenamment court ! Et ledit quart d'heure passe bien vite car le flic, sympa, vient tailler la bavette notamment en me louant les mérites d'un certain Jaques Chirac, démontrant par la même sa méconnaissance profonde dudit Jacquot... Je crois que je lui ai bousillé le moral en lui apprenant que nous allions changer de Président en mai !

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Finalement je peux entrer... Surprise ! Je suis absolument tout seul ! A l'ambassade kirghize, l'attente se fait dans la rue et personne n'attend ! - Surprise n°2 : le consul, à l'inverse de la tête de c.. indien, est extrêmement sympathique et souriant. Il me prie de remplir un formulaire très simple, me fait payer les 110 dollars règlementaires et... - Surprise n°3 me colle le visa sur le passeport ! Je n'en revient pas ! Le visa indien avait demandé plus d'une semaine et pas moins de 4 ou 5 venues à l'ambassade. Le visa kirgize est sur mon passeport 10 minutes après être entré dans le consulat ! Médaille d'or pour le Kirghistan !!!!
Je suis tellement pris au dépourvu que je n'avais même pas pris le passeport de Marion ! Le consul en rigole : "et le visa, je le mets où ?"... J'ai gagné le droit de revenir ! Ce que j'ai fait ce matin où j'ai été reçu tout aussi cordialement et je ne suis pas parti sans que le consul me souhaite un excellent séjour au Kirghistan en espérant que nous aimerons son pays !!!... Chapeau ! J'en connais qui ont des leçons à prendre ! Suivez mon regard...
Il ne reste plus qu'à prendre les billets d'avion.... Aïe ! Ca veut dire Uzbekistan Airways ça !.... Enfer !

Posté par ouzpak à 18:07 - D./ KIRGHIZSTAN : Le tour du lac Yssik-Kol : - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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