Le rendez-vous ouzbek

Partis vivre à Tashkent pour 3 ans, ce blog vous racontera nos aventures tant en Ouzbékistan que dans nos explorations des alentours... Récits détaillés et belles photos sont pour vous !

01 octobre 2009

Petit à petit, l'oiseau fait son nid...

Le poussin était déjà dans l'œuf, joyeusement couvé par la future maman. Quelle drôle d'idée me direz-vous de faire l'œuf avant de bâtir le nid ?!!! Et ben oui ! On est comme ça nous et au diable les conventions....
Sauf que bon, on y a quand même pensé hein, je vous rassure ! Et donc quoi ? Et ben oui, nous avons trouvé la maison qui a été élue comme devant abriter notre petite famille en construction et notre nombreuse progéniture à venir !

Samedi dernier nous en, faisions la visite. Il faut être honnête : on avait à peine franchi le seuil qu'on avait compris qu'elle était pour nous ! Chaque pas et chaque découverte en suivant ne faisant que rajouter à notre excitation... On y a traîné un sacré moment, déambulant sans fin au grès des pièces et imaginant déjà secrètement la merveille que nous allions tirer de cet endroit !
Mardi matin je transmettais notre offre à l'agent immobilier et mercredi après-midi celui-ci nous signifiait que la propriétaire était d'accord. Et voilà... Demain j'apporte des papiers chez l'agence immobilière pour que le notaire puisse préparer le compromis de vente que nous devrions avoir signé d'ici une dizaine de jours semble-t-il !

Alors rapidement la maison se trouve dans un tout petit mais superbe village du piémont pyrénéen sur les coteaux Est-Nord-Est de Lourdes qui est à peine à 10 minutes en voiture (Tarbes à 20 minutes). Village très mignon tout en pierres et en toits d'ardoises entre 2 rangées de hautes collines champêtres.
La rue principale qui le traverse est une route de campagne peu passagère (excepté les cyclistes, on se croirait au Tour de France !). La maison, elle, se trouve sur une étroite  ruelle adjacente et est mitoyenne des deux côtés. elle est recouverte d'un affreux crépi gris mais dessous c'est de la pierre magnifique... Inutile de préciser où finira le crépi gris... Elle est composée d'une maison carré d'environ 30/35m2 sur 3 étages (dont un sous combles) avec un garage accolé de 35m2 aussi sur 2 étages (le second aussi sous combles.
Pour le reste il y a du boulot ! Le toit est à refaire ainsi que l'électricité (30 ans sans habitants, les normes sont approximatiuves !). La plomberie, elle, est à faire quasiment en entier - mais Ô joie !- la mairie installe le tout à l'égoût dans la rue le mois prochain !. Il faudra aussi faire l'isolation et il est probable que nous changerons toutes les fenêtres pour mettre du double-vitrage. Enfin il y aura une chappe à terminer dans le garage avant d'y poser un plancher tandis qu'un autre plancher devra être mis dans les combles dudit garage.
Après ? Ben une poignée de cloisons au premier étage , l'escalier du bas à consolider (à peine, 3 fois rien), celui du haut à retoucher ou même à refaire. Et voilà ! Ca fait pas mal de boulot mais on va tous vous embaucher alors on s'en fout !

Pour les photos : ben j'ai fait un album ! Faites les défiler une par une pour lire les commentaires qui guident la visite.

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29 septembre 2009

Retrouvailles...

