05 avril 2009
Les jours suivants entre pistes et wadis
Nous prenons la mesure du bonheur de parcourir des endroits déserts et sauvages à notre rythme, en suivant les pistes du mieux que nous pouvons!
Le troisième jour à Oman :
Wadi Al Luhlu, pour commencer, de bon matin, serpente en fond de gorges au milieu des ardoises et des falaises calcaires. Nous arrivons en équilibre au sommet d'un petit col plongeant sur une plaine d'acacias. La route rattrapée, nous filons le long de la côte, en direction du sud.
Arrivée sous un soleil blanc au village de pêcheurs de Qurayyat. C'est l'heure de la prière, les hommes laissent les embarcations sur la plage, traversent la ruelle en front de mer et déposent les chaussures à l'entrée d'une toute petite mosquée qui fait face à la mer. D'autres moins courageux, font la sieste à l'ombre de paillotes, sur le sable!
On pousse jusqu'à la plage de Daghmar. Les crabes y font la course et les mouettes attendent la becquée autour des barques où l'on ouvre les filets. On prend une baignade sous les falaises avant d'étudier le parcours de l'après-midi. On décide de suivre les "variantes-pistes" proposées par notre guide. On ne comprend pas encore que tout l'intérêt de l'aventure est justement là : les routes de terres et de cailloux qui mènent dans des fonds de vallées magiques et préservées! 
Par le wadi Dayqah, on veut atteindre Al Misfah. On croit s'être trompés et on demande la route à un homme dans un petit village : "Mais vous êtes à Al Misfah"... Je réponds : "Déjà! Mais pourtant on ne peut pas aller plus loin et la route nous indique un fort et le wadi Al Abriyyin!
- Mais si poursuivez, sous les arbres, en contre bas, sur le petit pont, la route continue!"
Le petit pont en question, il faut le deviner derrière un rideau de verdure et surtout bien vouloir croire qu'une voiture y passe tant il est étroit. Heureusement un pick-up chargé de chèvres nous double en trombe et nous ouvre la voie! De l'autre côté, au sommet de la colline, se dresse le fort, avec autour une belle palmeraie parcourue des fameux "falajs" (système d'irriguation ancestraux amenant l'eau des sources jusque dans les villages). Les premiers que l'on voit! De là, les intructions semblent aisées mais nous nous trompons! Deux hommes abandonnent leur rasoirs, leurs brosses à dents et leur projet de toilette pour monter avec nous et nous indiquer la pistouille à droite que l'on a râtée! Plus loin ils descendent et regagnent leur hameau en coupant par les montagnes. Impossible de leur faire accepter de se laisser reconduire!
Nous arrivons au meilleur moment de la journée : 16 heures. La lumière décline et se fait plus chaude, rouge, dorée, orangée... Quel bonheur, sur cette alternance de plateaux et de vallées, tantôt ocres, tantôt noires. Nous choisissons de rajouter encore une boucle sur piste pour atteindre le village de As Suwayh et sa magnifique petite cascade. Il fait bon s'y rafraichir et goûter à la douceur de cette fin d'après-midi sous les palmiers. Stéphane grimpe jusqu'aux falajs qui nous surplombent.
Nous revenons sur nos pas et prenons une enfant, un homme et un grand père en stop. Mais où vont-ils à cette heure ci, pieds nus, sur une piste caillouteuse sans fin! On ne le saura pas puisqu'à la fourche suivante, nous piquons à droite, le long d'une rivière verte, tandis qu'ils continuent tout droit. Le fond du canyon qui nous ramène à la côte est splendide. Nous nous arrêtons pour observer un petit renard qui galope non loin de quelques maisons isolées. Le jour tombe. Nous avons juste le temps d'arriver non loin de Tiwi, sur de hautes falaises qui surplombent la mer. Nous ramassons quelques brindilles et trouvons un petit renfoncement au milieu des rochers. C'est là que nous dormons, bercés par les flots, sous l'oeil attentif des étoiles...
Le quatrième jour à Oman :
Nous sommes réveillés très tôt par des pêcheurs... Ils viennent poster leurs cannes à pêche à deux pas des duvets. Ça n'a pas l'air de les gêner. Stéphane a profité du lever de soleil. Quant à moi, je me suis
rendormie un peu au milieu des coquillages. Le petit déjeuner est vite pris. Le guide nous assure qu'à moins de 10 kilomètres se trouvent les deux plus beaux wadis du pays. Après les paysages sublimes de la veille, on a du mal à croire que l'on puisse trouver plus beau! Notre élan est vite coupé. La piste qui nous ramène à la route nous fait échouer sur une petite crique de rêve où le sable blanc est léché par un eau transparente qui nous attire. On est à l'eau en un rien de temps. Elle est bonne! Et quelle surprise, c'est plein de poissons magnifiques, bleu nuit, jaune vif, argentés : vive masques et tubas. C'est vraiment incroyable un tel réveil...