sorbier

premiers_pas

Voici un mois maintenant que nous sommes rentrés sur les Hautes-Pyrénées. Et pourtant il nous aura fallu attendre ce week-end pour retrouver enfin nos chères montagnes pour constater - une fois encore ! - que ce sont bien sûr les plus belles du monde !!! Si,si... (Avec un peu de chauvinisme placé là où il faut c'est la vérité !)
Certes ça n'a pas encore été de la sévère randonnée, ni l'ascension de quelques pics élancés, mais c'était une bien belle reprise de contact. Dimanche matin vers 8h00 l'envie me prend. Lebrebis temps de consulter la météo sur Internet qui nous promet un ciel bleu sans partage (on ne se méfie jamais assez de Météo France) et de réveiller Marion, et nous voici partis pour Hautacam... Sous un ciel gris bien entendu !
Qu'importe puisqu'il n'a pas plu et que le paysage était là. Quel bonheur de retrouver les troupeaux de brebis, de vaches et de chevaux de trait déambulant un peu partout au son des sonnailles ! C'est aussi la rencontre avec les bergers galopants à travers les pentes en appelant leurs bêtes, aidés par leurs chiens si extraordinaires. Nous croisons également de nombreux pêcheurs partis à pied jlaquetusqu'au lac d'Isaby et autres lacs du secteur pour y taquiner les truites.
Descendu audit lac, nous avons poursuivi dans un vallon jusqu'à un autre petit laquet avant de bifurquer à gauche pour une traversée un peu pénible dans les pentes herbeuses assez raides pour rejoindre la crête. Là, l'horizon est barré par une nouvelle crête très raide derrière laquelle se cache le Lac Bleu et le Pic du Midi de Bigorre (que nous ne verrons pas).
Le bonheur est cependant ailleurs ! Il est dans les reflets tatntôt gris, tantôt bleus, tantôt verts des lacs que nous dominons. Il est dans la beauté des pentes pyrénéennes sur lesquelles courent 1000 chemins aux destinations toutes plus tentantes les unes que les autres. Il est encore dans lacr_te_l_viste fascination de la crête sous le Pic Léviste hérissée de gendarmes et d'éperons saillants. Il est dans le silence magique des montagnes juste troublé parfois par les clochettes des troupeaux. Et puis aussi dans les couleurs ! L'automne arrive et s'installe sur la montagne. Les bruyères blanchissent là où les myrtilliers ( je ne sais pas comment ça s'appelle ?!) jettent des tâches allant du orangé au rouge vif sur toutes le pentes ! Les myrtilles ? Parlons en ! Elles sont là par millions et nous mentirions sacrément si nous prétendions ne myrtillesles avoir pas goûtées... Plutôt deux fois qu'une d'ailleurs ! Succulentes : sucrées à souhait, fondantes, un régal. Il n'est pas exclu que nous y retournions dès le week-end prochain pour en faire forte provision afin de les préparer confitures qui nous régaleront durant l'hiver mais aussi l'incontournable tarte aux myrtilles qui nous peindra la bouche en noir.

Avant de retourner à la voiture et à la vallée, comment ne pas rester songeur face à ces deux Montaigumonuments de la philosophie que nous trouvons peintes sur la porte d'une cabane d'alpage :
"Je chasse propre, je ramène mes cartouches !"
et
"Ne faites pas comme ce connard qui a bousillé la serrure !"

Je vous laisse y réfléchir...

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19 mai 2009

Navruz

Petit retour sur l'évènement printanier centrasiatique : NAVRUZ

sumalak_2Navruz (aussi appelé Noruz, Nowruz, Nowrooz, and Nawruz), fête du printemps, est célébrée depuis au moins 2500 ans. Elle trouve ses origines en Perse et se voit souvent associée avec la religion zoroastrienne. Son nom signifie « jour nouveau » en persan. Navruz marque le premier jour de l’année et à cette occasion, les rois perses portaient une couronne décorée du cycle solaire annuel. Ils se rendaient au Temple dédié au soleil et distribuaient généreusement des cadeaux aux citoyens.

Aujourd’hui Navruz est célébré chaque année, le 21 mars. Dans l’hémisphère nord, cette date correspond souvent au moment à l’équinoxe de printemps. Les heures du jour sont alors égales aux heures de nuit. Il s’agit en quelques sortes de la victoire de la lumière sur la nuit. Il annonce le retour du printemps, des semaisons et des récoltes. pot

Il s'agit en Ouzbékistan de se retrouver en famille ou plus largement au sein de la "makhala", quartier, pour tourner le "sumalak", sorte de pâte brune à base de blé germé, cuit dans un chaudron, sur le feu de bois et remué pendant plus de 24 heures! C'est l'occasion de danser, chanter, discuter toute la nuit tandis que les enfants s'endorment près du feu.

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12 février 2009

Le garage tient toujours !

A la demande générale on nous demande de raconter la suite de l'aventure qui nous oppose aux autorités en charge de la couleur des garages et de la hauteur des sapins... Je vais m'exécuter ! Mais avant un petit retour sur la génèse de cette abracadabrante affaire qui restera à coup sûr l'un des moments les plus rocambolesque, les plus absurdes et finalement les plus drôles de notre séjour en Ouzbékistan !
Donc un beau matin, alors que toute l'avenue était, comme tous les jours bloquée pour laisser passer le convoi de Sarkomov et des ses ninjas recouverts d'armes et en 4x4, le numéro 1 du royaume entrouvrant un oeil (qu'il a vif) a décrété que la couleur des garages (gris) n'étaient pas à son royal goût et même qu'ils étaient moches ! Il ne voulait plus avoir à souffrir de leur vision... Dans un excès de zèle dont ils sont coutumiers, les mousquetaires locaux ont donc informé les malheureux riverains de l'itinéraire présidentiel que les garages trop visibles devaient disparaitre tandis que les moins visibles devaient être camouflés en les peignant en vert et en étant ceinturés de sapins... L'important était que l'iris de Ramsès II n'ait plus à endurer cette vision d'épouvante que constituaient ces garages métalliques gris.
Aussi étions nous surpris depuis une bonne semaine de voir un grand nombre de garages en cours de démontage dans tous le quartier bordant l'avenue Abdulaev ! Rentrant du boulot, j'étais aussi tombé sur une scène inhabituelle : il y avait un atroupement en bas de l'immeuble voisin avec 3 flics au milieu et une femme qui gueulait, la rage au lèvre et les larmes dans les yeux : "et que voulez vous que je fasse ? Qu'est-ce que je peux faire hein ? Je n'ai pas le choix, on va payer ! Puisqu'on ne peut pas faire autrement, on ne peut que payer !"... Je ne comprenais pas du tout de quoi il retournait mais le désespoir de fette femme m'avait marqué. 3 jours plus tards le flics venaient nous donner 18 heures (la nuit) pour peindre notre garage en vert et planter des sapins ! Et c'est dans la plus grande improvisation qu'il en fut fait ainsi, dans la nuit et sous une pluie battante ce qui, chacun le sait, constitue des conditions idéales pour se livrer à de telles activités !... Notons au passage que seule une face du garage étant susceptibe de commettre le crime de lèse-majesté, seule une face du garage devait être peinte. Résultat nous avons un garage vert sur une face et gris sur les autres, mais bon bref....
Depuis nous avons appris que les infortunés propriétaires de garages  qui avaient eu l'outrecuidance de déplaire à la pupille délicate du Prince et qui ont par conséquent été au mieux déplacés ailleurs (hors de la vue de son altesse) ou détruit ont encore dû payer pour le service qui leur était rendu !!!! D'où la colère de cette femme qui devait payer pour qu'on lui rase son bien... Heureusement la version officielle vient nous apprendre que finalement ce serait pour embellir la ville qui fête son 2500ème anniversaire ! Ouf ! On a eu peur que ce soit un caprice... Les gens sont mauvaise langue quand même... Toujours est-il que le quartier est en chantier : de nombreux garages étant démontés tandis que peinture et sapinettes tentent de cacher les survivants !