On se décide à quitter notre petite plage pour gagner Tiwi. C'est mignon tout plein ce village accroché à la falaise avec sa petite hanse de pêcheurs en contre-bas. Quelle n'est pas notre suprise de trouver en arrière de cette minuscule plage où dorment les barques, l'entrée imposante d'un wadi rouge, baigné de soleil! C'est splendide : les palmiers tombent sur une rivière turquoise. On est sur le sentier qui remonte le canyon à une vitesse record et on suit trois petits garçons de Tiwi qui ont pris leurs vélos pour une balade dominicale. Ils sont rigolos. La remontée des gorges est absolument sublime. Il fait chaud et l'ombre des palmiers n'en est que plus appréciée.
Au bout d'une heure de marche, le sentier passe le cours d'eau et change de rive. Nous trouvons non loin de là un homme qui dort à l'ombre d'un arbre. Nous en profitons pour lui demander s'il sait ce qu'il y a à voir plus haut. Rien de plus, nous assure t-il mais par contre, en redescendant à la rivière et en remontant le cours d'eau à la nage, trois bassins exactement, se trouve un grotte. Il nous presse d'y aller. Nous sommes comme des fous. Apparemment nous ne sommes pas les seuls à avoir été tuyautés. Une danoise assez âgée barbote dans la piscine. Elle attend son mari qui est parti en reconnaissance. Elle nous propose de garder nos affaires. Elle n'a pas fini sa phrase que nous sommes déjà à l'eau. Nous avons eu très chaud mais l'eau est tellement douce que nous entrons sans hésiter. Finalement, le jeune homme qui nous a indiqué la cave nous accompagne.
La dernière piscine parait longue à Stéphane surtout qu'au bout, il y a une falaise : il faut se glisser dans une faille étroite. Heureusement il y a des prises sur la roche. Les fonds du bassin à cet endroit ont une couleur d'un vert très profond, la lumière arrive en biais jusque là d'un jour dans la cave. Le moment est absolument excitant. On est ébahis! Il y a une cascade à l'intérieur et une corde pour monter au dessus et plonger. Stéphane relève le défi. J
e préfère rester dans l'eau et glisser sous la roche pour passer derrière la cascade. Les paroies sont dorées et recouvertes de petites mousses, baignées de la lumière qui perce à travers un conduit au dessus du bassin. Nous profitons quelques minutes de l'endroit puis regagnons nos affaires. Nous sommes euphoriques. Le hasard des rencontres est parfois merveilleux. Notre "guide" converse avec nous tout au long de la descente. Il est du village de Tiwi. Difficile de laisser tant de beauté derrière nous... C'est l'heure de la sieste que nous faisons au bord de l'eau dans le wadi voisin, à l'ombre d'un gros rocher.
A SUIVRE
29 mars 2009
Nos premiers pas au Sultanat d'Oman
Voici déjà trois semaines que nous sommes rentrés... le temps passe vite! Mais il n'efface pas l'arrivée ouatée à Mascate. Nuit blanche dans les avions, après une journée folle dans les rues de Delhi où nous faisions escale ; déboires avec les agences de location de voitures à l'aéroport qui réclament une caution trop élevée pour être acceptée par notre compte en banque ; sortie sur les quatre voies au petit matin pour trouver un taxi qui voudra bien nous trouver un hôtel où enfin dormir... Et soudain, Mutrah est là, sa corniche, son marché aux poissons, son port : la mer. Nous errons sur les quais et le front de mer en attendant d'avoir une chambre libérée. Les yeux sont lourds mais nous sommes émerveillés par les étals de la criée, la blancheur des tenus omanies, les couleurs vives des poissons jusque dans le port, la majesté des vieux navires traditionnels amarés au loin.
Dans l'après-midi, après avoir beaucoup dormi, au son du ventilateur, nous allons jusqu'à la vieille ville en longeant la mer. L'air est délicieux et la lumière de fin de journée dore les façades blanches des maisons. Les hommes sont de sortie. C'est l'heure de la marche et du footing. Nous faisons le tour du palais du sultan, déambulons dans les ruelles avant de regagner Mutrah. Demain, il fera jour pour arranger la location de 4X4 avec l'hôtel.
Le lendemain matin, tout va très vite : on se retrouve avec un gros véhicule rouge entre les pattes sans s'en apercevoir! On doit même courir après le loueur pour lui demander comment passer en 4 roues motrices. Il est parti trop vite... et sans demander de caution. On file faire le plein de victuailles. Les rue n'existent pas : imbroglios de voies rapides et autres 2X2 voies! On déniche de vraies trésors pour notre périple : du fromage français, des fruits frais et secs, des biscuits, et même des chocolatines! C'est parti, direction le sud de Mascate pour notre premier bivouac sur la plage, tout prêt du minuscule village de pêcheurs de Tiwi. Visiblement, l'endroit est connu. Nous arrivons à la nuit tombée et l'on distingue déjà des toiles de tentes et des feux de camps sur la plage : à nous d'en faire autant.
Le réveil est matinal : c'est bon d'être tiré par du duvet par le soleil déjà chaud. Stéphane a déjà fait connaissance sur la plage avec les pêcheurs qui arpentent la plage de long en large. La marche a l'air très appréciée des hommes. Un p'tit dej suivi d'une baignade dans l'eau claire et calme. Et la journée peut commencer !

