Pour notre part nous avons bien dû optempérer aussi ! C'est ça le comble : il faut plier le genou ! Du coup mardi matin j'ai dû renoncer à aller travailler pour me faire emmener sur la route de Samarcande (à 1 heure de route) pour aller acheter de la canisse et m'empresser de la monter le long de notre barrière qui clôture le jardin... Sous une pluie battante, dans la boue, comme un malheureux, c'est avec l'aide de Talik que je m'y suis attelé, terminant le travail le soir avec Marion après le boulot ! Tout est maintenant ok... Et notre garage est toujours debout ! Nous ignorons si les autorités sont repasées, il semblerait que pas encore, mais on verra bien. Encore que nous ayions contrevenu aux "ordres" puisque nous n'avons pas planté d'arbres mais posée la canisse ! Il faudra que ça leur aille à ces andouilles ! Ils ont qu'à les payer, eux, les sapinettes !!!...
D'ailleurs Brad m'a raconté que quand il avait posé la première canisse (celle que nous avons dû remplacer puisqu'elle était tombée avec la neige et l'âge) on lui avait interdit de la mettre. Il avait insisté auprès des administrations argant que ladite canisse lui permettrait de profiter de son jardin à l'abris des regards, ce à quoi il s'était vu rétorquer : "justement !..." Il l'avait posée quand même et on ne lui a jamais rien dit car ils avaient décrété que c'était certes  "interdit" mais finalement "joli"... Espérons que nous tomberons sur un fonctionnaire au goût aussi sûr ! lol... Mais de toute façon c'est Brad qui nous a dit de remettre des canisses, donc on est couverts !...

Mais quelle histoire de fous quand même ! A priori l'hisoire s'arrête là, sauf si les flics en décident autrement le jour où ça les prendra. Ou jusqu'au jour ou Monsieur estimera que finalement mauve à poids verts pomme il aime bien...

(photos pour illustrer cet article plus tard car là, il fait nuit et pour les photos...)

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10 février 2009

la suite ...

anni0003Le jardin est métamorphosé : hier soir à la nuit, des types, orchestrés par la voisine armée d'une lampe baladeuse, raccordée à l'aide de deux ou trois rallonges, ont peint en vert sapin (c'est le deux en un!) et sous une pluie battante, les murs en tôle des garages.  Devant tant de réactivité, nous nous sommes aussi organisés... Nous avons ameuté toutes nos connaissances uzbekes en anni0008matière de bricolage pour trouver à nouveau de la canisse et fermer correctement le jardin avec une barrière qui a souffert des quelques flocons de neige de l'hiver. Pour ça, expédition ce matin, aux abords de Tashkent avec Talik, l'artisan et Vanessa, heureuse proriétaire d'un gros 4X4... Espérons que l'installation leur conviendra et qu'au contrôle de 10 heures, il ne faudra pas tout démonter! La pluie tombe toujours : une vraie partie de plaisir en perspective...

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09 février 2009

"Si c'est pas vert demain matin à 10h00, on arrache !..."

C'est une de ces histoire à dormir debout et pourtant incroyablement vraie que peuvent nous réserver quelques rares pays dont l'Ouzbékistan... Un type qui passe dans sa grosse voiture tous les matins sur l'avenue aux alentours de 9 heures a décidé que...
Ce soir on rentre du boulot vers 17H00 et comme l'appartement est surchauffé, on ouvre la porte du jardin pour rafraîchir la pièce. Dehors c'est l'effervescence et une voisine alpague Marion au cœur d'un petit attroupement au milieu duquel trône un flic. Et tout ce beau monde nous explique que si les garages ne sont pas peints en vert avec des sapinettes plantées tout autour pour demain matin 10h00, ils arrachent tout !!!!
Mais c'est une blague ?! C'est pas possible !... Comment veulent-ils qu'on y arrive ? On ne sait même pas où acheter ni peinture ni sapinette, a-fortiori pour demain ! Les voisins semblent moins inquiets... Philosophes, ou résignés, ils annoncent tranquillement qu'ils vont faire ça cette nuit.... Et la voisine de démarrer sur les chapeaux de roue pour trouver arbustes et couleur.
Nous, pour l'instant on est morts de rire !!! Jusqu'à demain matin 10h00..... Quelle histoire de dingue !

Non mais quand même, qu'est-ce qu'on rigole...

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12 janvier 2009

La leçon de dotar

Petit intermède musical uzbek avant la suite de nos aventures au Népal... Pas mal, hein, le dotariste!?

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08 janvier 2009

Le théâtre Ilkhom

Que serait Tashkent sans l'oeil subversif du théâtre Ilkhom?! C'est une toute petite salle obscure où se dit de grandes choses... Nous y allons régulièrement pour assiter à des représentations  superbes. Son directeur, mondialement connu, Mark Weil a insufflé à sa troupe quelque chose de singulier, quelque chose qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans les steppes alentours. tr__s_concepte
C’est en 1976, en pleine ère soviétique, qu’à l’âge de 23 ans, Mark Weil fonde à Tachkent, en Ouzbékistan, le théâtre Ilkhom, l’une des toutes premières compagnies indépendantes en Union Soviétique. Ce lieu deviendra très vite l’un des bastions du théâtre expérimental, lieu de rencontres et de vie très populaire, creuset de mélanges entre artistes russes et ouzbeks. La plupart des acteurs de la compagnie travaillaient par ailleurs dans les théâtres d’Etat, et venaient jouer tard dans la soirée au Théâtre Ilkhom, après avoir fini leur travail. Le théâtre ne va pas tarder à ouvrir une école d’acteurs, qui prend le relais de l’Institut théâtral d’Etat, académique et poussiéreux. Un lieu militant, donc, mais aussi tout simplement un point de convergence pour la jeunesse ouzbèke, qui abrite aussi des concerts et une discothèque. Le théâtre s’est très vite orienté vers des textes interdits par le régime (Le Chant des canards de Vampilov, Le Dragon d’Eugeni Schwartz…). Dans Les Comédiens de rue, Mark Weil intègre à son travail certains dispositifs du théâtre de rue, et enclenche une tournée à l’étranger.

Avec la perestroïka, l’étau se desserre quelque peu et les artistes obtiennent davantage de liberté. On les autorise à jouer ces pièces… que le Théâtre Ilkhom avait données pendant des années clandestinement ! Réaction de Mark Weil : nous avons déjà dit toutes ces choses autorisées, quand elles étaient interdites ; à présent qu’elles ne le sont plus, nous n’avons plus qu’une issue : nous taire. Le Théâtre Ilkhom engage alors tout un cycle de spectacles muets, des pantomimes qui parlent bien plus que les grands discours de la morale autorisée. Car c’est bien là un des traits fondamentaux de cette aventure artistique, qu’elle va déployer avec force quand l’Ouzbékistan obtient son indépendance : ne pas juger, ne pas moraliser ni diaboliser, juste observer, et renvoyer à la société un miroir, forcément ironique, nécessairement interpellant. Une position très politique, naturellement dérangeante. D’autant plus que les spectacles continuent à tourner à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

En 1992, le Théâtre Ilkhom crée Les Heureux Mendiants, d’après le canevas de Carlo Gozzi, un spectacle qui reprend les puissants ressorts de la commedia dell’arte, spectacle culte, spectacle phare qui ne va pas tarder à devenir le « best-seller » de la compagnie, au point d’être encore joué aujourd’hui.

Plus la situation politique évolue, plus la compagnie de Mark Weil se refuse à la réaction immédiate et frontale à ce qui se passe. Des spectacles d’images sans parole aux scènes de la commedia (dont on sait le rôle politique qu’elles ont pu jouer dans l’histoire), le Théâtre Ilkhom en vient au grand répertoire russe d’abord, puis mondial : Pouchkine, Tchekhov, Shakespeare, jusqu’à L’Orestie, la trilogie d’Eschyle, qui devait ouvrir la saison en septembre dernier, au moment où Mark Weil a été assassiné.

une_part_de_gu__teau_et_un_th___et___a_repart_Paradoxalement, l’assassinat de son leader survient au moment où le théâtre d’avant-garde de Tachkent semblait quitter les périlleux chemins de traverse de la clandestinité pour affirmer et réaliser un travail, en apparence plus consensuel, autour du répertoire. En apparence seulement. Car le théâtre, en réalité, n’a jamais cessé d’agiter des questions qui passent mal, des préoccupations essentielles pour les Ouzbèkes, mais irrecevables pour ceux qui en gèrent le destin… La liberté d’expression, la liberté sexuelle, les fondamentalismes religieux, l’autoritarisme, le militantisme, autant de sujets sensibles et explosifs.

Qu’ils parlent avec les mots du répertoire théâtral mondial ou qu’ils se servent du mime ou de la commedia, les acteurs du Théâtre Ilkhom tapent toujours là où ça fait mal. Leur théâtre dit tout haut, même pour quelque-uns, ce que tout le monde pense tout bas. Et cela fait tache, forcément, même si la presse officielle préfère se taire, et ne rien en dire. Car le fait d’utiliser le détour et la médiation de la fiction ne gomme en rien la force politique de ce qui se joue sur la scène. Le Vol de Machrab, par exemple, est un spectacle qui s’adresse indirectement au pouvoir, en passant par la médiation d’une figure historique du soufisme, qui a vécu en Asie Centrale au XVIIe siècle, et qui n’a aucun problème pour défier le trône, quitte à lui pisser dessus… Dans ce spectacle, largement co-écrit par les acteurs (la part d’improvisation est essentielle, et c’est là que se joue bien sûr le tour politique que prennent les spectacles de Mark Weil), le Président de l’Ouzbékistan, Islam Karimov, est largement cité, notamment lorsqu’il réprimait des manifestations d’opposants, au nom de « [s]a conception de la justice», pour laquelle il se disait prêt à mourir. L’homosexualité, toujours pénalisée dans le pays, est un autre thème fort qui traverse les différents spectacles : un thème électrique, que l’on retrouve notamment dans Extase avec la grenade, spectacle incroyablement autobiographique, voire prophétique, dans lequel Mark Weil parle des conditions de la vie des artistes, de la culture en danger, du pouvoir qui risque fort de casser le travail de l’art.

Quelques mois avant sa mort, Mark Weil avait dit à ses acteurs : « L’artiste vit selon ses propres lois, et l’on ne peut juger l’artiste que selon ses propres lois. L’artiste essaie toujours de séparer son univers de la noirceur ambiante, et vers_la_sallesouvent, il devient la victime de cette noirceur. » Des paroles qui, après-coup, prennent une résonance testamentaire, et qui montrent clairement que Mark Weil était conscient de mettre les pieds dans des zones dangereuses. Ce qui ne l’a jamais empêché de continuer son travail, jusqu’au bout.

Des assassins y ont mis un terme dans la nuit du 7 septembre 2008 définitivement croyaient-ils. Ils se trompaient : le Théâtre Ilkhom, qui devait ouvrir sa saison le lendemain, continue son travail, sans fléchir, et l’on peut aujourd'hui encore voir son travail jusqu'en Europe.

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21 octobre 2008

C'est les vacances !

4ème jour de vacances qui débute : c'est chouette les vacances ! Mais tout a une fin puisqu'après 3 jours de glandouille intégrale je reprends le collier de la préparation au concours aujourd'hui... Je me mets aux maths cette fois-ci. Quelle plaie ! Samedi on n'a rien fait du tout. Surtout moi car Marion, elle, est partie à Tizikovska d'où elle nous a rapporté des flutes à Champagne § Y'a plus qu'à trouver le Champagne ! Dimanche nous avons été invités au Théâtre Navoï par la fille d'une cantatrice. On ne savait pas ce qu'on allait voir : ça a été un opéra de Tchaïkovsky, pas un seul air connu, tout en russe, 3h00 de rang.... Pffffffff ! L'opéra c'était une première pour moi, on ne peut pas dire que j'ai été conquis ! Sur 3 actes il y en avait facilement 2 et demi de trop, je n'en voyais jamais la fin ! Pour me consoler et me récompenser de mon courage à endurer celà nos avons fini au Mir Burger, srte de MacDo local, en meilleur. Hier journée sympa avec repas à l'IFEAC, visite du musée des Arts Appliqués (toujours aussi beau ! - nous y avons vu un tapis en soie incroyable : d'une légèreté, d'une souplesse incroyable - découverte d'un magasin d'antiquités très chouette et pour finir pizzas délicieuses en ville avec Marc et Nakissa. QUand c'est comme ça, Tashkent est vraiment une ville super agréable !

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05 octobre 2008

A la recherche d'un moyen de locomotion pour le retour :

M21_bleue_cielMoi, cheveux au vent, le regard lointain de "celui qui a été là-bas" ; elle, un indéfectible sourire de bonheur aux lèvres, le regard porté sur moi, son chauffeur d'aventure..... Bon d'accord, je suis plutôt attaqué ! Faut me pardonner, je viens de passer ma journée à bosser le concours, faut que je décompresse ! Et je me suis ditVloga_int_rieur que je pouvais peut-être vous raconter notre excursion à Sergeli (Tashkent) de dimanche dernier.
En effet chacun sait désormais que nous vivons notre 3ème et dernière année en Ouzbékistan. Et si vous ne le saviez pas... et ben euh... vous l'apprenez ! Nous pensons donc déjà au voyage de retour vers la Truc_vertFrance même si d'autres voyages auront égayé notre expérience centre-asiatique d'ici-là. Or rien que de penser que nous pourrions tout simplement monter dans un avion et redescendre 7 heures plus tard à Roissy c'est la déprime totale ! C'est déjà bien assez déprimant comme ça d'avoir quitté la France pour revenir 3 ans plus ard au Sarkostan ! Ca ne peut pas se finir comme ça. Aussi Lada_Niva_verteenvisageons nous différents moyens plus originaux et "doux" pour retourner aux nôtres. Et pour tout dire l'idée qui nous fait le plus rêver consiste à acheter un véhicule original et local et de rentre avec sur l'étépuisque nous disposons de 2 mois...
Aussi dimanche dernier sommes nous partis en repérage au marché aux voitures de Tashkent plus connu sous le nom de Sergeli.
Tout d'abord se lever pas trop tard et retrouver Raphaël et Aurélie qui nous Ouazaccompagnent. Nous nous engouffrons dans le métro et achetons nos jetons. Du coin de l'oeil je vois le flic nous regarder avec insistance et sait déjà que nous n'échapperons pas au contrôle... Ca ne rate évidemment pas mais c'est désormais de la pure routine.Ouaz_int_rieur
Pour la première fois nous allons jusqu'au terminus de la ligne à Chilonzor, le quartier populaire de Tashkent où tous les ouzbeks semblent habiter ! Mais ce n'est pas encore assez loin, nous sautons dans un minibus qui nous amène jusqu'en sortie de ville et nous dépose zazdevant une sorte de gigantesque complexe en plen air semé de milliers et de millers de bagnoles en tous genres. C'est hallucinant ! Nous descendons donc dans l'arène par une porte donnant sur les 4x4 neufs, comme si tous les concessionnaires de Paris se donnaient rendez-vous à Rungis le dimanche matin ! Sauf qu'en plus tous les moskvitch_profilparticuliers ayant 4 roues et un volant, et ce quel qu'en soit l'état, se joignaient à la fête !... Ca ronronne et rugit de toutes parts, difficile de s'y retrouver dans cette marée mécanique. Nous finissns néanmons par comprendre que plus on part vers la droite, plus on va vers les moskvitch_profilvieilleries. Nous filons donc le plus loin possible à droite du côté des multiples Lada Jiguli, Niva et Moskvitch, Zaz, Ouaz et autres Volga antiques... Un pur régal !
Les divers clichés illustrant cet article vous permettra d'avoir un aperçu de nos coups de coeur et de faire votre choix avant que nous ne faisions le notre !
En plus nos investigations récentes nous laissent entendre que nous 'aurions pas de taxes particulières à payer si on achetat une caisse à savon... Cool !

Posté par ouzpak à 18:28 - B./ Vie quotidienne : - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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